Communiqué
Bureau National De l'Union Juive Française pour la Paix
Gaza : la responsabilité directe de la France et de l'Union Européenne
Du blocus à l'assassinat collectif
L'armée israélienne a attaqué Gaza cette nuit avec des moyens militaires énormes. Le premier bilan fait état de 150 morts, civils pour la plupart. Ce massacre était annoncé, envisagé et commenté ces derniers jours dans la presse israélienne, après la fin de la trêve respectée par le Hamas et rompue sans arrêt par l'armée israélienne. Ce crime a été rendu possible par l'impunité totale accordée à Israël depuis bientôt 9 ans et le soutien actif dont il bénéficie au sein de l'Union Européenne. Il est le résultat direct du «rehaussement de la coopération avec l'UE» imposée par la présidence française contre le vote de report du Parlement Européen.
Depuis maintenant des années, la bande de Gaza subit, avec le soutien complice de l'Union Européenne un siège criminel qui viole délibérément toutes les lois internationales : un million et demi de civils sont prisonniers de l'armée israélienne et privés de tout : de nourriture, de carburant, d'électricité, de médicaments, de matériel scolaire
Moins d'un dixième des camions nécessaires au ravitaillement normal de la population parviennent à passer. L'aéroport et le port ont été détruits avant même d'avoir jamais pu fonctionner. Il est interdit de pêcher. Seuls quelques bateaux affrétés par des militants ont pu forcer le blocus. La population subit une «punition» collective impitoyable pour avoir «mal» voté. La communauté internationale laisse faire, voire encourage ce siège. L'occupant a expulsé Robert Falk, le rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme de l'ONU.
Il n'y a aucun statu quo possible, aucune perpétuation envisageable de ce siège impitoyable et criminel. Tout peuple assiégé a le droit de résister à l'oppression.
Aucune symétrie ne peut être établie avec les quelques missiles qui sont tombées sur des villes israéliennes. Il n'y aura pas de sécurité pour les Israéliens sans sécurité pour la population de Gaza. Les politiques européenne et américaine depuis Annapolis, en évitant d'affronter la réalité de l'occupation, aboutissent à l'impasse attendue dont encore une fois le peuple palestinien paie tout le prix.
L'Union Juive Française pour la Paix dénonce le crime qui se déroule contre la population de Gaza. Elle appelle à manifester partout contre cette nouvelle agression. L'UJFP exige une réaction immédiate du gouvernement français, de la Communauté Européenne et de l'ONU pour faire cesser l'agression et pour mettre un terme au blocus de Gaza.
BN de l'UJFP le 27 décembre 2008
AFPS
Arrêt immédiat de l’offensive israélienne contre Gaza.
Arrêt de la logique de guerre qu’Israël impose à toute la région.
A nouveau la population palestinienne de la bande de Gaza est prise en otage des forces d’occupation israéliennes. Ce 27 décembre l’aviation israélienne a lancé des dizaines de raids contre la ville de Gaza et les camps de réfugiés faisant dans la matinée près de 200 morts et des centaines de blessés et le gouvernement israélien promet que ce n’est là qu’un début.
Des raids préparés par une vaste offensive idéologique : depuis plusieurs jours Israël martèle un message relayé sans autre questionnement par une partie des politiques et des médias européens : Tel-Aviv serait contraint de réagir aux tirs de roquettes palestiniens contre une ville israélienne au nord de la bande de Gaza.
En réalité, voici plus de 2 ans que la population palestinienne de la bande de Gaza subit un siège meurtrier de l’occupant israélien. Durant 6 mois le mouvement de résistance Hamas a respecté la trêve conclue avec Israël, mais Tel-Aviv l’a rompue début novembre en jouant la provocation au mépris des vies humaines. Une stratégie connue, notamment en période de campagne électorale propice à toutes les surenchères nationalistes et guerrières.
Mais aussi stratégie de longue date. Ainsi, selon le rapport hebdomadaire du PCHR (Centre palestinien de Défense des Droits humains), du 18 au 23 décembre, les forces d’occupation israéliennes ont déjà tué une personne dans la bande de Gaza et en ont blessé 10 autres, dont 3 enfants et 1 journaliste. En Cisjordanie, les forces d’occupation israéliennes ont attaqué 2 ambulances palestiniennes, mené 25 incursions et arrêté des dizaines de civils dont des enfants et poursuivi la confiscation de terres et de maisons palestiniennes, en particulier à Jérusalem.
Qui peut imaginer qu’une telle politique et le siège inhumain imposé à la population de Gaza n’entraineraient aucune réaction de la résistance ?
Cela suffit !
IL faut arrêter immédiatement l’offensive criminelle d’Israël contre la bande de Gaza.
Il faut en urgence mettre un terme à la politique et la logique de guerre qu’impose le gouvernement d’Israël à cette région. Il est urgent que l’Europe choisisse enfin la voie de la paix et le droit et qu’elle prenne les mesures pour les imposer et mettre ainsi un terme au cycle de mort créé par l’occupation.
Bureau national de l’AFPS
Paris, 27 décembre 2008