JUSTICE
Des dons qui dérangent
Le Comité de soutien de secours aux Palestiniens a-t-il été diffamé par ce grand hebdo parisien? C’est la question qui était posée hier à la cour d’appel.
NANCY. - L’interview, parue dans cet hebdo parisien le 2 mai 2005 et mise en ligne dans la foulée, aura fait couler beaucoup d’encre. Fiametta Venner, politologue et chercheuse au CNRS, affirme dans cet écrit destiné à assurer la promotion de son livre « OPA sur l’Islam, les ambitions secrètes de l’UOIF », que cette dernière (Union des organisations islamiques de France) « finance et soutient le CBSP (Comité de soutien et de secours aux Palestiniens), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des frères musulmans. L’argent est destiné aux familles des orphelins de Palestine. Mais comment sont morts les parents de ces orphelins? Le CBSP aide financièrement des enfants de « martyrs « , morts dans attentats kamikazes du Hamas »
« Effacer toute distinction entre le CBSP et le Hamas »
Peut-on écrire qu’une association finance le Hamas, reconnue organisation terroriste? Telle est la question posée ce Mercredi à la cour d’appel de Nancy. Qui s’est donné jusqu’au 9 janvier pour y répondre.
Pour Me Liliane Glock, qui avait obtenu la condamnation de Fiametta Venner en première instance (1.500 euros d’amende avec sursis; le directeur de la publication avait, lui, été relaxé), la diffamation ne fait pas de doute:
« Le CBSP, association française à but humanitaire, a récolté cette année pas loin de 10 millions d‘euros, qui seront reversés aux Palestiniens. C’est une particularité de ta religion musulman :e l’obligation de faire l’aumône. Mais dire que le CBSP finance le Hamas perte atteinte à son honneur et à sa considération. Car la branche armée du Hamas est inscrite depuis 2001 par le Conseil de l’Europe sur la liste des entités terroristes. Et l’aile politique depuis 2003. Fiammetta Venner explique que son enquête a été sérieuse mais elle a surtout pioché dans la bibliothèque de sa chapelle...
Pour Jacques Santarelli, l’avocat général, « le sens de l’article vise à effacer toute distinction entre le CBSP et le Hamas. Le CBSP ne serait qu’une de ses émanations, sonbras financier». Le représentant du parquet réclame la confirmation du premier jugement.
L’article incriminé porte sur l’UOIF et non pas sur le CBSP », soutient Me Bénédicte Litzler, conseil de la politologue et du directeur de la publication. « Fiammetta Venner demande juste d’avoir le droit à la simple critique. » Et l’avocate parisienne d’énumérer les pays qui ont classé le CBSP comme association terroriste, gelé ses avoirs ou réalisé des enquêtes sur ses comptes bancaires.
Condamnation en octobre
Ce n’est pas la première fois que le CBSP poursuit pour diffamation. Me Liliane Glock a fait condamner, en octobre dernier, par la cour d’appel de Nancy, le pasteur responsable du site internet “Top Chrétien”.
En mars 2005, le CBSP y avait relevé un article qui assurait que « Tsahal, lors de certaines opérations militaires, avait saisi des documents qui attestaient que le CBSP aurait fourni un soutien financier au Ramas. Ces fonds auraient été destinés à des familles de terroristes qui ont perpétré des attentats ». Une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée. Relaxé en première instance par le TGI de Nancy, le pasteur avait été condamné à une amende de 1.500 euros avec sursis et à verser 5.000 euros de dommages et intérêts.
Eric NICOLAS
Publicité