Salah Hamouri

Samedi 13 octobre 2007
Proche-Orient . Un jeune Franco-Palestinien est détenu en Israël depuis deux ans. Devant l’indifférence de Paris, sa famille s’est rapprochée de celle - franco-israélienne - du soldat Shalit.

Il s’appelle Salah Hamouri. Il est français. Il est depuis deux ans dans une prison israélienne parce qu’il combat l’occupation de la Cisjordanie par Israël. Pourtant, le sort de Salah ne semble pas émouvoir outre mesure les autorités françaises. Accusé d’être membre du Front populaire de libération de libération de la Palestine (FPLP) et, à ce titre, contre l’occupation des territoires palestiniens, d’avoir voulu assassiner un dirigeant israélien - en l’occurrence le rabbin Yossef, leader spirituel de l’organisation Shaas -, notre compatriote est détenu depuis plus de deux ans maintenant dans les geôles israéliennes. Il doit comparaître devant la juridiction militaire israélienne, qui, en tant que force d’occupation, juge ces « délits ».

Comme l’ont dénoncé à de multiples reprises les organisations internationales des droits de l’homme (Amnesty International, FIDH…) mais également israéliennes (Gush Shalom, Betselem…), des milliers de Palestiniens sont détenus au mépris du droit international. C’est le cas de Salah Hamouri.

Sa mère, Denise Guidoux-Hamouri, remue ciel et terre pour tenter de sortir son fils de l’emprisonnement militaire. L’avocate israélienne Léa Tsémel est en charge du dossier. Denise Guidoux est maintenant en relation avec la famille du soldat israélien Guilad Shalit, fait prisonnier à la lisière de la bande de Gaza il y a maintenant plus d’un an. La France, c’est bien naturel, cherche depuis à intercéder pour permettre la libération du soldat Shalit. Qu’en est-il du jeune Hamouri ?

Obtenir sa libération sain et sauf

Suite à une interpellation de Denise Guidoux, la mère, qui s’était émue de l’absence de réaction officielle concernant un ressortissant français et de la différence d’intervention entre son fils et le soldat israélien, le ministère français des Affaires étrangères avait, à l’époque, répondu par « le cas du soldat franco-israélien n’est pas comparable à celui de votre fils. En effet, le soldat a été pris en otage et est actuellement entre les mains de ses ravisseurs. Nous essayons donc, en relation avec les autorités israéliennes, d’obtenir sa libération sain et sauf, comme nous le faisons pour tout Français enlevé à l’étranger, dans le cadre de l’assistance consulaire ».

La mère de Salah s’est alors tournée vers les parents de Gilad Shalit. « J’ai découvert (…) que votre fils et le mien avaient beaucoup de points communs même si tout semble les séparer, ils sont jeunes et souffrent pour leur pays, ils ont tous les deux la nationalité française, la France se doit donc de les soutenir, de les aider et d’aider leurs familles. » Pourtant, le ministère français continue comme si de rien n’était. « S’agissant de la situation de votre fils, celui-ci est emprisonné par les autorités

israéliennes, dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours, dans laquelle je vous confirme que nous ne pouvons pas interférer », explique un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay.

Député honoraire, Jean-Claude Lefort s’est ému de cette situation. Il s’est adressé à Philippe Etienne, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères (le service de presse a été contacté par l’Humanité), pour dénoncer le « silence particulièrement épais » qui entoure le cas du jeune Franco-Palestinien. Daniel Voguet, avocat français de Salah Hamouri, estime qu’« Israël, pays occupant, n’a aucune base légale pour juger un résistant » et entend s’adresser au gouvernement français pour qu’il intervienne comme il le fait pour le soldat Shalit.

Pierre Barbancey

Par Palestine Nancy
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Jeudi 27 décembre 2007
Bonjour


Nous avons désormais sur le site national de l'Afps une pétition pour faire libérer Salah Hamouri, jeune français de père palestinien, détenu depuis mars 2005 par les autorités israéliennes sous prétexte qu'il aurait eu l'intention de s'attaquer à un  rabin du Shaas. Pas une ombre de preuve et bien sûr pas de jugement. Nous sommes en contact avec sa famille depuis quelques mois, nous avons contacté les autorités françaises (et depuis le Consulat de France à Jérusalem suit l'affaire de Salah -un consul lui rend visite) et les médias.
L'Humanité avait publié un article, le Monde vient d'en faire autant, ainsi que le Progrès(voir les articles sur notre site). Des députés ont interpellé l'Assemblée. La mère de Salah, qui a demandé à être reçue par N. Sarkozy et n'a pas eu de réponse,  a maintenant donné le feu vert pour qu'on lance une véritable campagne (que d'autres assocs mènent aussi). L'Afps de l'Ain a commencé par une pétition et un tract. Nationalement nous lançons aujourd'hui la
pétition qui doit recueillir beaucoup, beaucoup de signatures.
http://www.france-palestine.org/article7743.html

Signez et faites signer le plus largement possible, faites passer l'info à toutes vos listes susceptibles de relayer la pétition. Mobilisons nous ensemble pour faire libérer Salah sans oublier bien sûr qu'il est seulement l'UN des 11 000 prisonniers détenus par l'occupant israélien de la Palestine.


Cordialement à vous
Claude Léostic
Par François
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Mercredi 20 février 2008
Lundi dernier, 18 février, avec l’aide du Consulat général de France à Tel-Aviv, j’ai pu rencontrer le jeune franco-palestinien Salah Hamouri dans sa prison de Rimonim, au Nord de Tel-Aviv. Notre rencontre a duré une heure.
 
Après les fouilles et autres démarches administratives, j’entre avec le Consul adjoint dans la prison composée de plusieurs bâtiments où sont retenus 700 détenus. Un gardien nous accompagne au bâtiment où se trouve Salah. Un vrai labyrinthe. Le bâtiment où se trouve Salah est neuf. On nous conduit, à travers une succession de couloirs hermétiquement fermés, vers le lieu exact où doit se tenir la rencontre. Nous négocions un endroit adapté. Les gardiens nous installent dans un bureau. Nous entendons du bruit derrière la fenêtre. Nous regardons. C’est une petite cour bétonnée où se trouvent une trentaine de détenus qui prennent « l’air » en marchant activement. Nous voyons Salah faire les cents pas en compagnie d’une autre jeune avec qui il discute. Puis il se retourne vers quelqu’un qui l’appelle. Il disparaît de notre vue. On entend rapidement des pas dans l’escalier qui mène au bureau. Accompagné d’un gardien il entre. C’est un grand gaillard. Je me présente. Il dit connaître mon nom. Sa mère, qui lui rend visite à chaque fois que possible mais qui ne peut l’approcher, lui a dit dans le parloir, où une vitre les sépare, qu’un mouvement de solidarité s’est déclenché pour lui en France. Nous nous embrassons. On s’assied dans le bureau où nous sommes quatre : un gardien qui ne parle pas le français, Salah, le Consul adjoint et moi.
 
Aussitôt il parle. Il parle pour remercier à travers moi toutes celles et tous ceux qui lui ont assuré de leur solidarité. Ce sont ces premiers mots qu’il me répète et me répète encore. Il est visiblement très sensible et heureux de tous ces messages qu’il reçoit. Aux lettres. Il s’excuse de ne pas avoir encore répondu à chacune et chacun : il n’a pas encore pu se procurer de timbres.
 
Je lui transmets tous les saluts qu’on m’a demandé de lui transmettre lors de mon passage à Ramallah. Parmi ceux-ci celui de Fadwa Barghouti, la femme de Marwan. Il est resté 9 mois durant avec Marwan dans le même endroit. Ils se côtoyaient quotidiennement. Ses parents m’ont donné une photo de lui avec Marwan en prison. Ce dernier souhaitant apprendre le français, Salah lui a donné des cours. Marwan comprend désormais à peu près le français. Je lui dis aussi que ses parents ont rencontré le ministre Kouchner, le samedi soir, au Consulat général de Jérusalem.
 
Je lui demande de m’expliquer les conditions de son arrestation. Il me dit tout d’abord que c’est la troisième fois qu’il va en prison. La première fois il avait 16 ans. Il a passé 4 mois derrière les barreaux pour avoir collé des affiches. Puis il a été arrêté une seconde fois, à 18 ans, sans savoir pourquoi. Il est resté en rétention administrative pendant 5 autres mois. Puis il me parle de sa dernière arrestation. Il y a 3 ans. C’était le 13 mars 2005.
 
Habitant à Jérusalem-Est, il dispose d’une carte d’identité dite « de Jérusalem ». Il peut circuler. Ce jour-là 13 mars 2005, il allait en voiture avec des copains à Ramallah. Arrivés au « chekpoint » de Qalqiliya il présente ses papiers. Les soldats consultent, le font descendre du véhicule et l’arrête sans aucune explication. Il est conduit aussitôt en prison. Ses parents ne savent rien, ils ne sont informés de rien mais ils ne le voient pas rentrer le soir.
 
Salah ne sait pas pourquoi il est arrêté. Puis les accusations lui sont dévoilées. Trois mois exactement avant son arrestation il est passé de nuit, en voiture, devant la maison sous surveillance d’un rabbin particulièrement extrémiste, le rabbin Yossef Ovadia.

Ce rabbin est aussi le chef d’un parti tout aussi extrémiste, le parti Shass, qui dispose de députés à la Knesset et qui soutient le gouvernement Olmert. Ce rabbin est particulièrement connu pour ses propos d’une violence et d’un racisme absolus. Depuis la chaire de la synagogue de Jérusalem il n’a pas mâché ses mots. Parlant des Palestiniens il a déclaré : «  Il faut anéantir les Arabes. Il ne faut pas avoir pitié d’eux, il faut leur tirer dessus avec des super missiles, les anéantir, ces méchants, ces maudits ». Pour lui les Arabes sont des « vipères », des êtres nuisibles et venimeux. Même la « Shoah » est considérée par lui comme étant de la faute des juifs. S’ils ont subi ce sort c’est qu’ils avaient pêché, dit-il…
Trois mois plus tard le fait d’être simplement passé devant sa maison il est accusé de « complot » contre ledit Rabbin Ovadia lequel coule toujours des jours heureux malgré les propos effroyables qu’il tient et qui auraient lui valoir condamnation.
Alors qu’il n’y a eu aucun acte d’aucune sorte de Salah contre ce rabbin et tandis que sa maison a été fouillée de fond en comble et que rien n’a été trouvé qui pourrait alimenter une seconde cette thèse, Salah est soupçonné de « complot » parce qu’il est membre d’une association de jeunesse réputée proche du FPLP.
L’accusation est donc la suivante pour les israéliens : « puisque Salah est membre du FPLP (ce qui n’est pas le cas) il projetait forcément un complot contre le rabbin ». Voilà la charge qui pèse contre lui. Une charge qui peut lui valoir d’être condamné à 7 ans de prison fermes. Il n’a rien fait mais il aurait pu faire – telle est l’accusation.
Comme me disait Salah qui n’est pas surpris de ces méthodes « si je projetais pareil complot j’aurai pu largement le mettre en œuvre en trois mois, entre le moment où je suis passé devant la maison du rabbin et le moment où j’ai été arrêté. Mais je n’ai jamais eu un tel projet. Jamais. »
Ainsi Salah est-il en prison depuis 3 ans, sans être jugé, car les auditions auxquelles on doit présenter un témoin susceptible de corroborer le parti pris de l’appartenance de Salah au FPLP sont annulées les unes après les autres, faute de témoin…. Et pourtant les témoins annoncés sont facilement « trouvables » : ce sont tous des prisonniers. Ce sont ainsi 25 ou 26 audiences qui ont été annulées. Et Salah est toujours accusé.
Précédant la procédure judiciaire (si on peut appeler cela comme cela) Salah a connu une autre période : celle de l’interrogatoire. Pendant 45 jours, de manière continue, sans sommeil quasiment, les interrogateurs se sont succédés les uns les autres pour lui poser les mêmes questions et le faire « avouer ».
« Une fois, me dit Salah, ils m’ont approché d’une vitre et derrière j’ai vu mon père. Celui-ci a eu des pontages coronariens. Ils m’ont dit : si tu n’avoues pas c’est vers ton père qu’on agira ». Salah qui a une très grande force morale n’a pas craqué. Il n’a pourtant que 22 ans…
Je lui demande comment se passe ses journées en prison. Salah me dit se lever volontairement de bonne heure. Pour aller prendre une douche et surtout lire. Il dévore tous les livres auquel il peut avoir accès. « Je lis Karl Marx, Lénine, etc. », me dit-il en souriant, ses grands yeux bleus accentuant son doux sourire. Puis, outre les repas, « nous sortons dehors plusieurs fois quelques instants par jour. Je fais un peu de sport mais le carré est petit. Nous discutons entre nous où règne une bonne ambiance. Je regarde la télé et suis les informations. Nous pouvons aller dans les geôles des autres pour discuter. Nous sommes classés par groupe : Fatah, Hamas, FPLP. Ils m’ont mis avec les prisonniers FPLP en raison de l’accusation. A 17 heures chacun regagne sa cellule et on nous enferme jusqu’au lendemain matin. Je ne peux pas dire qu’ils me maltraitent. Le plus dur c’est quand je dois aller à une audience. On nous emmène à 5 heures du matin totalement menottés dans un véhicule, puis nous attendons jusqu’à 8 heures dans ce bus sans rien pouvoir faire. Ensuite au tribunal on nous place dans une petite pièce de 4 mètres carrés, toujours menottés, avec seulement deux autorisations d’aller faire nos besoins. Puis vers 18 heures on nous ramène dans les mêmes conditions. »
Ma question suivante en résulte : « Et le moral, Salah, comment ça va ? ». Sur un ton qui ne laisse la place à aucun doute il me dit « mais je n’ai d’autre choix que de résister ! Je n’ai rien à perdre. D’ailleurs « résister » c’est un droit international. Il faut résister je ne vois aucun autre choix possible ». Puis il enchaîne «  ils croient peut être m’atteindre au moral de façon qu’une fois sorti je renonce. Mais ils se trompent totalement. Car ici, en prison, je deviens encore plus fort et encore plus expérimenté pour poursuivre le combat quand je sortirai ». Il a un moral en béton, Salah…
L’heure de nous quitter approche. Le Consul adjoint lui demande s’il a des plaintes à formuler auprès de la direction de la prison. « Aucune » répond-il. On se lève. On s’embrasse de nouveau. Il me dit à nouveau de remercier tout le monde. On se quitte et je lui lance : « On te sortira de là, Salah ! ». Il sourit. Sa grande et solide carcasse s’éloigne. Je ressors de la prison.
J’appelle aussitôt sa maman. Je lui dis rapidement les choses. On convient de se voir à 20 heures à Jérusalem. Je remonte de Tel-Aviv pour Jérusalem. A 20 heurs je suis au rendez-vous et ses parents aussi. Je leur raconte la visite avec le plus de précision possible. La maman traduit mes propos au papa. Ils sourient de voir leur fils comme cela. Debout. Un homme déjà, a 22 ans…
Mais une mauvaise nouvelle me tombe sur la tête. La maman de Salah, Madame Denise Hamouri, me dit que pour la première fois depuis trois ans le Procureur a appelé l’avocate de Salah - Léa – pour lui dire qu’un jugement pouvait intervenir rapidement : 7 ans d’internement. Avec un sous-entendu incroyable : si vous n’êtes pas d’accord cela peut être plus…
Nous échangeons sur cette nouvelle. Le papa de Salah est particulièrement énervé. Sa maman touchée et interrogative. Cette nouvelle survient juste après le passage du ministre français aux affaires étrangères, Bernard Kouchner qui, dans une lettre, avait déjà la position française : obtenir une décision rapide du tribunal. Pourtant il a vu Madame Hamouri au Consulat général, le samedi soir. La rencontre n’avait duré que trois minutes. Il était en retard. Madame Hamouri avait quand même pu lui dire enfin : « trois ans pour ce qui lui est reproché c’est suffisant, monsieur le ministre ». Il avait répondu « voilà qui est clair, je le dirai aux autorités israéliennes que je verrai demain dimanche». Et, lundi, voilà ce que nous apprenons.
A Ramallah, samedi, le ministre français répondant aux journalistes avait déclaré que pour la France la libération du soldat Ghilat Shalit était « nécessaire ». Un journaliste lui avait alors demandé s’il en était de même pour Salah Hamouri. Réponse : « Nécessaire n'est pas le mot. C'est en effet, en tous cas, une exigence que nous présentons, aussi, à chaque fois, à nos amis israéliens. » Alors la position française est elle « une décision rapide de la justice » ou bien « une libération » qui n’est toutefois pas (ce qui est déjà incroyable) aussi « nécessaire » que celle du caporal Shalit ?
Si la position française actuelle est : libération « nécessaire » d’un soldat membre d’une armée d’occupation et « procès rapide » par la force occupante d’un peuple occupé, en la personne d’un jeune franco- palestinien, alors cela signifierait que les autorités de notre pays admettent l’occupation et toutes ses conséquences. C’est une question politique majeure, on le mesure, qui témoignerait d’un virage absolu (un de plus) dans la position traditionnelle française. Ce ne serait même plus du » deux poids, deux mesures ». Ce serait très grave. Outre en effet que Salah n’a commis aucun crime, il fait partie d’un peuple sous occupation et rien ne peut nous faire accepter et reconnaître la moindre compétence au tribunal militaire israélien qui est en train de le « juger ». C’est une victime et non pas un agresseur. 
Dans ces conditions s’il est bien une exigence a faire valoir, alors que notre pays s’apprête à recevoir Shimon Pérès avec tous les honneurs, une exigence qui ne souffre d’aucune hésitation de nature politique ou de droit c’est bien : libération immédiate de Salah Hamouri ! C’est une question incontournable pour quiconque se réclame du respect du droit international – et nous en sommes !
Salah Hamouri doit être libéré et non pas jugé par une force occupante ! Voilà notre exigence qu’il convient de faire partager. Il y a maintenant urgence, on l’aura compris !  
Jean-Claude Lefort, Député honoraire
Paris, le 20 février 2008
      
     
 
Par François
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Jeudi 10 avril 2008

Jean-Claude Lefort
Député honoraire

Paris, le 25 mars 2008

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Monsieur le Président de la République,

 

Je m’adresse à vous de manière très solennelle au sujet de la situation que vit l’un de nos compatriotes, le jeune Salah Hamouri, pour lequel vous avez déjà été saisi sans pour autant vous engager personnellement ni vous prononcer sur son cas.

Salah Hamouri est un jeune franco-palestinien de 23 ans qui habite en territoire palestinien occupé, au Nord de Jérusalem-Est. Sa mère est française, née Denise Guidoux. Son père, M. Hamouri, connaît la situation de tous palestiniens qui résident à Jérusalem-Est : il dispose d’une carte d’identité, dite de Jérusalem, mais sa nationalité n’est pas reconnue – il n’est donc légalement ni palestinien, ni israélien. Il est de fait « sans nationalité ».

Salah Hamouri, bien que franco-palestinien, est donc légalement français.

Ce jeune homme, étudiant en sociologie, a été arrêté il y a trois ans, le 13 mars 2005 exactement, à l’occasion d’un contrôle d’identité à l’un des nombreux « chekpoint » existants entre Jérusalem-Est et Ramallah.

Arrêté sans en connaître le motif – c’est ainsi que vivent journellement, sous occupation militaire, tous les palestiniens victimes d’humiliations et d’arbitraires inouïs –, il a été conduit en prison puis ensuite traduit devant le tribunal militaire israélien d’Ofer.

Le motif, notifié ultérieurement de ces décisions, est le suivant : être passé en voiture, trois mois plus tôt, devant le domicile d’un rabbin particulièrement extrémiste, M. Yossef Ovadia, qui est aussi le chef du parti Shass qui soutient le gouvernement de Monsieur Olmert. Ce fait est combiné avec l’accusation qu’il serait membre du FPLP.

Cela a conduit la « justice » militaire à estimer que cette affiliation (supposée) au FPLP était, à elle seule, la preuve accablante qu’il avait nécessairement des intentions « négatives » à l’encontre du rabbin. Pourtant celui-ci n’a été l’objet d’aucun acte attentatoire à sa personne ou à sa vie, à fortiori de la part de Salah.

Après une période de 45 jours d’interrogatoires « spéciaux », en isolement total, Salah Hamouri a, depuis 3 ans, comparu à 25 reprises devant le tribunal militaire qui cherche à établir non pas qu’il est l’auteur d’un délit quelconque (il n’y en a pas eu) mais qu’il est bien membre du FPLP et qu’à ce seul titre il avait donc obligatoirement des « intentions » négatives vis-à-vis de ce rabbin.

Toutes les audiences (25) ont été reportées faute de témoins pouvant accréditer cette appartenance politique attribuée à Salah. Les témoins annoncés n’étant pourtant pas insaisissables : ils étaient tous des prisonniers. Il ne s’en est pas trouvé un seul, en trois ans, pour venir ou être amené à la barre pour confirmer cette « accusation ».

Or samedi 22 mars dernier, j’étais informé que le Procureur du tribunal militaire proposait à la famille, par le biais de l’avocate de Salah, ce qu’il faut bien appeler un « marché » qui a été verbalement ainsi formulé : « 7 ans de prison. C’est à prendre ou à laisser et si vous laissez ce sera pire ».

Monsieur le Président de la République, au nom de la France et de la défense des droits de l’homme, vous ne pouvez pas accepter le sort totalement injuste ainsi infligé à l’un de nos compatriotes.

Vous vous êtes prononcé pour la libération du caporal Shalit, un jeune franco-israélien, dont vous avez reçu les parents. Vous avez aussi plaidé la grâce pour les responsables de l’Arche de Zoé. Pourquoi Salah Hamouri devrait-il, lui, ne pas être secouru alors qu’il n’a commis strictement aucun acte délictueux ?

Salah Hamouri est en vérité deux fois « otage ». Il est l’otage de l’occupation israélienne et de ses conséquences. Et il est l’otage de la politique intérieure israélienne en ce que son long emprisonnement permettrait de donner des gages au parti Shass afin de renforcer son soutien, actuellement fluctuant, à la politique de l’actuel gouvernement israélien.

La France ne peut pas accepter que l’un des ses enfants soit otage pour quelque « raison » que ce soit, fût-ce une raison d’Etat qui n’est, selon Madame Rama Yade, qu’un « certain état de la raison ».

Or force est de constater que, bien qu’alertés à diverses reprises sur cette situation inadmissible, les membres de votre gouvernement en charge plus directement de ce « type » de questions n’ont à aucun moment demandé, et exigé encore moins, la libération de Salah Hamouri.

Relativement aux deux autres cas évoqués on ne peut admettre ce « deux poids, deux mesures ».

Que l’Etat d’Israël soit un Etat ami de notre pays ne peut conduire la France à couvrir tous ses faits et gestes.

En l’occurrence il s’agit, ni plus ni moins, du respect des droits de l’Homme, respect et défense dont vous avez estimé qu’ils devaient dominer la politique étrangère de la France.

Dans ce cadre vous avez même déclaré être déterminé à aller « chercher partout dans le monde » tout citoyen français victime de l’arbitraire.

C’est pourquoi, Monsieur le Président de la République, toutes les autres voies utilisées vers les membres de votre gouvernement concernés s’étant révélées infructueuses, voir désinvoltes ( ce que je peux prouver mais ce n’est pas l’urgence aujourd’hui), je me tourne vers vous.

Vous êtes en effet désormais le dernier recours pour toutes celles et tous ceux qui, à commencer par la famille de Salah Hamouri, n’ont eu de cesse d’agir pour que la justice prévale également pour Salah Hamouri et pour que sa libération soit exigée et obtenue. Il a déjà fait trois ans de prison pour rien.

La prochaine audience où le jeune Salah est convoqué se tiendra dans la deuxième quinzaine du mois d’avril. Cela risque d’être la dernière avec l’annonce de la sentence : 7 ans de prison. Sept ans alors qu’il n’a rien fait et qu’un délit d’intention supposé est la seule « charge » qui pèse sur lui.

Vous avez des enfants, Monsieur le Président. Imaginez un instant ce que vous pourriez ressentir si l’un d’entre ceux-ci devait connaître pareille injustice et si la France le laissait « tomber ».

C’est pourquoi je vous demande, solennellement, d’intervenir auprès de qui de droit pour que Salah Hamouri recouvre la liberté et son droit de vivre sa jeunesse comme tout un chacun. Infliger injustement et arbitrairement 7 ans de prison à un jeune de 23 ans qui n’a rien fait, c’est de facto condamner sa liberté et sa jeunesse à une peine de mort.

La France ne peut être complice de tout cela. La France des Droits de l’Homme ne peut accepter l’inacceptable.

Dans l’attente de votre diligente intervention pour la libération de Salah,

Je vous pire de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Jean-Claude Lefort
Député honoraire

Jean-Claude Lefort – 6, place de l’Eglise – 94200 Ivry-sur-Seine

Par François
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Vendredi 18 avril 2008

En cette Journée des Prisonniers, nous apprenons que Salah Hamouri vient d’être condamné, par le tribunal militaire israélien d’Ofer, à 7 ans de prison.

Ainsi si nos efforts n’ont pas été minces et ont reçu des soutiens divers, que nous remercions, pour obtenir sa libération après 3 ans de détention arbitraire en Israël, force est de constater qu’ils n’auront pas été relayés au niveau des autorités françaises.

Cela pose un grave problème quant au positionnement actuel de la France à l’égard d’Israël . Se cantonner à demander un procès rapide à un pays occupant – qui plus est devant un tribunal militaire – revient à accepter que cet Etat est un Etat comme les autres et c’est accepter par avance le jugement porté à l’encontre du jeune Salah Hamouri alors qu’aucun délit ou aucun crime ne peut lui être imputé.

Ainsi la victime devient le coupable et les coupables des violations du droit international sont les victimes.

On assiste à un vrai retournement des termes de la situation au Proche-Orient. Cette démarche ne débouche sur rien de positif, plus exactement : elle ne peut pas permettre la paix dans la justice et le droit.

Il s’agit maintenant d’obtenir, encore et toujours, la libération de notre compatriote Salah Hamouri.

A cette fin nous en appelons aujourd’hui solennellement au Président de la République.

Sans cacher ni gommer nos divergences profondes sur l’approche des autorités françaises du cas de Salah Hamouri, et plus généralement sur la manière de régler le conflit israélo-palestinien, nous demandons qu’il use de son pouvoir auprès des autorités israéliennes afin d’obtenir la libération de Salah Hamouri qui a déjà fait, pour rien, trois ans de prison.

Nous appelons nos organisations et groupes locaux à ne pas relâcher leur action. Plus que jamais nous disons :

Non à 7 ans de prison !

Salah Hamouri, libération !


Communiqué de presse de l'AFPS, Paris, 17 avril 2008

http://www.france-palestine.org/article8703.html

Association France-Palestine Solidarité
21 ter Rue Voltaire
75011 Paris
Tél: 01.43.72.15.79
Fax: 01.43.72.07.25
afps@france-palestine.org

Par Palestine Nancy
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Jeudi 3 juillet 2008

Le site Quartier de Bercy qui s’est mobilisé pour Ingrid BÉTANCOURT, se réjouie de sa libération après une longue captivité la nuit dernière, et rappelle que le jeune étudiant franco-palestinien Salah HAMOURI, pour lequel la rédactrice en chef a aussi interpellé le président de la République Nicolas SARKOZY, le Maire de Paris Bertrand DELANOË, la Maire du 12ème arrondissement Michèle BLUMENTHAL et la député de la 8ème circonscription Sandrine MAZETIER est emprisonné depuis plus de 3 ans dans les geôles israéliennes pour délit d’opinion et condamné à y rester 7 ans.

 Rappelons aussi que le Maire de Paris n’a toujours pas affiché la photo de Salah ni sur la place de l’Hôtel de Ville à côté de la photo d’Ingrid ni au Parc de Bercy à côté des photos des trois soldats israéliens, malgré que Laure LAHAYE a remis en main propre à Michèle Blumenthel la photo de Salah lors d’une réunion publique en marge de la dernière campagne électorale municipale.

 Aujourd’hui, à l’occasion de la libération d’Ingrid, nous réitérons notre demande auprès des responsables politiques, pour en finir avec la politique de deux poids deux mesures, et de traiter Salah comme il se doit en affichant sa photo au Parc de Bercy et en se mobilisant pour sa libération.

 Nous invitons aussi les visiteurs de notre site à signer la pétition Liberté pour Salah Hamouri à l’adresse ci-dessous :

http://www.france-palestine.org/article7743.html

 Et à visionner la vidéo d’entretien avec ses parents, interviewés par Mireille COURT et Chris DEN HOND, à l‘adresse suivante : http://www.dailymotion.com/video/x5zfqw_salah-hamouri-moins-francais-que-le_news

 

Par François
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Dimanche 30 novembre 2008

Ce matin, sur « France-Inter » dans l’émission « Interactiv’ », en réponse à une auditrice qui s’étonnait, à tout le moins, de l’inaction de la France pour la libération de notre compatriote Salah Hamouri, condamné à 7 ans de prison en Israël, le ministre des Affaires étrangères, Monsieur Bernard Kouchner, a produit une réponse inacceptable. Celle-ci témoigne d’une méconnaissance « volontaire » du dossier de ce jeune franco-palestinien pour la libération duquel se mobilisent des dizaines de milliers de français dans une grande diversité d’opinion. C’est ce dont témoigne en particulier la composition du « Comité national de soutien à Salah Hamouri » créé il y a peu.

Bernard Kouchner a tout d’abord affirmé que la femme du jeune Salah Hamouri était reçue constamment par nos services sur place. Il se trouve que Salah Hamouri n’est tout simplement pas marié ! Mais il y a pire.

En effet, M. Kouchner a osé affirmer sur les ondes que le dossier Salah Hamouri « était difficile » car Salah « avait reconnu » les faits répréhensibles dont il est accusé et qui lui valent cet emprisonnement de 7 ans décidé par un tribunal militaire israélien occupant installé en Cisjordanie. En conséquence le ministre a affirmé que « nous ne pouvions faire plus ». Or tout ceci est également totalement faux.

Salah Hamouri, nous le rappelons une nouvelle fois, n’a fait qu’une seule chose : il est passé en voiture avec un ami devant le domicile du rabbin extrémiste Yossef Ovadia. Il a été arrêté 3 mois après ce passage. Il a été tenu au secret et a subi des brimades pendant de longs mois sans savoir ce qu’on lui reprochait. Son procès s’est déroulé sur 3 ans sans qu’aucun fait ne vienne étayer l’accusation dont il a été finalement l’objet : son appartenance supposée au FPLP – jamais démontrée et pour cause – étant le signe incontestable pour ce tribunal occupant de sa volonté d’attenter à la vie dudit rabbin. Plus de 20 audiences ont été annulées faute de témoins pour corroborer ces affirmations. Rien, aucun fait, n’a été prouvé allant dans ce sens alors même que sa maison, son ordinateur ont été fouillés de fond en comble.

M. Kouchner est bien placé pour savoir que c’est au bout de ces trois ans de ce procès sans jugement, que celui-ci a demandé en personne aux autorités israéliennes non pas sa libération, comme pour un autre cas dans la région, mais un « procès rapide ». Il est bien placé pour savoir que cela a eu comme conséquence de voir le procureur du tribunal militaire occupant téléphoner à l’avocate de Salah Hamouri pour lui dire : « Ou bien Salah accepte de « plaider coupable » et il aura 7 ans d’emprisonnement ; ou bien il refuse et il aura plus. »

Placé dans cette situation ainsi que le font 95% des prisonniers palestiniens, n’a pas eu d’autre choix que de « plaider coupable ». Quiconque à des enfants, à un cœur ou bien connaît l’attitude de la Puissance occupante relativement aux prisonniers palestiniens comprendra. Mettre un pistolet sur la tempe de Salah pour lui arracher des « aveux », comme en d’autres temps dans d’autres pays, ne peut valoir preuve de culpabilité. Car les fais sont là : Salah n’a rien fait de condamnable. Rien. Et ce n’est pas de justice dont il convient de parler à son endroit, surtout venant d’un tribunal militaire d’une force occupante, mais d’un chantage pur et simple dont il a été l’objet. Ni plus ni moins.

On comprend mal – ou on comprend bien – que le ministre des Affaires étrangères se porte ainsi au secours et en défense de pareilles attitudes inqualifiables qui le déshonorent.

Elles servent de paravent pour expliquer l’inaction de la France. Mais elles la cachent mal. En vérité la France a les moyens d’exiger la libération de Salah et de l’obtenir prochainement. Elle sait comment faire et dispose de moyens pour cela. Elle s’y refuse, c’est tout. Mais c’est inacceptable.

Cela ne peut que nous encourager à poursuivre notre action noble et conforme notre conception de l’universalité des droits de l’homme : Salah Hamouri est innocent ! Il doit être libéré dans les meilleurs délais. Il doit rejoindre au plus vite sa famille à Jérusalem. C’est possible et la France sait parfaitement comment.

Salah Hamouri est un franco-palestinien qui vaut tout autant qu’un franco-israélien, en conséquence la France doit obtenir sa libération. Elle a tous les moyens pour se faire entendre. Elle doit simplement « oser » poser avec force la question à ses « amis » israéliens !

C’est ce que nous demandons avec force après ces déclarations sulfureuses et inacceptable du ministre français qui se comporte ainsi en petit télégraphiste des responsables israéliens. Pauvre France…

Jean-Claude Lefort

Député honoraire

Le 28 novembre 2008

Par François
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Samedi 6 décembre 2008
Par François
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Samedi 20 décembre 2008
Le conseil de Paris a décidé le 16 décembre de faire citoyen d'honneur de la Ville de Paris le franco-israélien Gilad Shalit, détenu depuis 2006. Mais pour Salah Hamouri, détenu depuis 2005, la même demande, présentée par les élus Verts a été rejetée, pire le texte adopté à son encontre est mensonger.

*A*insi, dans texte pour Salah où il est seulement demandé d’intervenir une nouvelle fois auprès du président israélien pour demander un aménagement de la peine, on peut lire « /condamné à 7 ans d'emprisonnement par le tribunal militaire de Judée, il n'a pas fait appel du jugement de première instance/ ». Faux, il n’existe pas de
procédure d’appel dans les tribunaux militaires israéliens. Salah ne peut pas faire appel.

*C*’est sur le non-respect des conventions internationales, notamment la convention de Genève, que le Conseil de Paris appuie sa décision de faire citoyen d'honneur le franco-israélien. Vouloir le respect du Droit international, agir pour le promouvoir, est une bonne chose. Mais alors pourquoi n’avoir pas fait de même pour Salah ? Dans le vœu à minima pour Salah il n’est nullement fait mention que les conventions internationales et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme <http://soutiensalahhamouri.over-blog.com/article-25165529.html> sont
violées par Israël à son encontre.

*D*ans ce même vœu adopté par le Conseil de Paris on lit également : « /il a reconnu avoir été membre d'une organisation non autorisée liée au Front populaire de libération de la Palestine et avoir eut l’intention d'assassiner Yossef Ovadia/ ». Ici encore le mensonge est grossier et insultant. Salah n’a pas reconnu ces points pour lesquels l’accusation n’a pas trouvé le moindre élément de preuve. Salah à été contrait d’accepter une formulation établie par le procureur du tribunal militaire. Si Salah n’avait pas accepté cette formulation, sa peine aurait été beaucoup plus lourde.

*C*e qui est inacceptable c’est de voire un Conseil de Paris, institution démocratique, reprendre la phraséologie d’un tribunal militaire national. En effet, jamais dans l’histoire contemporaine les tribunaux militaires nationaux n’ont pris de décisions différentes que celles requises par l’accusation. C’est-à-dire que la défense n’est
jamais entendue et que ces tribunaux, généralement utilisé en période de guerre, sont des outils du pouvoir politique pour réprimer*.

*L*es élus municipaux en adoptant ces vœux, et contrairement aux propos de Pierre Schapira, adjoint PS aux relations internationales, mettent en oeuvre une politique de la Ville déséquilibrée, un politique du deux
poids, deux mesures. Pour Gilad Shalit et pour Salah Hamouri, la situation est difficile, pour ces deux hommes, leur situation résulte d’une situation de guerre, pour ces deux compatriotes, les conventions internationales ne sont pas respectées.

*L*a décision du Conseil de Paris de faire de Gilad Shalit citoyen d’honneur de la ville est respectable, mais en refusant d’adopter la même mesure pour Salah Hamouri et surtout en reprenant à son compte les
propos mensongers d'un tribunal militaire israélien, il se couvre de déshonneur. Les droits de l’Homme pour Salah Hamouri sont bafoués, faites le savoir au Maire Paris
<http://www.paris.fr/portail/contacts/Portal.lut?page_id=5722&document_type_id=12&document_id=10737&portlet_id=12354>.
Par François
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Samedi 20 décembre 2008

En date du 20 octobre, le Quai d'Orsay a publié un communiqué sur la situation de Salah Hamouri. Celui-ci appelle des mises au point factuels pour la clarté des choses.

 

1- Le Quai d'Orsay s'obstine à indiquer que Salah Hamouri « a choisi de plaider coupable». Ceci est inexact. Il convient de rappeler que, après 3 ans passés en prison, Salah Hamouri n'était toujours pas jugé. La position de la France n'étant pas de demander, comme pour d'autres, la libération pour notre compatriote mais seulement un «procès rapide», cet unique message a été transmis par le Ministre des Affaires étrangères de France à ses homologues israéliens. Cela s'est passé très exactement le 17 février 2008, suite à sa rencontre de quelques minutes avec la famille de Salah au Consulat général de France à Jérusalem qui s'est déroulée la veille, le 16 donc, en soirée exactement.

 

Le 18 février, suite à cette demande française énoncée le 17, le procureur du tribunal militaire (notons ce point: jamais dans son communiqué le Quai ne parle de «tribunal militaire» mais de «justice israélienne»), faisait savoir par l'intermédiaire de l'avocate de Salah Hamouri que son procès pouvait déboucher rapidement et proposait un «arrangement». Exactement le suivant: «Ou bien Salah accepte de plaider coupable et il sera condamné à 7 ans de prison ou bien il refuse et ce sera plus». Telle est la stricte vérité.

 

Salah et sa famille, sur les conseils de l'avocate, a accepté cet «arrangement» (comme le font 95% des prisonniers palestiniens). Autrement dit, pour éviter une peine plus lourde, il s'est accusé faussement. On ne peut donc pas parler d'un choix de Salah de plaider coupable. Il s'agit d'autre chose que la France ne se résout pas à reconnaître: à savoir un chantage odieux qui n'a rien à voir avec la justice, telle qu'elle fonctionne du moins dans un Etat de droit.

 

2- Dans le même communiqué, il est indiqué que Salah «n'a pas souhaité faire appel» de la décision. Ceci est au minimum un non-sens puisque aucun appel n'est permis devant un tribunal militaire israélien d'autant qu'il y a un «accord» préalable sur la hauteur de la peine au terme du plaider coupable (7 ans en l'espèce). On ne peut dire tout et son contraire.

 

Il est indiqué aussi que Salah n'a déposé «aucune remise de peine». Il est à noter, et à savoir, qu'une remise de peine (rarissime au demeurant quant à son aboutissement s'agissant d'une condamnation prononcée par un tribunal militaire qui est installé à Ofer, dans les Territoires palestiniens) ne peut avoir lieu, dans ce cas, qu'une fois les 2/3 du temps de la condamnation effectué. Ce qui repousse à juillet prochain pareille éventualité.

 

3. Toujours dans le même communiqué, il est indiqué que Salah n'a pas demandé une «amnistie». Il faut savoir que l'amnistie n'existe pas en Israël. On ne parle pas ici, car il ne s'agit pas d'une amnistie, des libérations décidées politiquement par vote du Cabinet israélien, comme cela s'est passé récemment avec la libération de 198 prisonniers palestiniens, décision politique qui passe outre le respect des décisions de justice israélienne alors qu'on on nous rebat les oreilles du côté français sur son caractère «indépendant» ce qui gênerait l'action de la France.

Il existe par contre un système de grâce présidentielle. Bien avant l'existence de notre comité, nous avons demandé expressément que ce soit la France qui, à l'instar d'un autre cas bien plus sulfureux, fasse elle-même la demande auprès du Président Pérès.

 

On aura compris que ou bien elle ne l'a pas fait ou bien la démarche a été sans suite. Salah étant citoyen français c'est bien évidemment à l'Etat français de faire tout ce qui est en son pouvoir ce qui, en l'espèce, est autrement plus efficace qu'une demande de Salah. On ne peut lui demander qu'il implore la grâce alors qu'il n'a rien fait et qu'en plus il a plaidé coupable. On voudrait faire comprendre que Salah est l'objet d'un juste procès qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

 

4. Selon le texte du communiqué, «la France a également demandé à l'Autorité palestinienne de relayer auprès d'Israël son souhait que Salah Hamouri soit inclus dans la liste des prisonniers à libérer par Israël». Il faut savoir que dès que les responsables israéliens ont fait savoir leur intention, à Paris, de procéder à un élargissement de prisonniers palestiniens, nous sommes intervenus auprès du Quai et autres pour que la France demande que Salah soit sur la liste. Cela a été demandé le 7 août exactement. Si la France a bien exprimé «son souhait que Salah Hamouri soit dans la liste», on notera qu'elle n'a pas été entendue. On se demande bien comment on peut se retourner en pareille situation vers l'Autorité palestinienne qui est encore bien moins écoutée que la France (euphémisme) et qui, renseignements pris, n' jamais son mot à dire sur le sujet. Les décisions israéliennes sont unilatérales en ce domaine aussi. Cette façon de se décharger sur l'Autorité palestinienne ne témoigne pas d'une hauteur de vue ainsi qu'une certaine dignité de soi.

 

Tous ces éléments concrets pour que tout soit clair. Ce sont des faits. Uniquement des faits. On notera donc finalement que, en demandant aujourd'hui simplement la «clémence» pour Salah, la France s'inscrit dans une démarche qui consiste à considérer que tout ce qui arrive à Salah Hamouri est «normal», sinon que c'est de sa faute et celle de l'Autorité palestinienne, relativement à la situation qui prévaut en Israël, y compris en matière de «justice». Le droit international qui souligne et condamne l'occupation israélienne et ses conséquences, les Conventions de Genève - tout cela tombe puisque, aux yeux des autorités françaises actuelles, Israël est un Etat de droit comme les autres.

 

Ce communiqué du Quai d'Orsay qui tente de faire contre-feu à l'action de notre Comité en confirme au contraire la nécessité et le bien-fondé. Ne pas dire la vérité est une toujours preuve de faiblesse et de gêne, d'embarras. Celles-ci ne sont pas de notre côté.

 

Par François
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