Politique israélienne

Samedi 8 mars 2008

Par Mati Ben Avraham à Jérusalem

Le terroriste, domicilié à Djebel Moukaber, un quartier arabe accroché sur le flanc sud-est de Jérusalem, devait bien connaître ce centre d'études talmudiques, et son rôle.

Le Mercaz harav, situé à proximité de l'entrée ouest de la capitale, a été fondé en 1924 par le premier grand rabbin de Palestine-Eretz Israël, Avraham Ytzhak Ha Cohen Kook, l'une des plus grandes figures du monde religieux orthodoxe ashkénaze. Prenant le contre-pied de ses pairs, il avait soutenu le sionisme laïc, voyant en lui une étape nécessaire dans l'économie messianique juive.

A sa mort, en 1935, le flambeau fut repris par son fils, le rabbin Zvi Yéhouda Ha Cohen Kook. Sous sa direction, le sionisme religieux allait peu à peu affiner le rôle qui lui incombait dans la stratégie divine de la rédemption, en tant que relayeur du sionisme laïc. En ce sens, la guerre des six-jours fut interprétée comme le signe évident de l'entrée dans l'ère messianique.

Peu à peu, le Mercaz Harav devint l'école de pensée de la rédemption par la terre. De ses murs est sorti Goush Emounim, le bloc de la foi, qui allait lancer des milliers de jeunes couples, et de moins jeunes s'implanter en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Dans ses murs s'est forgée la formule des "Yéchivot Esder", qui allaient permettre aux jeunes religieux d'accomplit leur service militaire sans se couper de leurs études du sacré. C'est du Mercaz Harav qu'ont surgi ces jeunes dirigeants qui allaient investir le Parti National Religieux.

L'influence du Mercaz Harav fut telle que, pour des premiers ministres, des ministres, être invités à discourir en son sein était un passage obligé.

Et qui n'a vu, lors du jour anniversaire de la réunification de la ville, le défilé dansant et chantant, drapeaux au vent, de ses étudiants, de ses rabbins dans les rues de la capitale jusqu'au Mur des lamentations, ne saura jamais ce que foi veut dire.

Certes, au cours des quinze dernières années, l'influence politique du PNR a fortement fléchi. Mais le Mercaz Harav demeure la place forte du sionisme nationaliste religieux
.

Par François
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Lundi 5 janvier 2009


Dimanche 4 Janvier 2009


(Traductions d’articles du site des anarchistes contre le mur et du blog de Ilan Shalif)

L’assaut le plus brutal d’Israël contre Gaza depuis 1967 – sous le nom de code “Opération Plomb Chargé” – qui a commence le samedi 27 décembre et a tué 250 palestiniens dès le premier jour, a rencontré une condamnation généralisée partout dans le monde, et des protestations en Israël aussi. Les protestations avaient déjà commencé le jour précédent l’offensive aérienne israélienne « choc et crainte », quand des activistes ont manifesté dans le cœur de Tel Aviv, pour avertir contre l’escalade des menaces et l’appel à des pour-parler de paix avec les officiels démocratiquement élus de Gaza. Cette manifestation, appelée par la Coalition contre le siège de Gaza, a été virtuellement ignorée par les principaux médias israéliens.

Le samedi 27 décembre, alors que nous apprenions le carnage et la dévastation cause par les avions de guerre israéliens infligés au matin sur une population gazaouie assiégé et déjà souffrante, les activistes des Anarchistes contre le mur (ACM) ont rejoint une centaine de manifestants en colère dans une manifestations spontanée dans la ville de Jaffa (beaucoup d’habitants locaux ont de la famille dans la bande de Gaza, étant donné qu’une grande part de la population de Jaffa a été forcée de fuir vers Gaza en 1948)

Au même moment, des manifestations ont explosé dans une douzaine de villes et de village de Cisjordanie, ainsi qu’à Jérusalem est, la plupart du fait d’affrontements entre de jeunes Palestiniens et les troupes Israéliennes. Plus tard dans l’après-midi, les ACM ont participé avec des membres
d’autres organisations, dans une marche de protestation de plus d’un millier de juifs et d’arabes dans les rues de Tel Aviv. Les manifestants ont mené une marché énergique et chargée d’émotion du square de la Cinémathèque jusqu’au ministère de la défense, en criant « l’occupation est du terrorisme » et portant des pancartes « les ministres israéliens sont des criminels de guerre ». En cours de route, les manifestants ont été attaqués sans raison par une Unité spéciale de patrouille soutenue par des membres de la police montée agressifs. D’autres affrontements ont eu lieu par la suite devant le Ministère de la défense, quand des anarchistes ont mis à bas la barrière de sécurité et ont essayé de bloqué la circulation sur la rue Kaplan. Six manifestants ont été arrêtés, qui ont ensuite été relachés par un juge le lendemain.

Le dimanche 28, alors que le nombre de morts à Gaza s’approchait de 300 pour le second jour de l’attaque israélienne, les activistes d’ACM ont rejoint une manifestation dans le village de Ni’ilin contre les crimes de guerre d’Israel à Gaza. Les forces israéliennes ont ouvert le feu sur les jeunes qui lançaient des pierres, tuant un des manifestants et en en laissant un second dans une situation critique. Arafat Rateb Khawaja, 22 ans, a été tué d’une balle tirée dans le dos, qui est mort dans l’après midi à l’hôpital de Ramallah. Mohammed Kasim Khawaja, 20 ans, a reçu une balle dans le front tirée à proximité, et est toujours dans un état de mort clinique à l’hôpital de Ramallah.

Le dimanche soir, ACM a pris part à une nouvelle manifestation survoltée dans le centre de Tel Aviv, où des douzaines de personnes ont appelé la population la fin des opérations militaires en cours à Gaza, et de l’occupation en général. Les protestataires portaient des pancartes disant
« Intervention internationale maintenant » et « les Israéliens et les Palestiniens sont contre la guerre ».

Le Lundi 29, les funérailles à Ni’ilin ont été extrêmement chargées en émotion, puis suivies par une journée d’affrontement avec l’armée, alors que des centaines d’étudiants faisaient entendre leur opposition sur les campus de Tel Aviv, de Haifa et de Jerusalem – manifestations qui ont tous donné lieu à des d’affrontements avec la police et ou des contre-manifestants fascistes, ainsi que des arrestations violentes. Plus tard dans la journée, des manifestants se sont rassemblés devant l’Ambassade égyptienne de Tel Aviv, pour protester contre le silence et la collaboration égyptienne avec l’offensive israélienne. Les manifestants ont fait face à un extrêmement impressionnant contingent de police anti émeutes et de gardes frontières qui, incités par la foule enflammée des passants, a utilisé une violence extrême pour disperser la manifestation.. Six participants ont été arrêtés, tous des palestiniens citoyens israéliens.

Plus tard dans l’après-midi, des membres d’ACM ont rejoint une protestation d’arabes et d’israéliens contre les atrocités à Gaza qui avait lieu à Jaffa. Plusieurs centaines de personnes ont hissé des drapeaux palestiniens et ont lancé des slogans de solidarité avec la population de Gaza et de soutien à l’Intifada. L’évènement à culminé avec une marche bruyante et désordonnée dans les rues de Jaffa, bloquant parfois la circulation, qui s’est ensuite dispersée sans violence après une confrontation avec un fort contingent de renforts de police anti émeute et de gardes frontières.

Le mardi 30, une nouvelle manifestation enragée de quelques 200 personnes s’est ruée dans le centre de Tel Aviv. Malgré une forte présence policière, des œufs et des bouteilles vides ont été lancé sur les manifestants.

Le Vendredi 2 janvier, une vingtaine de membres d’ACM ont surpris les services de renseignements de la police en organisant à 6 heures du matin un « die in » à l’entrée de la base aérienne Sde Dov  de Tel Aviv. Ils se sont allongés sur la route, feignants d’être morts en portant des combinaisons et des masques couverts de sang, devant l’entrée de cet aéroport où les pilotes se rendent pour prendre leur taxi aérien qui les amènera sur les bases aériennes. Au bout de 10 minutes, les  21 participants ont été arrêtés. A la demande de la police, honteuse de n’avoir pu empêcher préventivement l’action, clamant que les personnes arrêtés mettaient en danger la paix en temps de guerre, le juge a ordonné de les maintenir en prison le temps du week end [et ainsi les empêcher de rejoindre les manifestations prévues ce week end …]. Ayala, l’un des activistes : notre geste est destiné à « montrer aux pilotes de l’armée de l’air israélienne le résultat de leurs actions à gaza. A des milliers de mètre d’altitude, le pilote qui cible puis appuie sur un bouton peut ignorer, oublier ou être incapable de comprendre qu’en ce faisant il tue des personnes innocentes. Nous sommes venus ici pour leur rappeler cela. » Depuis le début de cette guerre, les forces aériennes ont bombardé Gaza plus de 300 fois. Ils ont tué plus de 400 palestiniennes, des centaines de civils. Il est impossible d’être contre les bombardement de civils sur Sdérot en Israël sans être en même temps contre les tueries massives de civils à Gaza.

Les lois internationales de la guerre obligent d’éviter au maximum tout dommage contre les civils. Les bombardements de l’armée de l’air israélienne sur la bande de Gaza qui est très densément peuplée ne peuvent que toucher les civils, et sont des crimes de guerre. Chaque pilote qui bombarde Gaza bombarde une population civile et est un criminel de guerre.

(vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=WpeC7P-2LfU)

A cause de trop nombreuses arrestations de vendredi matin, les autres membres d’ACM n’ont pu participer à la manifestation commune contre le mur de séparation seulement dans le village de Jayyous – où de très nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées, et à Bil’in – qui a encore été un champ d’expérimentation pour « les moyens de contrôle de foule de basse léthalité ». Ce vendredi à Bil’in, les forces de l’Etat ont fait un nouvel essai de leur machine à bruit et de nouveaux projectiles… il semblerait que leur principale tâche, en plus de ces expériences, était d’éviter de nouveaux cisaillement de la barrière de sécurité comme cela avait été le cas lors de la manifestation de dimanche contre la guerre à Gaza.

Pendant toute la semaine, nous avons distribué l’appel pour la démonstration de samedi au nom de la Coalition des organisations contre la guerre à Gaza, et dont les Anarchistes contre le mur sont partie prenante

«  Les massacres à Gaza continuent. Des centaines ont été tués, des milliers blessés, les attaques aériennes ont causé des dévastations totales et des familles entières sont maintenant laissées sans maisons. Les civils dans le sud d’Israel sont les otages d’un gouvernement qui leur ment et abuse d’eux. Les destructions et les morts à Gaza n’assureront par leur future, mais au contraire conduiront à plus de violence et de morts.

Rejoignez nous dans la manifestation de ce samedi, nous appelons :

Arrêt des massacres !

Non au siège de Gaza !

Stop the Killing! No to the Siege! Yes to life for both peoples!

Oui à la vie pour les deux peuples  !

Dans ces journées sombres, nous tenons à notre message : les juifs et les
arabes refusent d’être des ennemis !

Notre demande : une trêve complète et la levée du siège de Gaza MAINTENANT !

PS : depuis des dernières semaines, des arrestations massives ont été opérées parmi les citoyens palestiniens d’Israël qui ne faisaient qu’exercer leur droit démocratique de manifestation. Ce samedi, avant la manifestation de Tel Aviv, une rassemblement de protestation est appelé à Sakhnin par le Haut comité des arabes israéliens contre le massacre à Gaza. Merci de faire un effort pour le rejoindre. Votre présence est essentielle.”

Le soir, après que la Haute Court ait interdit à la police d’interférer dans le contenu de la manifestation, des milliers de personnes ont convergé vers le square de la ville, y compris beaucoup de ceux qui participaient plus tôt à la manifestation de Sakhnin au nord. Quelques centaines de personnes ont participé au cortège anarchiste. Le cercle de tambour a constitué le centre de ce cortège tout le long de la manifestation. Les drapeaux, les bannières anarchistes ainsi que leur chants ont été la cible pendant toute la manifestation de militants de droite, qui ont échoué à causer des altercations.


Face au drame des Palestiniens, nous ne pouvons pas faire grande chose, a part relayer les informations qui nous parviennent.
> Hormis cela, il y a tout de même une arme en notre pouvoir, le boycott.
>> En effet de nombreuses entreprises, israéliennes ou non, soutiennent la politique sioniste d’occupation. En voici une liste, à vous de faire le reste:
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>> Le code barre sur la plupart des produits israéliens commence par : 729
>>  
>> Parmi les produits israéliens:

- Carmel (fruits et légumes)    -Jaffa (fruits et légumes) - Kedem (avocats) - Coral (Cerises) - Top (fruits et légumes)
- Beigel (biscuits apéritifs) - Hasat (agrumes) - Sabra (repas complets) - Osem (soupes, snacks, biscuits, repas complets préparés)
- Dagir (conserves de poissons) - Holyland (miel, herbes) - Amba (conserves) - Green Valley (vin) - Tivall (produits végétariens)
 - Agrofresh (concombres) - Jordan Valley (dattes) - Dana (tomates cerises) - Epilady (appareils d’épilation) - Ahava (cosmétiques de la Mer morte)
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>> Les produits des entreprises qui soutiennent l’Etat d’Israël (américaines ou européennes)
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COCA-COLA   - Marques du groupe : Aquarius, Cherry Coke, Fanta, Nestea, Sprite, Minute Maid, Tropical. Cette entreprise soutient l’Etat d’Israël depuis 1966.
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DANONE   - Marques du groupe : Arvie, Badoit, Belin, Blédina, Phosphatine, Chipster, Evian, Galbani, Gervais, Heudebert, Lu, Taillefine, Volvic. Danone vient d’investir dans le Golan, territoire syrien occupé depuis 1967 par Israël.
>>  
NESTLÉ - Marques du groupe : Aquarel, Cheerios, Crunch, Frigor, Friskies, Galak, Golden Grahams, Kit Kat, Maggi, Mousline, Nescafé, Ricoré, Quality Street, Vittel, Perrier, Buitoni. La société suisse possède 50,1 % des capitaux de la chaîne alimentaire israélienne Osem. La firme est accusée depuis les années 50 de détruire l’économie et la santé des peuples du Tiers-Monde, notamment par l’imposition de ses laits en poudre pour bébés en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
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INTEL - Cette grosse entreprise produit la plus grande partie des puces électroniques PENTIUM 4 utilisées par les ordinateurs PC dans son usine de Kyriat Gat, installée sur le site de Iraq Al-Manshiya, un village palestinien rasé après son évacuation en 1949 par les soldats égyptiens. 2 000 habitants furent chassés de leur terre, malgré un engagement écrit, supervisé par les Nations unies, des sionistes à ne pas toucher à la population. Une campagne de leurs descendants aux USA en 2003 a amené INTEL à suspendre un projet d’investissements de 2 milliards de dollars pour une extension de l’usine Fab 18 de Kyriat Gat.
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L’ORÉAL - Marques du groupe : Biotherm, Cacharel, Giorgio Armani Parfums, Lancôme, Vichy, La Roche-Posay, Garnier, Héléna Rubinstein, Gemey-Maybelline, Jean-Louis David Shampooings, Le Club des créateurs de beauté (vente de produits cosmétiques par correspondance), Redken 5th Avenue, Ralph Lauren parfums, Ushuaïa. L’Oréal a ainsi investi des millions en créant une unité de production à Migdal Haemeck, à tel point que le Congrès juif américain a exprimé sa satisfaction de voir l’Oréal « devenir un ami chaleureux de l’Etat d’Israël ».
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ESTÉE LAUDER - Marques du groupe : Aramis, Clinique, la Mer, DKNY, Tommy Hilfiger Outre ses investissements, le directeur est le président d’une des plus puissantes organisations sionistes US, le Fonds National juif.
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DELTA GALIL - Cette entreprise israélienne est spécialisée dans la sous-traitance de produits textiles notamment dans celui des sous-vêtements. De nombreux sous-vêtements de marques étrangères proviennent ainsi directement des usines de Delta Galil. C’est le cas pour Marks & Spencers, Carrefour (Tex), Auchan, Gap, Hugo Boss, Playtex, Calvin Klein, Victoria’s Secret, DKNY, Ralph Lauren.
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LEVI STRAUSS JEANS ET CELIO ( magasins spécialisés dans les vêtements pour hommes)  Ces entreprises fort bien implantées en France financent les nouvelles colonies en Palestine mais également les écoles des religieux extrémistes dans le monde.
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TIMBERLAND (Vêtements, chaussures, chaussettes) - Tout comme son homologue Ronald Lauder, le PDG de Timberland Jeffrey Swartz est un membre actif du lobby sioniste US. Il a conseillé ainsi d’encourager la communauté juive US à se rendre en Israël mais également d’envoyer des soldats israéliens pour mener la propagande pro-israélienne aux USA.
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DISNEYLAND - L’entreprise Disney n’a rien d’idyllique et contribue par son soutien à Israël à semer la mort en Palestine. Elle approuve ainsi tacitement l’occupation illégale de Jérusalem-Est en faisant de Jérusalem lors d’une exposition au Centre Epcot en Floride la capitale d’Israël, cela en violation des résolutions internationales de l’ONU.
NOKIA - Le géant finlandais de la téléphonie commerce activement avec l’Etat d’Israël. Dans une interview au Jérusalem Post, le manager du groupe déclarait : qu’ Israël faisait partie des priorités de l’entreprise. Un centre de recherche Nokia a ainsi vu le jour en Israël.
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MC DONALD’S - Entreprise emblématique de l’impérialisme culturel US, la célèbre chaîne de restaurants fast-food apporte un soutien non négligeable à l’Etat israélien. McDonald’s dispose de 80 restaurants en Israël et y emploie près de 3000 personnes. Elle y interdit à son personnel de parler arabe. Aux USA, l’entreprise figure parmi les heureux partenaires de l’organisation sioniste «Jewish Community » basée à Chicago. Cette organisation travaille en effet pour le maintien de l’aide militaire, économique et diplomatique apportée par les USA à Israël.
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CATERPILLAR (Equipement pour bâtiment mais également, vêtements, chaussures) - Une large campagne doit être menée en France pour dénoncer la participation criminelle de Caterpillar aux destructions des maisons en Palestine par ses bulldozers géants. C’est avec un Caterpillar que la pacifiste américaine juive Rachel Corrie a été tuée par un soldat israélien en 2003.
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La chaîne hôtelière ACCORHOTEL (Etap, Ibis, Mercure, Novotel, Sofitel) - Cette chaîne a plusieurs hôtels en Israël, et récemment, elle a ouvert une succursale dans les territoires syriens occupés, dans le Golan.
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Les chaînes alimentaires présentes dans les colonies israéliennes : Domino Pizza, Pizza Hut, Häagen Daaz, Burger King
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Autres produits : Cigarettes Morris (dont Marlboro), Produits Kimberly-Clarck (Kleenex, Kotex, Huggies), SanDisk (informatique), Toys RUs (jouets)
>>  
Cette liste est non exhaustive

Par François
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Lundi 9 février 2009

Israël à la veille des élections : une situation inquiétante


Si les facteurs électoraux ont sans aucun doute joué un rôle déterminant dans le déclenchement de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, en retour la campagne électorale qui prend fin en Israël a été très largement conditionnée par cette guerre.

Si dans leur très grande majorité, les partis ont soutenu la guerre –opérant en la circonstance une sorte d’union sacrée- le mépris pour les pertes civiles palestiniennes a caractérisé nombre de déclarations. Et les violences volontaires faites aux civils, les crimes de guerre et le nombre intolérable de victimes auront trouvé leur justification dans la volonté israélienne d’humilier les Arabes, de leur «  donner une bonne leçon pour qu’ils ne recommencent pas ».

Sauf à considérer que l’appui des gouvernements occidentaux ou arabes dits modérés est plus important que la réprobation générale des opinions publiques, la brutalité inouïe de l’intervention a participé à une dégradation sans précédent de l’image d’Israël dont les citoyens ne pourront que faire les frais.

Et même si la responsabilité collective des Israéliens est une notion mal fondée et dangereuse parce qu’elle essentialise un peuple ou une communauté dans sa totalité, le soutien apporté par la très grande majorité des citoyens israéliens jusque dans les actions les plus meurtrières de leur armée ne peut qu’interpeller les consciences. Cela confirme cependant un phénomène qui s’est maintes fois reproduit historiquement : la colonisation finit toujours par pervertir l’Etat colonial et ses citoyens.

Face à cette situation, le MRAP regrette qu’aucun des leaders des grands partis n’ait émis la moindre réserve sur ce qui est considéré en Israël même par les authentiques militants de la paix comme un effondrement des barrières morales d’Israël.


Si après la dernière intervention au Liban, nombre de responsables israéliens avaient pris conscience que « la guerre classique était devenue obsolète » , l’offensive contre Gaza a démontré que ces mêmes responsables restent toujours incapables d’imaginer d’autres sorties de crise comme alternative aux interventions militaires.

La campagne électorale a aussi montré la difficulté de la classe politique israélienne de préparer pour ses citoyens un avenir plus paisible et plus confiant.

Au contraire, le déferlement d’un racisme anti-arabe virulent a pollué gravement une campagne électorale qui a vu nombre de candidats surfer sur cette vague raciste et xénophobe. Ainsi les propos d’ Avigdor Lieberman chef du parti russophone - incontournable de toute coalition gouvernementale- sont à cet égard significatifs en particulier lorsqu’il déplore que le gouvernement n’ait pas recouru lors de la récente opération israélienne à Gaza « à la méthode utilisée par les Américains en 1945 pour mettre fin à la guerre au Japon », - référence à l’utilisation de l’arme atomique.


Signes d’une société qui doute d’elle-même et qui a peur d’affronter les choix décisifs toujours rejetés à plus tard, les solutions en trompe l’œil reprenant des idées du passé ne manquent pas d’inquiéter . D’une part la proposition faite le 11 décembre 2008 durant la campagne pré-électorale par Tzipi Livni leader du parti Kadima d’expulser les Arabes israéliens vers l’Etat palestinien dès sa création « afin d’assurer le caractère juif de l’Etat d’Israël » , d’autre part celle présentée par Benyamin Netanyahou lors de l’ouverture officielle de la campagne de ne pas évacuer les colonies et de rattacher les quelques miettes de la Cisjordanie restantes à la Jordanie et la bande de Gaza à l’Egypte ; cette proposition balayant d’un revers de main toutes les revendications du peuple palestinien, tous les accords conclus depuis plus de vingt ans et toutes les résolutions internationales.

Ces propos de campagne sont représentatifs de l’échec d’une société qui ne se sent plus assurée de son avenir et qui au bout de soixante ans de vie commune sur le même territoire n’a toujours pas réussi à accepter comme citoyens à part entière ces Israéliens d’origine palestinienne qui sont restés sur leur terre natale après 1948.


Pour le MRAP, symptomatique de la peur et de la défiance envers ces citoyens reste la tentative parlementaire d’exclure des prochaines élections les deux partis politiques les plus représentatifs de ces 20% de ces Palestiniens d’Israël qui avec leurs sept élus sont actuellement présents au Parlement.

Cette discrimination intolérable, heureusement cassée par la Cour suprême, n’en ternit pas moins l’image d’un Israël démocratique. . Quoi qu’il en soit, la tentative de faire disparaître la représentation électorale palestinienne revêt une charge symbolique dont les effets négatifs continueront à se faire sentir.


Pour le MRAP, seule la volonté d’engager des négociation avec l’ensemble des représentants élus du peuple palestinien sans exclusive pourra rétablir un climat propice à des avancées sur le chemin de la paix tout comme seule la création d’un Etat palestinien, dans les frontières de 67 et avec Jérusalem –Est comme capitale, pourra le mieux garantir la sécurité d’Israël et de ses citoyens. Toute tentative autre d’imposer des solutions ne peut aller qu’au devant d’un échec programmé et de la perpétuation du malheur.


Paris le

Par François
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Mardi 17 mars 2009

Le MRAP tient à exprimer sa plus vive inquiétude après la coalition du Likoud avec la formation d'extrême droite Israël Beteinou qui obtient le Ministère des Affaires étrangères confié à Avigdor Lieberman et les portefeuilles de la Sécurité intérieure, des Infrastructures, du Tourisme et de l'Intégration.


C'est la pire des solutions qui a été retenue par Benjamin Netanyahu.


Otage d'Israël Beteinou, la coalition formée est porteuse d'une politique dangereuse tant au niveau national avec la stigmatisation agressive des Arabes israéliens qu'au niveau international


Après l'agression criminelle menée contre Gaza en janvier dernier, la constitution de ce gouvernement est un nouveau pas vers la destruction de la Palestine et de tout espoir de paix. Jour noir pour les palestiniens d'Israël qui vont être victimes de discriminations d'autant plus violentes qu'Israël Beitenou a mené sa campagne électorale sur des thèmes racistes anti-arabes.


Jour noir pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est qui, s'ils n'attendaient rien des élections israéliennes, vont voir leur situation encore se dégrader avec la politique du nouveau gouvernement dont l'objectif est de chasser les Palestiniens en leur rendant la vie impossible, la colonisation de la Cisjordanie étant un élément central de la politique israélienne depuis 40 ans mais qui va connaître une accélération rendant impossible tout accord futur.


Jour noir pour les Israéliens de Gaza pour qui le blocus et les bombardements continuent tandis que des tonnes de vivres pourrissent du coté égyptien.


Jour noir pour les Israéliens pour qui la sécurité ne peut être assurée que par la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 et qui auront à affronter à juste titre les condamnations de la communauté internationale des citoyens à défaut de celle des Etats.


L'entrée de l'extrême droite dans le gouvernement est le symptôme d'une fuite en avant qui montre à quel point la situation politique en Israël ira en se dégradant tant que la reconnaissance d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ne sera pas à l'ordre du jour.


Il en est de même de la situation avec l'Iran: alors que le président Obama semble vouloir éviter une confrontation directe, une politique israélienne entrant en contradiction avec cette nouvelle donne, représenterait un obstacle majeur à une amélioration des relations avec l'Iran voire un risque lourd de menaces pour la paix dans toute la région.


Le Mrap rappelle que lors de l'entrée du parti de Jörg Haider, autre raciste d'extrême droite, dans l'exécutif autrichien, l'Europe avait pris des sanctions, certes symboliques, contre ce pays.


Après avoir boycotté le gouvernement dirigé par le Hamas sous prétexte qu'il ne reconnaissait pas formellement Israël, l'Union Européenne va-t-elle enfin prendre des sanctions contre le gouvernement israélien qui ne reconnaît même pas formellement les droits du peuple palestinien? Il y a urgence de tout mettre en oeuvre pour que l'irréparable ne soit pas atteint sous peine de considérer Israël comme un pays particulier, méritant un traitement particulier, ce qui est lourd de conséquences et ne peut qu'alimenter l'antisémitisme.

Paris le 17 mars 2009

Par François
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Jeudi 28 mai 2009
Etat juif ou société de tous ses citoyens ?
Etat juif et démocratique ou Etat raciste ?

En 1988 à Alger, l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) a fait une concession énorme : reconnaître l’Etat d’Israël sur ses frontières internationalement reconnues (celles de l’armistice de 1949) et limiter le futur Etat à 22% de la Palestine historique, c’est-à-dire à La Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est. Cette reconnaissance qui suivait le déclenchement de la première Intifada allait aboutir à la signature des accords d’Oslo.
Il n’est sans doute pas inutile aujourd’hui de se poser deux questions :

1) La direction palestinienne a-t-elle commis une erreur avec cette reconnaissance ?

2) Pourquoi ce processus et les accords d’Oslo ont-ils (définitivement) échoué ?

Une concession énorme
C’est Arafat qui a poussé au compromis d’Alger et qui l’a obtenu malgré de nombreuses oppositions. Quelle était l’idée de la direction Palestinienne ? Après 40 ans d’exil et alors qu’on en était à trois générations de réfugiés, le peuple palestinien était en danger de disparition. Il fallait rebondir et proposer une initiative politique.
Sur le fond, il n’y a pas de différence entre le nettoyage ethnique de 1948 (800000 Palestiniens expulsés de leur pays au moment de la Naqba, la catastrophe) et la conquête suivie de la colonisation de 1967. Dans les deux cas, il y a eu violation flagrante de tous les droits fondamentaux accompagnée de crimes de guerre. La présence des Israéliens à Jaffa n’est pas plus « légitime » que leur présence à Hébron.
La très grande différence (dont la direction palestinienne a tenu compte) repose sur la façon dont l’ONU interprète le droit international. L’ONU a reconnu Israël, toutes grandes puissances confondues. Elle a amnistié les 700 villages rasés et détruits pendant la guerre de 1948, le plan Dalet (plan prémédité qui organisait l’exode palestinien), la confiscation des terres dès 1949, l’interdiction de tout retour faite aux réfugiés ou à leurs descendants. L’ONU a accepté qu’Israël se proclame Etat juif. Par contre l’ONU n’a jamais reconnu les annexions de 1967 et a même voté plusieurs résolutions demandant un retrait israélien.
Les dirigeants israéliens avaient une occasion fantastique de s’insérer de façon définitive et pacifique au Proche-Orient et « légaliser » la violence et la négation de « l’autre » sur lesquelles leur Etat s’était constitué. Ils y ont songé au moment, avec les accords d’Oslo.
Le sionisme est une idéologie multiforme. Depuis 1967, c’est sa nature coloniale qui est devenue prépondérante. Laïques ou religieux, les colons ont obtenu un consensus dans la société israélienne : « finir la guerre de 48 », marginaliser ou expulser les Palestiniens, réaliser le « grand Israël » dans un pays qui n’a jamais fixé ses frontières.
Les négociateurs palestiniens ont été naïfs à Oslo. Ils ont reconnu Israël, mais n’ont obtenu qu’une reconnaissance de l’OLP. Israël n’a reconnu ni la Palestine, ni ses droits (notamment à avoir un Etat). Les Palestiniens ont cru dans « la paix des braves » chère à Arafat, dans l’idée que la confiance était possible et que les Israéliens saisiraient le sens de ce qu’ils leur offraient.
Ils n’ont pas pu ou su exiger quelque chose de précis sur la fin de la colonisation ou le retour aux frontières de 1967. Ils ont fait preuve d’une assez grande méconnaissance sur ce qu’est le sionisme, sur les vrais buts des Israéliens, sur leurs odieux sentiments de supériorité coloniaux, sur le complexe de Massada et son instrumentalisation.
Les accords d’Oslo ont échoué tout simplement parce qu’il n’a jamais été question en Israël, y compris dans les rangs de la prétendue « gauche » sioniste, de parvenir à une paix fondée sur l’égalité des droits et la justice. Il s’agissait juste de légaliser le fait accompli. Jamais la colonisation ne s’est arrêtée, au contraire. Il y a même eu 60000 nouveaux colons installés entre les accords d’Oslo et l’assassinat de Rabin. C’est cette tartufferie que les électeurs palestiniens ont sanctionnée.

Le retour au crime fondateur
En 15 ans, les dirigeants israéliens ont patiemment détruit la faisabilité de l’idée de « deux peuples, deux états ». L’installation de nouveaux colons (500000 israéliens vivent désormais dans les territoires conquis en 1967 dont la moitié dans le grand Jérusalem), la confiscation de 34% des terres en Cisjordanie, le mur de l’Apartheid, les check points, les routes de contournement ont transformé la Palestine en Bantoustan. À Gaza, c’est pire. Le blocus et la guerre ont détruit toute forme d’économie ou de vie sociale.
Qu’ils vivent dans les frontières d’Israël d’avant 1967, à Jérusalem, à Gaza, en Cisjordanie ou qu’ils soient exilés ou réfugiés au Proche-Orient, voire plus loin, la majorité des Palestiniens n’espère plus rien du processus politique d’Oslo. Du coup, ils en reviennent à la question de la Naqba, à l’illégitimité de la création d’Israël. La revendication qui était celle de l’OLP avant 1988 (un seul Etat, laïque et démocratique en Palestine) reprend de la vigueur. Elle est toujours celle des partis de la gauche palestinienne.
La grande nouveauté, c’est la fracture béante qui s’est ouverte chez les « Palestiniens de 1948 », ceux qui ont la nationalité israélienne. Pour eux, vivre comme sous citoyens dans un Etat qui se définit comme juif est un cauchemar quotidien. Plus de 50% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Les discriminations qu’ils subissent en termes de travail, de possession de la terre, de logement, de droits sociaux, s’aggravent. Alors que jusque-là une partie d’entre eux votaient pour des partis sionistes, cette fois-ci, 50% se sont abstenus et l’écrasante majorité des autres a réparti ses voix entre le Hadash (Parti communiste) et deux partis nationalistes antisionistes. Des mouvements comme Adalah se développent pour obtenir l’égalité juridique à l’intérieur d’Israël.
La propagande israélienne est d’une redoutable efficacité et elle sait à merveille transformer l’agresseur en victime. Elle agite désormais en permanence la menace de la disparition, des « Juifs à la mer », de la destruction d’Israël. Elle exige des Palestiniens et des autres Etats de la région la reconnaissance préalable du caractère juif de l’Etat. Elle exige (avec Lieberman) que les Palestiniens d’Israël reconnaissent la légitimité du sionisme, faute de quoi ils seront déchus de leur nationalité et expulsés. Elle essaie de détourner l’attention vers l’Iran dont le dirigeant s’est publiquement prononcé pour la destruction de « l’entité sioniste » et elle essaie d’obtenir un consensus international pour une attaque préventive contre l’Iran comme il y a eu une attaque préventive (basé sur un mensonge d’une incroyable grossièreté) contre l’Irak.

La clarté qui manque
Dans les rangs de celles et ceux qui défendent les droits du peuple palestinien, on ne rencontre pas toujours la clarté.

1) Il n’y a qu’une seule façon de régler cette guerre, c’est d’en revenir au droit. L’occupation, le nettoyage ethnique, l’interdiction faite aux réfugiés de revenir chez eux, les discriminations, les assassinats, les emprisonnements massifs sont des crimes. Au départ, il y a un crime fondateur, celui de 1948 et toute paix juste commencera par la reconnaissance de la Naqba. Toute négociation devra porter sur les moyens de « réparer » ce crime.
2) Aujourd’hui 5 millions et demi de Juifs Israéliens vivent dans la région. Comme dit l’historien Shlomo Sand, un enfant né d’un viol a aussi le droit à l’existence. Donc, il faut le dire sans détour. Les Israéliens resteront. Ils ne « retourneront » pas dans les pays de leurs ancêtres ou n’émigreront que marginalement. De toute façon, les pays arabes dont certains sont originaires n’en veulent pas spécialement et le yiddishland a disparu. Mais les Israéliens resteront dans une situation de totale égalité (politique, économique, égalité de droits) avec les Palestiniens. Sinon, la paix est impossible. Le démantèlement de toutes les colonies et de tous les check points, la destruction du mur, le droit au retour des réfugiés et la libération de tous les prisonniers sont des préalables à cette égalité.
3) Si les Juifs israéliens resteront, « l’Etat juif » doit disparaître. Le droit international ne reconnaît que les Etats de tous leurs citoyens. Définir un Etat sur une base « raciale », ethnique, nationale ou religieuse est discriminatoire et les Israéliens ont fait la démonstration sanglante du caractère discriminatoire de l’Etat juif vis-à-vis des Palestiniens. Il existe parmi les anticolonialistes israéliens des partisans de deux Etats (Shlomo Sand, Uri Avnéry) mais ils expliquent bien qu’en aucun cas Israël ne pourra se définir comme Etat juif. Pour Sand, Etat juif et démocratique, c’est un oxymore. Pour les partisans d’un seul Etat, les choses sont plus simples : l’égalité des droits, la fin du colonialisme, la citoyenneté, la laïcité sont évidentes. Rappelons qu’en Afrique du Sud, les Blancs ont pu rester en conservant leur statut de « peuple fondateur » et leurs énormes avantages économiques, mais qu’il y a eu pour en arriver là deux obligations : en finir avec l’Apartheid reconnu comme crime et garantir l’unité du pays. Donc, qu’il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.
4) Il faut contrer en permanence la propagande israélienne qui assimile la critique radicale de l’Etat juif à de l’antisémitisme. Être antiraciste, ce n’est pas instaurer un nouveau ghetto, une séparation, une théorisation de l’impossibilité du « vivre ensemble ». Faire croire que la « sécurité » des Juifs est liée à l’existence d’un Etat qui serait le leur à l’exclusion de tous les autres relève du même type de pensée qu’un Le Pen dont le slogan « Les Français d’abord » théorise l’inégalité des droits et la séparation. Au contraire ce sont le sionisme, l’existence d’un Etat qui se dit juif et la politique israélienne qui mettent en danger gravement les Juifs en les sommant d’être complices des crimes perpétrés, faute de quoi ils seront considérés comme traîtres.


Israël est-il un Etat raciste ?
Ce qui vient de se passer à Genève dans le cadre du processus improprement appelé « Durban II » était annoncé depuis des années. Bien sûr, à Genève, beaucoup de délégués du Tiers-Monde n’ont pas été abusés par le « show » des partisans d’Israël. Mais on doit tristement constater que les propagandistes israéliens ont obtenu le soutien inconditionnel de l’Europe et des Etats-Unis en passant une fois de plus pour des victimes, ce qui, quelques mois après le carnage de Gaza, est quand même un peu fort. Et le texte qui est sorti sur le racisme passe totalement sous silence celui qui sévit contre les Palestiniens.

Oui, Israël est un pays raciste.
Il l’est déjà à l’égard des seuls qui jouissent de la citoyenneté : les Juifs. Faut-il rappeler le sort des Falachas venus d’Ethiopie ou celui des Juifs Indiens considérés comme hérétiques et qui vivent quasiment tous sous le seuil de pauvreté ? Entre 1950 et 1962, plus d’un million de Juifs du monde arabe ont émigré en Israël. Avant le sionisme, ils n’avaient jamais été persécutés. Coupés de leur histoire, de leurs racines, de leur culture, de leur langue, ils se sont retrouvés sans passé, sans présent et sans avenir. Israël s’est fabriqué grâce à eux un prolétariat. Aux révoltes des années 50, ont succédé une grande colère et une frustration qui expliquent leur basculement partiel vers la droite raciste ou le courant national-religieux.
Vis-à-vis des Palestiniens d’Israël, les discriminations sont écrites dans la loi. Dans le Monde Diplomatique de mai 2009, Dominique Vidal et Joseph Algazy montrent, chiffres à l’appui, l’incroyable écart de revenus entre Juifs et Palestiniens d’Israël. Ceux-ci subissent un nombre important d’interdits professionnels. Ils ne possèdent que 3% de la terre alors qu’ils forment 20% de la population.
Le pire scandale, c’est celui des Bédouins du Néguev. 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, les 3/4 d’entre eux vivent dans des villages non reconnus, bidonvilles en plein désert sans eau, sans électricité, sans route. Dès qu’ils construisent en dur, l’armée vient détruire leur maison. Joseph Algazy rappelle l’assassinat de l’un des leurs qui avait commis le crime de venir se baigner à la plage d’Ashkelon. Les assassins n’ont pas été plus punis que les auteurs des pogroms antipalestiniens de Nazareth de Saint-Jean d’Acre. Dans un Etat juif, tuer un Arabe n’est pas forcément un crime.
Vis-à-vis des Palestiniens des territoires occupés, le terme d’Apartheid décrit complètement la réalité. Pour un colon qu’il soit « banlieusard » ou colon « idéologique », la vie est simple. Le Mur et les routes de contournement permettent d’aller en quelques minutes à Jérusalem ou Tel-Aviv. Les ressources écologiques sont pillées. Tout est fait pour oublier qu’on est là en ayant chassé les autochtones. Pour les Palestiniens, le Mur et les check points sont un casse-tête permanent. L’économie réelle a été en grande partie détruite. La majorité de la population survit avec des revenus très aléatoires, parfois venus de la diaspora palestinienne.
À Gaza, la propagande raciste israélienne a contribué à « déshumaniser » la population. Elle a abouti au permis de tuer et à l’ampleur du dernier massacre. Il ne s’agissait pas d’une guerre puisqu’il n’y avait pas d’armée en face, mais d’un massacre délibéré, d’une punition collective.
Dans un très beau texte qui date du 22 avril, Brahim Senouci a recensé des dizaines de déclarations d’un racisme ignoble faites par des dirigeants israéliens depuis un siècle. Citons-en quelques-unes : Ben Gourion en 1937 : « nous devons expulser les Arabes et prendre leur place ». Barak en 2000 : « les Palestiniens sont comme des crocodiles. Plus vous leur donnez de la viande, plus ils en veulent ». Nétanyahou, il y a 20 ans : « Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine … pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les Arabes du territoire ».
Imaginons qu’un dirigeant palestinien ait dit le centième de ces horreurs. La propagande israélienne sur le thème : « vous voyez, ils veulent nous détruire » aurait été immédiate.

À Genève, Israël aurait donc dû être nommément condamné comme Etat raciste. Mais dans le cadre d’une conférence internationale, qui avait la légitimité pour le faire ? Sûrement pas Ahmadinedjad. Il est à la tête d’un Etat théocratique qui ignore le droit, en tout cas celui des femmes, des homosexuel-le-s, des Bahaïs, des non croyants … et pratique la pendaison à grande échelle. Et puis, face aux négationnistes israéliens qui nient la Naqba et les droits des Palestiniens, il s’est fait le complice d’autres négationnistes comme Faurisson invité à un curieux colloque à Téhéran.
À Genève, les occidentaux, ceux-là mêmes qui enferment les immigrés dans des centres de rétention ou essaient de les repousser à leurs frontières, ceux-là mêmes qui déroulent le tapis rouge devant le fasciste Lieberman ont donc pu jouer au démocrate outragé : « Israël, Etat raciste ? Vous n’y pensez pas, ce sont des démocrates comme nous, pas des barbares ! »
Il y a encore un sacré travail idéologique à mener.

Pierre Stambul
Par François
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Mardi 9 juin 2009
Etat juif ou société de tous ses citoyens ?
Etat juif et démocratique ou Etat raciste ?

En 1988 à Alger, l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) a fait une concession énorme : reconnaître l'Etat d'Israël sur ses frontières internationalement reconnues (celles de l'armistice de 1949) et limiter le futur Etat à 22% de la Palestine historique, c'est-à-dire à La Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est. Cette reconnaissance qui suivait le déclenchement de la première Intifada allait aboutir à la signature des accords d'Oslo.
Il n'est sans doute pas inutile aujourd'hui de se poser deux questions :

1) La direction palestinienne a-t-elle commis une erreur avec cette reconnaissance ?

2) Pourquoi ce processus et les accords d'Oslo ont-ils (définitivement) échoué ?

Une concession énorme
C'est Arafat qui a poussé au compromis d'Alger et qui l'a obtenu malgré de nombreuses oppositions. Quelle était l'idée de la direction Palestinienne ? Après 40 ans d'exil et alors qu'on en était à trois générations de réfugiés, le peuple palestinien était en danger de disparition. Il fallait rebondir et proposer une initiative politique.
Sur le fond, il n'y a pas de différence entre le nettoyage ethnique de 1948 (800000 Palestiniens expulsés de leur pays au moment de la Naqba, la catastrophe) et la conquête suivie de la colonisation de 1967. Dans les deux cas, il y a eu violation flagrante de tous les droits fondamentaux accompagnée de crimes de guerre. La présence des Israéliens à Jaffa n'est pas plus « légitime » que leur présence à Hébron.
La très grande différence (dont la direction palestinienne a tenu compte) repose sur la façon dont l'ONU interprète le droit international. L'ONU a reconnu Israël, toutes grandes puissances confondues. Elle a amnistié les 700 villages rasés et détruits pendant la guerre de 1948, le plan Dalet (plan prémédité qui organisait l'exode palestinien), la confiscation des terres dès 1949, l'interdiction de tout retour faite aux réfugiés ou à leurs descendants. L'ONU a accepté qu'Israël se proclame Etat juif. Par contre l'ONU n'a jamais reconnu les annexions de 1967 et a même voté plusieurs résolutions demandant un retrait israélien.
Les dirigeants israéliens avaient une occasion fantastique de s'insérer de façon définitive et pacifique au Proche-Orient et « légaliser » la violence et la négation de « l'autre » sur lesquelles leur Etat s'était constitué. Ils y ont songé au moment, avec les accords d'Oslo.
Le sionisme est une idéologie multiforme. Depuis 1967, c'est sa nature coloniale qui est devenue prépondérante. Laïques ou religieux, les colons ont obtenu un consensus dans la société israélienne : « finir la guerre de 48 », marginaliser ou expulser les Palestiniens, réaliser le « grand Israël » dans un pays qui n'a jamais fixé ses frontières.
Les négociateurs palestiniens ont été naïfs à Oslo. Ils ont reconnu Israël, mais n'ont obtenu qu'une reconnaissance de l'OLP. Israël n'a reconnu ni la Palestine, ni ses droits (notamment à avoir un Etat). Les Palestiniens ont cru dans « la paix des braves » chère à Arafat, dans l'idée que la confiance était possible et que les Israéliens saisiraient le sens de ce qu'ils leur offraient.
Ils n'ont pas pu ou su exiger quelque chose de précis sur la fin de la colonisation ou le retour aux frontières de 1967. Ils ont fait preuve d'une assez grande méconnaissance sur ce qu'est le sionisme, sur les vrais buts des Israéliens, sur leurs odieux sentiments de supériorité coloniaux, sur le complexe de Massada et son instrumentalisation.
Les accords d'Oslo ont échoué tout simplement parce qu'il n'a jamais été question en Israël, y compris dans les rangs de la prétendue « gauche » sioniste, de parvenir à une paix fondée sur l'égalité des droits et la justice. Il s'agissait juste de légaliser le fait accompli. Jamais la colonisation ne s'est arrêtée, au contraire. Il y a même eu 60000 nouveaux colons installés entre les accords d'Oslo et l'assassinat de Rabin. C'est cette tartufferie que les électeurs palestiniens ont sanctionnée.

Le retour au crime fondateur
En 15 ans, les dirigeants israéliens ont patiemment détruit la faisabilité de l'idée de « deux peuples, deux états ». L'installation de nouveaux colons (500000 israéliens vivent désormais dans les territoires conquis en 1967 dont la moitié dans le grand Jérusalem), la confiscation de 34% des terres en Cisjordanie, le mur de l'Apartheid, les check points, les routes de contournement ont transformé la Palestine en Bantoustan. À Gaza, c'est pire. Le blocus et la guerre ont détruit toute forme d'économie ou de vie sociale.
Qu'ils vivent dans les frontières d'Israël d'avant 1967, à Jérusalem, à Gaza, en Cisjordanie ou qu'ils soient exilés ou réfugiés au Proche-Orient, voire plus loin, la majorité des Palestiniens n'espère plus rien du processus politique d'Oslo. Du coup, ils en reviennent à la question de la Naqba, à l'illégitimité de la création d'Israël. La revendication qui était celle de l'OLP avant 1988 (un seul Etat, laïque et démocratique en Palestine) reprend de la vigueur. Elle est toujours celle des partis de la gauche palestinienne.
La grande nouveauté, c'est la fracture béante qui s'est ouverte chez les « Palestiniens de 1948 », ceux qui ont la nationalité israélienne. Pour eux, vivre comme sous citoyens dans un Etat qui se définit comme juif est un cauchemar quotidien. Plus de 50% d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Les discriminations qu'ils subissent en termes de travail, de possession de la terre, de logement, de droits sociaux, s'aggravent. Alors que jusque-là une partie d'entre eux votaient pour des partis sionistes, cette fois-ci, 50% se sont abstenus et l'écrasante majorité des autres a réparti ses voix entre le Hadash (Parti communiste) et deux partis nationalistes antisionistes. Des mouvements comme Adalah se développent pour obtenir l'égalité juridique à l'intérieur d'Israël.
La propagande israélienne est d'une redoutable efficacité et elle sait à merveille transformer l'agresseur en victime. Elle agite désormais en permanence la menace de la disparition, des « Juifs à la mer », de la destruction d'Israël. Elle exige des Palestiniens et des autres Etats de la région la reconnaissance préalable du caractère juif de l'Etat. Elle exige (avec Lieberman) que les Palestiniens d'Israël reconnaissent la légitimité du sionisme, faute de quoi ils seront déchus de leur nationalité et expulsés. Elle essaie de détourner l'attention vers l'Iran dont le dirigeant s'est publiquement prononcé pour la destruction de « l'entité sioniste » et elle essaie d'obtenir un consensus international pour une attaque préventive contre l'Iran comme il y a eu une attaque préventive (basé sur un mensonge d'une incroyable grossièreté) contre l'Irak.

La clarté qui manque
Dans les rangs de celles et ceux qui défendent les droits du peuple palestinien, on ne rencontre pas toujours la clarté.

1) Il n'y a qu'une seule façon de régler cette guerre, c'est d'en revenir au droit. L'occupation, le nettoyage ethnique, l'interdiction faite aux réfugiés de revenir chez eux, les discriminations, les assassinats, les emprisonnements massifs sont des crimes. Au départ, il y a un crime fondateur, celui de 1948 et toute paix juste commencera par la reconnaissance de la Naqba. Toute négociation devra porter sur les moyens de « réparer » ce crime.
2) Aujourd'hui 5 millions et demi de Juifs Israéliens vivent dans la région. Comme dit l'historien Shlomo Sand, un enfant né d'un viol a aussi le droit à l'existence. Donc, il faut le dire sans détour. Les Israéliens resteront. Ils ne « retourneront » pas dans les pays de leurs ancêtres ou n'émigreront que marginalement. De toute façon, les pays arabes dont certains sont originaires n'en veulent pas spécialement et le yiddishland a disparu. Mais les Israéliens resteront dans une situation de totale égalité (politique, économique, égalité de droits) avec les Palestiniens. Sinon, la paix est impossible. Le démantèlement de toutes les colonies et de tous les check points, la destruction du mur, le droit au retour des réfugiés et la libération de tous les prisonniers sont des préalables à cette égalité.
3) Si les Juifs israéliens resteront, « l'Etat juif » doit disparaître. Le droit international ne reconnaît que les Etats de tous leurs citoyens. Définir un Etat sur une base « raciale », ethnique, nationale ou religieuse est discriminatoire et les Israéliens ont fait la démonstration sanglante du caractère discriminatoire de l'Etat juif vis-à-vis des Palestiniens. Il existe parmi les anticolonialistes israéliens des partisans de deux Etats (Shlomo Sand, Uri Avnéry) mais ils expliquent bien qu'en aucun cas Israël ne pourra se définir comme Etat juif. Pour Sand, Etat juif et démocratique, c'est un oxymore. Pour les partisans d'un seul Etat, les choses sont plus simples : l'égalité des droits, la fin du colonialisme, la citoyenneté, la laïcité sont évidentes. Rappelons qu'en Afrique du Sud, les Blancs ont pu rester en conservant leur statut de « peuple fondateur » et leurs énormes avantages économiques, mais qu'il y a eu pour en arriver là deux obligations : en finir avec l'Apartheid reconnu comme crime et garantir l'unité du pays. Donc, qu'il y ait un ou deux Etats, le projet sioniste de créer, puis de maintenir un Etat défini comme juif est un obstacle à la paix.
4) Il faut contrer en permanence la propagande israélienne qui assimile la critique radicale de l'Etat juif à de l'antisémitisme. Être antiraciste, ce n'est pas instaurer un nouveau ghetto, une séparation, une théorisation de l'impossibilité du « vivre ensemble ». Faire croire que la « sécurité » des Juifs est liée à l'existence d'un Etat qui serait le leur à l'exclusion de tous les autres relève du même type de pensée qu'un Le Pen dont le slogan « Les Français d'abord » théorise l'inégalité des droits et la séparation. Au contraire ce sont le sionisme, l'existence d'un Etat qui se dit juif et la politique israélienne qui mettent en danger gravement les Juifs en les sommant d'être complices des crimes perpétrés, faute de quoi ils seront considérés comme traîtres.


Israël est-il un Etat raciste ?
Ce qui vient de se passer à Genève dans le cadre du processus improprement appelé « Durban II » était annoncé depuis des années. Bien sûr, à Genève, beaucoup de délégués du Tiers-Monde n'ont pas été abusés par le « show » des partisans d'Israël. Mais on doit tristement constater que les propagandistes israéliens ont obtenu le soutien inconditionnel de l'Europe et des Etats-Unis en passant une fois de plus pour des victimes, ce qui, quelques mois après le carnage de Gaza, est quand même un peu fort. Et le texte qui est sorti sur le racisme passe totalement sous silence celui qui sévit contre les Palestiniens.

Oui, Israël est un pays raciste.
Il l'est déjà à l'égard des seuls qui jouissent de la citoyenneté : les Juifs. Faut-il rappeler le sort des Falachas venus d'Ethiopie ou celui des Juifs Indiens considérés comme hérétiques et qui vivent quasiment tous sous le seuil de pauvreté ? Entre 1950 et 1962, plus d'un million de Juifs du monde arabe ont émigré en Israël. Avant le sionisme, ils n'avaient jamais été persécutés. Coupés de leur histoire, de leurs racines, de leur culture, de leur langue, ils se sont retrouvés sans passé, sans présent et sans avenir. Israël s'est fabriqué grâce à eux un prolétariat. Aux révoltes des années 50, ont succédé une grande colère et une frustration qui expliquent leur basculement partiel vers la droite raciste ou le courant national-religieux.
Vis-à-vis des Palestiniens d'Israël, les discriminations sont écrites dans la loi. Dans le Monde Diplomatique de mai 2009, Dominique Vidal et Joseph Algazy montrent, chiffres à l'appui, l'incroyable écart de revenus entre Juifs et Palestiniens d'Israël. Ceux-ci subissent un nombre important d'interdits professionnels. Ils ne possèdent que 3% de la terre alors qu'ils forment 20% de la population.
Le pire scandale, c'est celui des Bédouins du Néguev. 60 ans après la création de l'Etat d'Israël, les 3/4 d'entre eux vivent dans des villages non reconnus, bidonvilles en plein désert sans eau, sans électricité, sans route. Dès qu'ils construisent en dur, l'armée vient détruire leur maison. Joseph Algazy rappelle l'assassinat de l'un des leurs qui avait commis le crime de venir se baigner à la plage d'Ashkelon. Les assassins n'ont pas été plus punis que les auteurs des pogroms antipalestiniens de Nazareth de Saint-Jean d'Acre. Dans un Etat juif, tuer un Arabe n'est pas forcément un crime.
Vis-à-vis des Palestiniens des territoires occupés, le terme d'Apartheid décrit complètement la réalité. Pour un colon qu'il soit « banlieusard » ou colon « idéologique », la vie est simple. Le Mur et les routes de contournement permettent d'aller en quelques minutes à Jérusalem ou Tel-Aviv. Les ressources écologiques sont pillées. Tout est fait pour oublier qu'on est là en ayant chassé les autochtones. Pour les Palestiniens, le Mur et les check points sont un casse-tête permanent. L'économie réelle a été en grande partie détruite. La majorité de la population survit avec des revenus très aléatoires, parfois venus de la diaspora palestinienne.
À Gaza, la propagande raciste israélienne a contribué à « déshumaniser » la population. Elle a abouti au permis de tuer et à l'ampleur du dernier massacre. Il ne s'agissait pas d'une guerre puisqu'il n'y avait pas d'armée en face, mais d'un massacre délibéré, d'une punition collective.
Dans un très beau texte qui date du 22 avril, Brahim Senouci a recensé des dizaines de déclarations d'un racisme ignoble faites par des dirigeants israéliens depuis un siècle. Citons-en quelques-unes : Ben Gourion en 1937 : « nous devons expulser les Arabes et prendre leur place ». Barak en 2000 : « les Palestiniens sont comme des crocodiles. Plus vous leur donnez de la viande, plus ils en veulent ». Nétanyahou, il y a 20 ans : « Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine ... pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les Arabes du territoire ».
Imaginons qu'un dirigeant palestinien ait dit le centième de ces horreurs. La propagande israélienne sur le thème : « vous voyez, ils veulent nous détruire » aurait été immédiate.

À Genève, Israël aurait donc dû être nommément condamné comme Etat raciste. Mais dans le cadre d'une conférence internationale, qui avait la légitimité pour le faire ? Sûrement pas Ahmadinedjad. Il est à la tête d'un Etat théocratique qui ignore le droit, en tout cas celui des femmes, des homosexuel-le-s, des Bahaïs, des non croyants ... et pratique la pendaison à grande échelle. Et puis, face aux négationnistes israéliens qui nient la Naqba et les droits des Palestiniens, il s'est fait le complice d'autres négationnistes comme Faurisson invité à un curieux colloque à Téhéran.
À Genève, les occidentaux, ceux-là mêmes qui enferment les immigrés dans des centres de rétention ou essaient de les repousser à leurs frontières, ceux-là mêmes qui déroulent le tapis rouge devant le fasciste Lieberman ont donc pu jouer au démocrate outragé : « Israël, Etat raciste ? Vous n'y pensez pas, ce sont des démocrates comme nous, pas des barbares ! »
Il y a encore un sacré travail idéologique à mener.

Pierre Stambul


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