Boycott, désinvestissement, sanctions

Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /2007 20:58
John Pilger, publié en anglais (An important marker has been passed) dans le New Statesman le23 août 2007, www.newstatesman.com/200708230026

 Ceux qui appellent au boycott d’Israël n’étaient autrefois que voix lointaines. Le débat est maintenant devenu mondial. Il croît inexorablement et ne sera pas réduit au silence.

 ……quelque chose a changé. Peut-être l’horreur panoramique de l’été dernier retransmise depuis le Liban sur les écrans de télévision du monde entier a-t-elle servi de catalyseur ? Ou peut-être le cynisme de Bush et Blair ainsi que le recours incessant à cette inanité, la « terreur », en même temps que la dissémination dans nos vies, jour après jour, d’une insécurité fabriquée, ont-ils finalement attiré l’attention de la communauté internationale hors des états voyous, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, pour la ramener à une de ses principales sources, Israël.

 J’en ai eu récemment la sensation aux Etats-Unis. Une annonce pleine page dans le New York Times avait distinctement une odeur de panique. Il y a déjà eu beaucoup d’annonces faites dans le Times par des « amis d’Israël », demandant les habituelles faveurs, rationalisant les habituelles brutalités. Celle-ci était différente. « Boycotter un traitement anticancéreux ? » en était le titre principal, suivi de « Arrêter l’irrigation au goutte-à-goutte en Afrique ? Empêcher la coopération scientifique entre nations ? » Qui voudrait faire pareilles choses ? « Certains universitaires britanniques veulent boycotter leurs homologues israéliens » était la réponse, intéressée. Elle se référait à la motion de la conférence inaugurale du syndicat « University and College Union » (UCU), de mai dernier, qui appelait à une discussion au sein de ses différentes sections sur un boycott des institutions académiques israéliennes. Comme John Chalcraft, de la London School of Economics l’a relevé, « le monde académique israélien offre depuis longtemps un soutien intellectuel, linguistique, logistique, technique, scientifique et humain à une occupation qui se fait en violation directe du droit international et contre laquelle aucune institution académique israélienne n’a jamais pris publiquement position ».

 La vague du boycott gonfle inexorablement, comme si un jalon important avait été franchi, rappelant les boycotts qui avaient conduit à des sanctions contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. Tant Mandela que Desmond Tutu ont établi ce parallèle ; de même que le ministre d’état sud africain Ronnie Kasrils et d’autres célèbres membres juifs de la lutte pour la libération. En Grande-Bretagne, une campagne académique souvent menée par des Juifs contre la « destruction méthodique par Israël du système d’éducation palestinien » peut être traduite par ceux d’entre nous qui rapporté des témoignages des Territoires occupés, en termes de bouclage arbitraire des universités palestiniennes, de harcèlement et d’humiliation des étudiants aux checkpoints, de tirs visant des enfants palestiniens et d’assassinat d’enfants palestiniens sur le chemin de l’école.

 Initiatives britanniques

 Ces initiatives ont été soutenues par un groupe britannique, Independent Jewish Voices [Voix Juives Indépendantes], dont les 528 signataires comptent Stephen Fry, Harold Pinter, Mike Leigh et Eric Hobsbawm. Le plus grand syndicat du pays, Unison, a appelé à un « boycott économique, culturel, académique et sportif » et au droit au retour des familles palestiniennes chassées en 1948. De façon remarquable, le Comité pour le développement international de la Chambre des Communes a adopté une position similaire. En avril, les membres du syndicat des journalistes, le National Union of Journalists (NUJ), ont voté en faveur d’un boycott mais pour le voir rejeté à la hâte par le conseil exécutif national. En république d’Irlande, le Congrès Irlandais des Syndicats a appelé à désinvestir des compagnies israéliennes : une campagne a visé l’Union Européenne qui compte pour les deux tiers des exportations israéliennes sous l’Accord d’Association UE-Israël. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, a dit que les conditions en matière de droits de l’homme intégrées à cet accord devraient être invoquées et les privilèges commerciaux d’Israël suspendus.

 Ceci est inhabituel car toutes ces voix étaient autrefois lointaines. Qu’une telle discussion sérieuse sur un boycott « devienne mondiale » n’avait pas été prévu par l’Israël officiel, longtemps conforté par ses mythes apparemment intouchables et par un puissant parrainage, et confiant dans le fait que la simple menace d’antisémitisme assurerait le silence. Lorsque la décision des professeurs britanniques a été annoncée, le Congrès américain a adopté une résolution absurde qualifiant l’UCU d’ « antisémite ». (Quatre-vingts membres du Congrès sont allés cet été en Israël pour un voyage d’agrément.)

 Cette intimidation a marché, dans le passé. Des calomnies lancées contre des professeurs américains leur ont valu de se voir refuser une promotion, ou même une chaire [1]. Feu Edward Said disposait d’un bouton d’appel d’urgence dans son appartement à New York, relié au poste de police local ; ses bureaux à la Columbia University ont une fois été incendiés. A la suite de mon film de 2002, Palestine is still the Issue, j’ai eu droit à des menaces de mort et à des insultes et des calomnies venant pour l’essentiel des Etats-Unis où le film ne fut jamais montré. Lorsque le Comité Indépendant de la BBC a examiné récemment la couverture du Proche-Orient par la compagnie, il a été inondé de courriels, « dont beaucoup d’origine étrangère, essentiellement d’Amérique du Nord », disait son rapport. Certaines personnes « ont envoyé de multiples messages, certains messages étaient des copies et il y avait des signes évidents de mobilisation d’un groupe de pression ». La conclusion du Comité était que la manière dont la BBC rendait compte de la lutte palestinienne n’était pas « détaillée et équitable » et présentait « pour des aspects importants, une image incomplète et dès lors trompeuse ». Ceci fut neutralisé dans les communiqués de presse de la BBC.

 Le courageux historien israélien Ilan Pappé estime qu’un Etat démocratique unique, dans lequel les réfugiés palestiniens auraient le droit de revenir, est la seule solution faisable et juste, et qu’une campagne de sanctions et de boycott est essentielle pour y parvenir. La population israélienne serait-elle ébranlée par un boycott international ? Bien qu’ils le reconnaissent rarement, les blancs d’Afrique du Sud furent suffisamment ébranlés pour donner leur soutien à un changement historique. Un boycott des institutions, des biens et des services israéliens, dit Pappé, « ne modifiera pas la position israélienne en un jour, mais il enverra un message clair que (les prémisses du sionisme) sont racistes et inacceptables au 21e siècle... Ils devraient choisir. »

 Tout comme nous.

 John Pilger est un journaliste d’investigation brittanique et un réalisateur de films documentaires de renom. Il a gagné de nombreuses récompenses aux USA et en Grande-Bretagne, dont, à deux reprises, la plus haute récompense britannique en tant que journaliste.

 Traduction de l’anglais : Michel Ghys

 [1] Note de la rédaction : L’universitaire bien connu Norman Finkelstein, auteur, entre autres , de « L’industrie de l’holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs », vient d’être chassé de l’université DePaul de Chicago après une violente campagne de certains groupes sionistes américains contre sa demande de promotion au poste de professeur.

 L’article complet peut être consulté en français sur le site de l’AFPS : http:// http://www.france-palestine.org/article6765.html
Par Palestine Nancy - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /2008 23:11
Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /2008 21:49
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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 13:14
Les écrivains arabes choqués et divisés
LE MONDE DES LIVRES | 06.03.08
© Le Monde.fr
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 21:08
http://www.nonfiction.fr/article-781-polemique_sur_la_presence_disrael_au_salon_du_livre_un_entretien_exclusif_avec_benny_ziffer.htm


"Tout écrivain israélien devrait, au fond de sa conscience, boycotter le Salon du Livre de Paris"

Extraits: 

nonfiction.fr : Pourquoi avoir lancé cet appel au boycott ?

Benny Ziffer : Il y a plusieurs problèmes. Le premier problème c’est que notre gouvernement, notre ambassade, qui ont fait la sélection, n’ont choisi que des écrivains d’expression hébraïque en excluant, de fait, deux tiers de la scène israélienne : or celle-ci compte une énorme communauté d’expression russe, ainsi qu’une communauté d’expression arabe. C’est donc très réducteur. Le deuxième problème, c’est le choix arbitraire des écrivains fait par des bureaucrates de l’ambassade qui ont exclu des grandes figures comme notre poète national Nathan Zach. Pourtant il écrit en hébreu ! Le troisième problème, c’est que l’État israélien considère que les écrivains sont des agents de propagande. À partir du moment où l’administration finance le billet d’avion, elle estime que l’écrivain est là pour servir la cause israélienne et elle exige officiellement ce propagandisme dans un contrat que tous les écrivains doivent signer. C’est ce qui s’est passé avec les Salons du Livre de Paris et de Turin. 


nonfiction.fr : Vous êtes sérieux ?

Benny Ziffer : Absolument. Le grand écrivain israélien Yehoshua Kenaz par exemple n’est pas invité en France parce qu’il a refusé de signer ce document ! Or, son œuvre est largement traduite en Français. Et il écrit en hébreu.



Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 13:03
Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /2009 21:34
http://www.france-palestine.org/article11097.html
Pétition internationale adressée à l’Assemblée Générale des Nations unies, pour mettre en place un tribunal pénal international ad hoc afin de juger les crimes de guerre israéliens, notamment à Gaza
publié le vendredi 20 février 2009

AFPS
 

Parce que c’est en notre nom qu’en 1945 a été signée la Charte des Nations unies...

Parce que c’est en notre nom que le plan de partage de la Palestine a été approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU en 1947...

Parce que c’est en notre nom qu’en 1949, ont été signées les conventions de Genève...

Parce qu’aucune des résolutions de l’ONU concernant la Palestine, adoptées elles aussi en notre nom, n’a été appliquée par l’État d’Israël et que celui-ci, depuis sa fondation, viole en permanence, en toute impunité et de façon de plus en plus cynique, les principes de l’ONU et les conventions internationales.

Nous, citoyens du monde, avons aujourd’hui le devoir de rappeler la communauté internationale à ses obligations !

Nous demandons solennellement

que l’Assemblée générale des Nations Unies utilise son pouvoir de créer des organes subsidiaires pour mettre sur pied un Tribunal pénal ad hoc (sur le modèle des deux créés par le Conseil de sécurité pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda) et juger les crimes commis par Israël en Palestine.

Dans l’immédiat nous exigeons

-  L’arrêt de toutes les exactions contre le peuple palestinien et la protection internationale de celui-ci ;

-  La levée totale du blocus de la bande de Gaza ;

-  L’application obligatoire des résolutions de l’ONU sur la Palestine et des prescriptions du droit international, si nécessaire sous la contrainte de sanctions internationales : diplomatiques, économiques et judiciaires. Israël est un État comme les autres, doté des mêmes droits, et des mêmes obligations.

En particulier nous demandons la suspension de tout accord de coopération avec l’État d’Israël tant qu’il ne respectera pas les résolutions de l’ONU.


Premiers signataires

Stéphane Hessel, ambassadeur de France

Monique Chemillier-Gendreau, professeur émérite de droit public

Gérard Toulouse, physicien

Alain Lipietz, député européen

Philippe Texier, magistrat

Simone Bitton, cinéaste

John Berger, écrivain

Monique Cerisier-ben Guiga, sénatrice

Christiane Hessel

Jean Claude Lefort, député honoraire

Maxime Gremetz, député de la Somme (1ère Circonscription)

Daniel Voguet, avocat

Bernard Ravenel, président de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et de l’Association France Palestine Solidarité

Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF

Jitendra Sharma, président de l’association internationale des juristes démocrates (International Association of Democratic Lawyers)

Mairead Maguire, Prix Nobel de la Paix

Vitaly Gusenkov, ancien conseiller diplomatique de M. Gorbatchev, Russie ...

Michel David, chargé des Droits de l’Homme et de la solidarité avec la Palestine à la Confédération paysanne

Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 19:05

INTERVIEW:

Omar Barghouti: "L'appel palestinien au boycott d'Israël devient de plus en plus populaire".

 

Omar Barghouti est un membre fondateur de la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël. Cette campagne fait partie du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), qui date de 2005, un an après la décision de la Cour Internationale de Justice contre le mur israélien et les colonies construites sur les territoires palestiniens. Il a été soutenu par plus de 170 syndicats, forces politiques, organisations, associations en Palestine. Ils représentent la société civile partout en Palestine, à l'intérieur des territoires occupés, en Israël et en exil.


Propos recueillis par Mireille Court et Chris Den Hond, le 19 avril 2009 à Ramallah.


BDS = BOYCOTT, DESINVESTISSEMENT, SANCTIONS


Omar Barghouti:

Les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza sous occupation israélienne sont une minorité du peuple palestinien. La grande majorité du peuple palestinien sont des réfugiés, qui sont en exil, victimes du nettoyage ethnique d'Israël en 1948 et depuis 1948.


Ce que dit l'appel BDS c'est que, puisque la communauté internationale n'a pas été capable de demander des comptes à Israël sur ses violations de la loi internationale et des droits de l'homme, nous appelons la société civile internationale à prendre ses responsabilités pour qu'elle montre sa responsabilité morale, pour qu'elle demande des comptes à Israël en mettant en oeuvre le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions.


A quoi appelons-nous exactement? Nous appelons à mettre fin à trois injustices fondamentales qu'Israël commet contre le peuple palestinien: l'occupation, la colonisation, le système de discrimination raciale contre les Palestiniens à l'intérieur d'Israël, qui est une forme spécifique israélienne d'Apartheid ainsi que la négation des droits des réfugiés palestiniens. Les réfugiés palestiniens ont droit au retour dans leurs foyers en accord avec les résolutions de l'ONU et Israël leur refuse ce droit. L'appel BDS est basé sur le droit, pas sur la recherche d'une solution. Il se concentre sur les trois droits fondamentaux et légitimes des Palestiniens. Nous appelons le monde à boycotter Israël, et désinvestir d'Israël et des compagnies qui soutiennent Israël jusqu'à ce qu'Israël accepte de se plier au droit international et nous accorde nos droits fondamentaux.


ISRAEL = PROJET COLONIAL


Depuis 1948, Israël a été créé sur la destruction de la société palestinienne. Donc ils ont détruit la société palestinienne et expulsé la plupart des Palestiniens – entre 750.000 et 850.000 Palestiniens ont été expulsés, ont été victimes d'un nettoyage ethnique de fin 1947 à 1949, la majorité des Palestiniens a été expulsée pour faire "de la place" aux immigrants juifs venant d'Europe pour fuir l'Holocauste. C'était un projet colonial dès le début avec l'intention de briser la société palestinienne, pour empêcher les Palestiniens de se réorganiser en tant que société. Les Palestiniens ont été immédiatement segmentés entre les Palestiniens de l'intérieur de ce qui est devenu Israël, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza ainsi que les Palestiniens réfugiés. Cette segmentation continue.


Donc Israël très lentement, mais de façon très persistante ne se contente pas d'un nettoyage ethnique des Palestiniens, mais détruit la possibilité du développement d'une société palestinienne à l'intérieur de la Palestine historique.


ENTREPRISES PALESTINIENNES DETRUITES


Depuis qu'Israël a occupé la Cisjordanie et Gaza en 1967, depuis 42 ans et jusqu'à maintenant, Israël a systématiquement et très volontairement détruit les entreprises palestiniennes. Israël a détruit la possibilité d'une économie palestinienne indépendante et d'une industrie palestinienne indépendante. Nous avons très peu d'industries et la plupart sont très petites. Israël contrôle toutes les frontières, contrôle l'importation et l'exportation, donc nous sommes un marché captif pour Israël. Ils veulent vendre leurs produits et la meilleure méthode est de détruire notre capacité à produire nos propres produits.

 

Les colonies sont illégales aux yeux de la loi internationale. Selon la 4ème convention de Genève, déplacer des parties de la population du pays occupant vers le pays occupé constitue un crime de guerre. Mais Israël les construit fondamentalement pour aider au nettoyage ethnique des Palestiniens.


LE MUR SEPARE LES PALESTINIENS DE LEURS TERRES


Israël veut les meilleures terres, les meilleures terres agricoles et les points d'eau, les réserves d'eau pour que les Palestiniens ne puissent pas vivre en Palestine. Ca a toujours été la politique israélienne. Tous les gouvernements, de gauche, de droite et de centre, ont tous gardé ce principe: faire tout ce qu'il faut pour rendre la vie invivable à une majorité des Palestiniens pour qu'ils s'en aillent. Ca a marché jusqu'à un certain point. Beaucoup de Palestiniens sont partis parce qu'ils ne peuvent pas gagner leur vie en Palestine. Quand un fermier ou une fermière perd sa terre parce que le mur lui a pris sa terre, ils n'ont plus les moyens de vivre. Ils ne peuvent plus continuer, s'ils ont des enfants, ils ne peuvent plus assurer le bien-être de leurs enfants. Et donc souvent ils pensent à partir, à aller ailleurs, où ils peuvent, pour nourrir leurs familles. Donc Israël a fait cela de façon très consistante. Le mur a été le dernier chapitre dans ce processus de colonisation. Ca va très bien avec la construction des colonies, construire le mur pour confisquer les meilleures terres agricoles et les sources. Beaucoup de gens disent: "C'est un mur de séparation." Eh bien, il sépare les Palestiniens de leurs terres. L'intention n'est pas seulement de séparer les Palestiniens des Israéliens. C'est une fausse façon de voir les choses. Il sépare les Palestiniens de leurs moyens d'existence: de leurs terres, de leurs centre-villes, de leurs hôpitaux, de leurs écoles. C'est ça le but principal du mur. Rendre la vie invivable aux Palestiniens.


NETTOYAGE ETHNIQUE PREMEDITE


Depuis qu'Israël a été créé, c'est connu, les historiens ont des documents là-dessus, il a été créé sur la Nakba, le nettoyage ethnique massif et systématique qui a été prémédité. Il a été très bien planifié par Ben Gourion et les autres dirigeants israéliens des années avant le plan de partition, donc ce n'était pas une réaction à quoi que ce soit, contrairement à ce qu'Israël dit maintenant. C'était un plan prémédité pour se débarrasser de la majorité des Palestiniens. Depuis cette époque, les Israéliens dans l'ensemble ont nié la Nakba, ils nient le nettoyage ethnique des Palestiniens qu'ils ont réalisé. Et ce déni n'est pas très différent du déni de l'Holocauste en fait. Sans parler des différences – et il y a d'énormes différences entre l'Holocauste et la Nakba, dont je ne vais pas parler maintenant, il n'y a pas de comparaison entre les deux injustices – mais les juifs israéliens ont majoritairement nié leur participation, leur rôle dans la Nakba, et c'est très proche de la négation de l'Holocauste.


Jusqu'à maintenant, une grande majorité des partis politiques israéliens, tous les partis sionistes, de gauche, de droite et du centre, ont nié la Nakba. Donc ils le justifient parce que leurs super victimes, les victimes de l'Holocauste, ont des droits supérieurs plus importants que les indigènes palestiniens, musulmans, chrétiens et juifs – les indigènes palestiniens incluent des juifs aussi. Ce discours profondément raciste, qui considère la population indigène comme des sous humains, ce n'est pas quelque chose de nouveau que les Israéliens ont inventé. Les Français en Algérie ont fait la même chose, au Vietnam, et les Britanniques et les Hollandais, les Européens ont l'habitude de ce principe colonial qui consiste à considérer les indigènes comme des sous humains, si tant est que ce soit des humains.


BOYCOTT DES INSTITUTIONS ISRAELIENNES...


Les institutions israéliennes, et particulièrement les universités, les institutions culturelles, économiques, sportives sont toutes complices. La complicité n'est pas seulement par le silence, ce n'est pas seulement qu'ils ne condamnent pas l'occupation, ce qui est un fait. Aucune université israélienne n'a jamais condamné l'occupation. Aucun syndicat d'enseignants israéliens n'a jamais condamné l'occupation ni appelé à mettre fin à cette occupation. Aucun, jamais. Le nombre total des universitaires israéliens qui a ouvertement appelé à mettre fin à l'occupation est de quelques centaines sur un nombre de 9000. Donc les universitaires israéliens sont comme tout le monde en Israël, très complices dans l'oppression. Malgré cela, le but de notre appel au boycott n'est pas les individus, il s'adresse aux institutions et c'est très important. Un boycott institutionnel appelle à boycotter les institutions à cause de leur complicité.


Les institutions culturelles et universitaires jouent un rôle extrêmement important dans la justification de tout le système de l'oppression. L'oppression n'existe pas seulement par l'intermédiaire des tanks et des avions, elle existe par de nombreux petits ambassadeurs qui sortent du pays et présentent une fausse image et qui justifient tous les crimes que les Israéliens commettent. Tout à fait récemment, les massacres israéliens à Gaza, des crimes de guerre massifs ont été commis par l'armée israélienne à Gaza, ce n'est pas seulement l'armée israélienne qui est coupable de ce massacre et des graves violations de la loi internationale, c'est tout l'establishment israélien, y compris les institutions universitaires, culturelles et autres. Pas seulement parce qu'ils n'ont rien dit contre les massacres – bien sûr ils sont restés silencieux, il n'y a pas eu de condamnation – ils les ont complètement soutenus. Ils sont apparus en soutien complet aux massacres en les justifiant "pour combattre la terreur palestinienne, c'est une riposte" et en donnant toutes les raisons possibles pour que le monde croie que c'était un type d'action qui relevait de l'autodéfense et pas un crime de guerre. Donc ils ont joué un rôle essentiel dans la justification des crimes de guerre. Bien sûr ils doivent être boycottés. Le deuxième argument est l'Afrique du Sud.


... COMME EN AFRIQUE DU SUD


Des gens qui disent maintenant que nous ne devrions pas boycotter les universités israéliennes, qu'est-ce qu'ils ont fait dans les années 80? Est-ce qu'ils n'ont pas eux-mêmes boycotté les institutions universitaires sud-africaines? En fait le boycott sud-africain était un boycott total contre toute chose et toute personne d'Afrique du Sud, pas seulement les institutions. Le boycott palestinien est contre les institutions. Les mêmes personnes qui dans les années 80 ont rejoint un boycott total contre tout ce qui était sud-africain et l'Apartheid sud-africain sont les mêmes personnes qui disent hypocritement maintenant que nous ne devrions pas boycotter Israël. C'est de l'hypocrisie, c'est deux poids deux mesures et c'est traiter Israël comme une exception.


BOYCOTT SPORTIF, ARTISTIQUE, ACADEMIQUE


C'est la même chose pour les équipes sportives, pour les groupes musicaux, il n'y a pas de différence. Ils sont complices de la justification des crimes de guerre israéliens. Ils vont en Europe et jouent de la musique, jouent des compétitions sportives comme si Israël était un Etat comme les autres et pas un Etat colonisateur, un Etat d'Apartheid. Ils aident à maintenir cette fausse image d'Israël en tant qu'Etat démocratique éclairé entouré d'une mer d'Arabes barbares. Cette image n'a pas été cultivée seulement par le ministère des affaires étrangères israéliens ou par l'armée. Elle a été principalement cultivée par les institutions culturelles, par les institutions universitaires et leurs participations dans des événements dans le monde entier. Donc bien sûr, les équipes sportives doivent être boycottées comme les équipes sportives sud-africaines l'ont été. Donc encore une fois, nous ne sommes pas en train de réinventer la roue.


L'appel palestinien au boycott a commencé en 2004-2005. Quelques années plus tard, nous avons déjà un soutien important de la part de syndicats importants, même en Europe, même au Canada et ça commence aux Etats-Unis aussi. Ce n'est pas un mouvement marginal, ça devient de plus en plus populaire, soutenu par des gens du poids comme John Burger et des artistes importants dans le monde entier soutiennent le boycott, Naomi Klein au Canada etcetera. C'est un mouvement qui prend de l'ampleur. En comparaison, l'appel au boycott de l'Afrique du Sud a commencé à la fin des années 50 et la société civile internationale a commencé à réagir dans les années 80. Les actions les plus importantes du boycott se sont déroulées dans les années 80. Il y a eu quelques actions pionnières du boycott dans les années 70, mais le boycott le plus important a été dans les années 80, ça a pris entre 25 et 30 ans pour que les Sud-africains voient une réaction. Nous avons vu une réaction beaucoup plus importante dans les principaux syndicats en 4 à 5 ans. Donc ça marche.


Nous espérons que la société civile partout dans le monde rejoindra la campagne BDS comme la campagne la plus efficace politiquement et moralement et par des moyens à notre portée pour qu'Israël rende des comptes, pour en finir avec l'impunité d'Israël, avec l'oppression d'Israël et pour donner une chance quelconque à un espoir de paix dans l'avenir.


 

Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 19:27

IL FAUT DIRE STOP À ISRAEL !

 

Nous constatons que loin de chercher une solution juste et pacifique avec les Palestiniens, Israël, à travers ses gouvernements successifs, s'engage toujours plus avant dans la violence de l'occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et du droit international. Cette situation a atteint un point culminant en 2009 avec l'offensive criminelle sur Gaza dont le siège se poursuit. Le nouveau gouvernement israélien ne programme, pour seul horizon, que le transfert des Palestiniens, la poursuite de la colonisation et un régime légal discriminant envers les citoyens palestiniens d’Israël qui s'apparente de plus en plus à celui de l'ex-Apartheid sud africain.

 

Les droits des palestiniens sont bafoués depuis trop longtemps, nous devons agir !

 

Nous considérons que la politique destructrice d'Israël se poursuit parce que personne ne l'arrête. La communauté internationale ne joue pas son rôle, l'Union Européenne et le gouvernement français les premiers :

Qui refusent de sanctionner les violations des droits humains par la suspension des accords d'association conférant à cet Etat un statut de partenaire commercial et économique privilégié.

Qui veulent même aujourd'hui imposer le renforcement de ces privilèges.

Qui ne suivent pas non plus les avis de la cour internationale de Justice les incitant à prendre des mesures contre l'illégalité du Mur dit de Séparation et contre la colonisation en Cisjordanie, ni même sur la détention de milliers de prisonniers politiques.

Cette communauté internationale ne fait rien pour empêcher les assassinats ciblés, l'emprisonnement de députés élus démocratiquement, les châtiments collectifs, ni pour la levée du siège de Gaza.

 

Nous, société civile française, citoyens, associations, organisations syndicales et politiques, décidons de nous engager activement dans la Campagne Internationale de BDS appelée à l'unanimité de la société civile palestinienne en 2005 :

 

...«Nous, représentants de la société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les hommes et femmes de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d'investissements contre Israël tels que ceux appliqués à l'Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. (...)

Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos Etats respectifs afin qu'ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël.

Ces mesures de sanction non violentes devraient être maintenues jusqu'à ce qu'Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des palestiniens à l'autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international.»…

 

Cet appel palestinien a été adopté par des centaines de mouvements progressistes internationaux dont de nombreux militants, associations et intellectuels israéliens opposés à cette politique coloniale.

 

Nous nous engageons à agir dans un cadre politique, citoyen et éthique, sur la base de la charte des principes jointe, pour une véritable mise en œuvre de cette campagne, en créant des cadres unitaires de mobilisation, d'information, et/ou d'action, ou au sein de collectifs déjà existants.

 

 

Paris le 16 juin 2009

Charte des principes qui guident notre action pour le BDS

 

1 - Le boycott représente une prise de position, c'est un acte de dénonciation politique qui se poursuivra jusqu'à ce qu'Israël s'engage clairement dans le respect du droit international, la fin de l'occupation et de la colonisation.

 

2- Cette campagne de Boycott de l'Etat d'Israël en tant qu'occupant et colonisateur, comme celle du Boycott de l'Afrique du Sud de l'Apartheid, n'est pas une fin en soi, destinée à discriminer une population. Elle constitue un outil de pression sur nos gouvernements pour qu'ils appliquent des sanctions et un levier sur le gouvernement israélien, qui servira à imposer la seule issue pour cette région : l'application du droit international et le respect des droits des Palestiniens.

 

3- Notre action est éthique, citoyenne et politique.

Elle s'inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme.

Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits.

Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas.

Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d'occupation israélienne et ses partisans.

 

4 - Nous nous engageons

À refuser d'acheter ou de consommer les produits et les services de l'économie israélienne ;

À refuser de participer à toute action culturelle sportive... promue en France par des institutions officielles israéliennes ;

À informer les partenaires commerciaux ou institutionnels des raisons de notre boycott ;

À mener des campagnes d'information et de sensibilisation du public sur les raisons du boycott, et sur les entreprises françaises qui participent à l'occupation et à la colonisation israélienne ;

À mener des actions d'information auprès des entreprises et comités d'entreprise français sur les produits israéliens et les raisons de cesser leur distribution.

 

5 - Notre action est non violente et respecte les personnes et les biens.

 

C'est le nombre de citoyens, associations, organisations syndicales et politiques qui nous rejoindront dans cette campagne solidaire et déterminée qui permettra d'atteindre ce but.


 

Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 17:30

Le Collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens

soutient l’appel à des sanctions contre Israël

jusqu'à ce qu'il applique le droit international et les principes universels des droits de l'Homme

 

Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens s'est attaché depuis sa fondation à organiser les mobilisations unitaires pour le respect du droit international et en solidarité avec le peuple palestinien, relayant en France les voix des acteurs engagés pour la paix et la justice. Notre collectif s'est ainsi engagé dans la campagne palestinienne contre le Mur d'annexion israélien et pour la suspension des accords d'association Union Européenne / Israël.

 

Quatre ans après l'avis de la Cour Internationale de Justice qui proclame l'illégalité du Mur et de la colonisation, force est de constater que nos gouvernements n'ont pas pris les mesures nécessaires pour contraindre l'Etat d'Israël à se plier au droit international. En refusant de reconnaître le droit à un Etat pour le peuple palestinien et en accentuant la colonisation de territoires illégalement occupés, en construisant un mur au delà de la ligne verte reconnue internationalement, avec pour effet d'annexer de nouveaux territoires appartenant à la Palestine, en maintenant les entraves qui limitent gravement le droit de circulation des Palestiniens, en refusant de reconnaître le droit au retour des réfugiés palestiniens, en discriminant gravement les droits démocratiques des citoyens palestiniens d'Israël, en interdisant tout développement économique, en se rendant coupable à Gaza de crimes de guerre contre toute une population civile, déjà assiégée, appauvrie, et affamée depuis des mois par un blocus illégal, Israël s'enfonce toujours plus avant dans le déni de tous droits au peuple palestinien, en toute impunité.

 

C’est pourquoi le Collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, comme de nombreuses organisations à travers le monde, soutient la demande de la société civile et politique palestinienne pour que des sanctions soient appliquées à Israël, dans le cadre de l'initiative non-violente Boycott, Désinvestissement, Sanctions, jusqu'à ce qu'il respecte le droit international et les principes universels des droits de l'Homme.

 

Le Collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens s'engage à intensifier ses efforts pour relayer l’initiative prise par la société civile palestinienne et lui donner une traduction concrète dans ses actions. Le Collectif National appelle toutes les organisations engagées pour le respect du Droit international et la paix à rejoindre et à relayer ses revendications, tant que le droit international est bafoué :

 

  • Boycott des produits israéliens car ils ne respectent pas les normes de traçabilité permettant de distinguer les produits en provenance des colonies illégales d'Israël dans les territoires palestiniens occupés

  • Désinvestissements des entreprises étrangères tirant profit de l'occupation et de la colonisation

  • Sanctions contre Israël, et en particulier suspension des accords d'association UE / Israël tant que les droits de l'Homme sont bafoués, arrêt de la coopération militaire France / Israël, embargo sur les ventes d'armes à Israël

 

Le Collectif National appelle toutes les organisations à mener des campagnes de mobilisation pédagogiques conservant un caractère citoyen et non violent.

 

Premiers signataires :

Alliance For Freedom and Dignity- France (AFD-France),

Association des travailleurs maghrébins de France ( ATMF)

Association des Tunisiens en France (ATF)

Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)

Association pour les jumelages entre les camps de réfugies palestiniens et les villes françaises (A.J.P.F.)

Campagne Civile de Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP)

CICUP

CPPI Saint-Denis (Collectif Paix Palestine Israël)

Droit-Solidarité

Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR)

Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE)

Fédération Syndicale Unitaire (FSU)

Génération Palestine (GP)

GUPS - Union Générale des Etudiants de Palestine

La Courneuve-Palestine

Le Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix (PAOR)

Les Alternatifs

Les femmes en Noir

Les Verts

Ligue des Droits de l'Homme (LDH)

Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)

Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

Organisation de Femmes Egalité

Parti Communiste Français (PCF)

PCOF

Solidarité Palestine 18°

Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT)

Union Juive Française Pour la Paix (UJFP)

Union syndicale Solidaires

Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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