Génocide nazi

Samedi 16 février 2008
MRAP  :

Mémoire des enfants de France exterminés par le nazisme : une insoutenable identité nationale !
Lors du dîner annuel du CRIF  le Président de la République a annoncé que chaque élève de CM2 « se voient confier la mémoire de 11000 enfants français victimes de la  Shoah ».
Mouvement issu de la résistance au nazisme, le MRAP est favorable à toute initiative permettant de pérenniser le souvenir des crimes racistes et de veiller à leur disparition définitive.
Si l’intention d’entretenir la mémoire est en la circonstance louable, voire nécessaire, le MRAP s’interroge fortement sur l’opportunité et la forme de la démarche annoncée.
Cependant le MRAP  s'interroge, comme la plupart des éducateurs,   et des pédopsychiatres sur les « parrainages individuels d’enfants juifs assassinés. » Des enfants de dix ans auront-ils les connaissances historiques et la maturité nécessaires pour comprendre que la déportation de 11 000 enfants par la police de l’État  français de Pétain, puis leur assassinat dans les chambres à gaz, s'inscrit dans un système industriel de la mort planifiée ?
Rien n'est moins sûr !
L'enseignement du génocide  ne peut se concevoir sans un travail pédagogique qui permette de comprendre ce que fut la barbarie nazie afin d’éviter une démarche culpabilisante et mortifère
Après la décision de faire lire  la lettre du Guy Môquet dans les écoles ou les vestiaires de rugby, cette nouvelle mesure peut apparaître une fois encore  comme une instrumentalisation de l’histoire et non comme le signe d’une volonté sérieuse, intégrant dans une réflexion collective, les différents partenaires de la communauté scolaire.
Le MRAP ressent en outre un profond malaise face à ce qui constitue un inacceptable « tri sélectif » des mémoires dans la mesure où les victimes Tsiganes de l’extermination nazie (Samudaripen) restent une fois encore ignorées du discours des plus hautes autorités de l’Etat.
Si 11 000 noms d'enfants juifs sont inscrits sur le mémorial de la Shoah, d'autres enfants non-juifs, les ont accompagnés dans l'horreur.
Toutes ces victimes et leurs parents étaient françaises, étrangères, apatrides, réfugiées, clandestines. Ni Vichy ni Hitler n’avaient cure de passeports ou de papiers.
Comment expliquer à des écoliers, que parmi les enfants terrorisés que l'on regroupait sur le même pallier d'un immeuble pour les envoyer vers la mort, il leur faudra se souvenir des seuls « enfants français victimes de la Shoah » ?
Comment accepter cette préférence nationale présidentielle, jusque dans le souvenir de l'indicible douleur des personnes assassinées par la barbarie ?
Le MRAP tient à rappeler l’existence d’outils essentiels pour  la valorisation de lieux de mémoire tels Ysieux Il existe également sur les murs de chaque école où des enfants juifs furent raflés pour être exterminés une plaque le rappelant aux passants et, à l’intérieur de l’école,  une liste de chacun des petits assassinés avec leur nom et leur âge. Ainsi, la mémoire de ce crime contre l’humanité auquel la France a participé se perpétue dignement.
Le MRAP rappelle que c’est la négation de la pleine humanité de l’autre qui est à l’origine de tous les crimes racistes, d’hier et d’aujourd’hui. Il condamne toutes opérations de récupération politicienne, quelqu’en soient les auteurs,  qui encourageraient la concurrence des mémoires.

Paris, le 15 février 2008

UJFP :
Le devoir de mémoire entre morbidité et abjection.
 
Dans son intervention au dîner du CRIF, Nicolas Sarkozy a « demandé au ministre de l'Education nationale de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».
Ainsi Nicolas Sarkozy rejoue la manipulation de la mémoire qu'il avait inaugurée avec Guy Môquet et demande aux instituteurs de se soumettre à sa volonté.
Mais ici l'effet mémoire, dont Nicolas Sarkozy semble friand, relève d'une triple manipulation : manipulation des instituteurs obligés de jouer le jeu morbide du devoir de mémoire, manipulation de jeunes élèves auxquels on demande un jumelage tout aussi morbide avec un enfant juif victime de la barbarie nazie, manipulation de la mémoire qui apparaît ici comme une insulte aux victimes du génocide.
Discours démagogique prononcé lors de ce dîner du CRIF qui apparaît chaque année comme un des grands moments de la publicité sioniste, discours qui accompagne le traditionnel éloge d'Israël, ce petit Etat qui fête son soixantième anniversaire dans la douleur des massacres perpétrés par son armée contre les Palestiniens.
Et c'est au nom de l'amitié de Nicolas Sarkosy envers Israël que le CRIF accepte cette monstruosité proférée par le Président de la République.
Mais faut-il s'en étonner ? D'une part, des "responsables" de la communauté juive qui ne veulent voir dans les Juifs que des soutiens inconditionnels à la politique israélienne, d'autre part, un président de la République prêt à toutes les démagogies qui remet au goût du jour un soutien inconditionnel de la France à Israël. Quoi de mieux que de jouer le devoir de mémoire, même si ce jeu est abject, pour montrer son attachement à Israël da la part d'un qui déclare, lors de ce même dîner : « Je ne serrerai pas la main de gens qui refusent l'existence de l'Etat d'Israël ».
En mettant en avant, au nom du devoir de mémoire, le seul massacre des Juifs par les nazis, on oublie le massacre des Tziganes par les nazis.
On oublie aussi les crimes de la colonisation.
On oublie enfin la xénophobie d'Etat et la pratique de la chasse aux métèques qui a marqué l'histoire récente et continuée aujourd'hui sous la houlette du président de la République.
C'est cette politique qui conduit le chef de l'Etat à jouer les communautés les unes contres les autres et à laisser se développer la concurrence des victimes.
L'appel à la célébration de la Shoah n'est plus qu'une forme abjecte de clientélisme.
Les Français juifs devraient comprendre que cet appel, qui tend à les présenter comme des privilégiés, va à l'encontre de l'égalité des droits des citoyens français et ne peut que favoriser l'antisémitisme. Les Juifs y apparaissent comme les amis d'un Etat xénophobe, oubliant qu'ils ont été eux aussi les victimes de la xénophobie et de la chasse aux métèques. On voit ici se rejoindre judéophilie et judéophobie.
 
On ne peut accepter qu'un Président de la République se livre à de telles pratiques, lesquelles ne peuvent que contribuer à renforcer les clivages communautaires. Mais on sait que ces clivages sont, pour Sarkozy, un moyen d'asseoir son pouvoir.
ABJECT !!!
Paris, le 15 février 2008
--
ce message vous est envoyé par le secretariat de l'UJFP
tel: 06 25 36 63 70
site: www.ujfp.org
Par François
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