Propagande israélienne en France

Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /2007 16:37
Après la longue liste des galas de soutien à l'armée israélienne organisés chaque année dans les plus grandes salles parisiennes et sous protection de la police française, c'est au tour de la mairie du 16ème arrondissement de se faire l'alliée de l'armée d'occupation. Les 16 et 17 octobre 2007 avait lieu une « Grande Vente de Prestige », selon les termes de l’association France-Israël, organisatrice de cet événement qui s’est tenu dans les salons de la Mairie du 16ème.

Les organisateurs se sont félicités cette année de voir ouvrir un « grand stand spécialement pour les gilets para-médicaux à l’attention des soldats israéliens ». Ainsi, les bénéficies réalisés sur ce stand, ainsi que les dons des visiteurs, serviront à financer ces fameux gilets. Une précision s'impose cependant puisque ce type de gilet....n'existe pas. Les organisateurs auront sans doute préféré l'appellation « paramédicaux » au terme « gilets pare-balles » nettement moins glorieux surtout lorsqu'il s'agit d'une armée d'occupation dénoncée maintes fois pour ses crimes de guerre.

L'association Génération Palestine dénonce avec la plus grande vigueur la tenue de cet événement honteux au sein d’une institution de la République. En tant que jeunes de France et d'Europe nous refusons que nos « représentants » ainsi que nos impôts permettent de dérouler le tapis rouge à l'armée israélienne sur notre sol. Le secrétariat de cabinet du maire du 16ème, M. Taittinger, contacté par nos soins, nous a précisé qu’ils ne « faisaient pas de politique, qu’il s’agissait d’un évènement humanitaire ». Nous lui avons donc demandé si nous pourrions faire un évènement humanitaire du même type, dans les salons de la Mairie, au profit des blessés et nécessiteux palestiniens et libanais, et nous avons été invités à contacter Mme Boulay-Espéronnier. Celle-ci confirme avoir participé à l’évènement, et « prend acte » de notre interpellation et promet des éclaircissements rapides sur cette affaire. Vous trouverez ci-dessous la lettre qu’un de nos membres lui a adressée.

Un camarade de Metz a adressé ce courrier à la mairie du 16ème :

Monsieur le Maire,

                        j'apprends avec grand étonnement que la mairie du XVIème a soutenu financièrement une manifestation en faveur de l'armée israélienne d'occupation.
Dans le contexte actuel du refus, par Israël, de la proposition de Paix faite par les 22 pays de la Ligue arabe en conformité avec le Droit international, soutenir Israël c'est accepter de privilégier la force plutôt que le respect du Droit.
                        Les véritables amis d'Israël sont ceux qui les incitent à accepter un compromis historique qui leur permette d'envisager une intégration dans la région, seule garante de l'avenir à long terme d'Israël.
                        Il faut ouvrir les yeux sur le coût humain des conflits du Proche-Orient pour les populations locales: des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et certains rêvent encore de bombarder l'Iran(!). Cette stratégie du chaos  ne peut que déboucher sur plus de violence. Ce ne sont pas des gilets pare-balles qui assureront la sécurité d'Israël, mais une recherche sincère d'un compromis acceptable.
Penser que la priorité est au soutien de l'armée israélienne et ne pas s'élever contre le classement de Gaza comme "entité hostile" procède d'un aveuglement coupable.
                        Nous avons besoin plus que jamais, d'hommes politiques lucides et courageux, au service de la Paix!
            Veuillez agréer, Monsieur le Maire, mes sincères Salutations.

Et voici la réponse !!

La Mairie du XVIème reçoit chaque année de nombreuses Associations Françaises qui organisent des ventes de charité sous leur seule responsabilité au profit de leurs ouvres sociales.
Nous n'avons jamais reçu à ce sujet la moindre critique ou la moindre observation.
La Mairie du XVIème Arrondissement.

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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /2007 20:34
Les justes
( Pierre Stambul )
 
[ Extrait ]
 
La prétention des autorités israéliennes de parler au nom des rescapés du génocide est une escroquerie à plusieurs titres : l’écrasante majorité des morts n’étaient pas sionistes et ignoraient même tout de cette idéologie. Beaucoup n’étaient pas croyants. Ils n’avaient rien à voir avec Israël qui n’était en rien une solution à leur persécution. Les Sionistes n’ont joué qu’un rôle marginal dans la résistance juive au nazisme qui était essentiellement communiste et bundiste. Pire, même à une époque où le génocide avait largement commencé en Europe, les Sionistes continuaient à avoir une préoccupation unique : construire leur « Etat Juif ». Comment peut-on justifier l’assassinat de soldats anglais par des groupes sionistes en 1942 ?
Donc présenter Israël comme une issue salvatrice après la catastrophe est une réécriture de l’histoire et une captation d’héritage et de mémoire. Nous avons besoin de nous souvenir, pour que de telles horreurs ne reviennent jamais, pas pour justifier la Naqba.
 
archivé sur
 
 
Al-Oufok
 
 
Inscription par envoi d'un message à
assawra-subscribe@yahoogroupes.fr
 
Non au terrorisme de l'État d'Israël
contre les peuples palestinien et libanais
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=32
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /2007 21:22
JUSTICE
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Des dons qui dérangent
Le Comité de soutien de secours aux Palestiniens a-t-il été diffamé par ce grand hebdo parisien? C’est la question qui était posée hier à la cour d’appel.
NANCY. - L’interview, parue dans cet hebdo parisien le 2 mai 2005 et mise en ligne dans la foulée, aura fait couler beaucoup d’encre. Fiametta Venner, politologue et chercheuse au CNRS, affirme dans cet écrit destiné à assurer la promotion de son livre « OPA sur l’Islam, les ambitions secrètes de l’UOIF », que cette dernière (Union des organisations islamiques de France) « finance et soutient le CBSP (Comité de soutien et de secours aux Palestiniens), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des frères musulmans. L’argent est destiné aux familles des orphelins de Palestine. Mais comment sont morts les parents de ces orphelins? Le CBSP aide financièrement des enfants de « martyrs « , morts dans attentats kamikazes du Hamas »
« Effacer toute distinction entre le CBSP et le Hamas »
Peut-on écrire qu’une association finance le Hamas, reconnue organisation terroriste? Telle est la question posée ce Mercredi à la cour d’appel de Nancy. Qui s’est donné jusqu’au 9 janvier pour y répondre.
Pour Me Liliane Glock, qui avait obtenu la condamnation de Fiametta Venner en première instance (1.500 euros d’amende avec sursis; le directeur de la publication avait, lui, été relaxé), la diffamation ne fait pas de doute:
« Le CBSP, association française à but humanitaire, a récolté cette année pas loin de 10 millions d‘euros, qui seront reversés aux Palestiniens. C’est une particularité de ta religion musulman :e l’obligation de faire l’aumône. Mais dire que le CBSP finance le Hamas perte atteinte à son honneur et à sa considération. Car la branche armée du Hamas est inscrite depuis 2001 par le Conseil de l’Europe sur la liste des entités terroristes. Et l’aile politique depuis 2003. Fiammetta Venner explique que son enquête a été sérieuse mais elle a surtout pioché dans la bibliothèque de sa chapelle...
Pour Jacques Santarelli, l’avocat général, « le sens de l’article vise à effacer toute distinction entre le CBSP et le Hamas. Le CBSP ne serait qu’une de ses émanations, sonbras financier». Le représentant du parquet réclame la confirmation du premier jugement.
L’article incriminé porte sur l’UOIF et non pas sur le CBSP », soutient Me Bénédicte Litzler, conseil de la politologue et du directeur de la publication. « Fiammetta Venner demande juste d’avoir le droit à la simple critique. » Et l’avocate parisienne d’énumérer les pays qui ont classé le CBSP comme association terroriste, gelé ses avoirs ou réalisé des enquêtes sur ses comptes bancaires.
Condamnation en octobre
Ce n’est pas la première fois que le CBSP poursuit pour diffamation. Me Liliane Glock a fait condamner, en octobre dernier, par la cour d’appel de Nancy, le pasteur responsable du site internet “Top Chrétien”.
En mars 2005, le CBSP y avait relevé un article qui assurait que « Tsahal, lors de certaines opérations militaires, avait saisi des documents qui attestaient que le CBSP aurait fourni un soutien financier au Ramas. Ces fonds auraient été destinés à des familles de terroristes qui ont perpétré des attentats ». Une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée. Relaxé en première instance par le TGI de Nancy, le pasteur avait été condamné à une amende de 1.500 euros avec sursis et à verser 5.000 euros de dommages et intérêts.
 
Eric NICOLAS
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /2007 20:43
COMMUNIQUE

Les criminels de guerre israéliens ne sont pas les bienvenus en France !
 
L’association France-Israël, « Avocats sans frontières » et la revue Controverse organisent un colloque le lundi 10 décembre à Paris. Des responsables et promoteurs des crimes de guerre israéliens y sont invités pour conférer sur le « processus » de paix. Outre les propagandistes de l’extrême-droite israélienne, dont notamment le leader et ancien premier ministre Likoud Benyamin Netanyahu, le Général Moshé Yaalon figure parmi les intervenants. Le Général Yaalon a été chef d’état-major de l’armée israélienne du 9 juillet 2002 au 1er juin 2005, directement sous les ordres d’Ariel Sharon. L’armée d’occupation israélienne a commis sous sa responsabilité plusieurs violations graves des droits de l’Homme et des crimes de guerre dans les Territoires palestiniens occupés.
 
Yaalon est tristement célèbre pour avoir ordonné le largage d’une bombe d’une tonne sur le quartier d’Al Daraj, un des plus densément peuplés du monde, dans la ville de Gaza, dans le but d’assassiner Salah Shehadeh. En plus du leader du Hamas, la bombe a tué 15 personnes. La maison de Ra’ed Mattar, située à quelques mètres de l’explosion, a été complètement détruite, et 7 membres de sa famille ont été tués, dont son épouse, sa sœur et trois de ses enfants. Cet épisode illustre de façon exemplaire la réalité de la politique israélienne des exécutions extrajudiciaires, qui ont fait 671 victimes, dont 212 civils. Ces exécutions sommaires ne sont qu’un des aspects criminels et illégaux des pratiques courantes de l’armée israélienne.
Malgré plusieurs années d’efforts pour le faire juger, la Cour israélienne a rejeté toutes les pétitions demandant une enquête criminelle.
 
Yaalon a déjà fait l’objet d’un dépôt de plainte, lors de sa visite en Nouvelle-Zélande, par le PCHR (Palestinian Center for Human Rights) et le cabinet d’avocats Hickman & Rose. Il devait y être jugé selon une loi affirmant que les suspects de crimes de guerre peuvent être traduits en justice hors de leur pays d’origine selon le principe de compétence universelle. L’intervention de responsables politiques néo-zélandais a évité de justesse au Général Yaalon son arrestation.
 
Après les réussites des démarches judiciaires en Grande-Bretagne, qui ont mené à l’annulation des séjours des généraux Doron Almog, Aviv Kokhavi et Avi Dichter et en Belgique, où Ariel Sharon avait craint d’être arrêté, nous ferons le maximum pour que les criminels de guerre israéliens soient jugés et qu’ils ne puissent se pavaner dans notre pays malgré l’absence dans la législation française du principe de compétence universelle.
 
 
Déjà, la tenue annoncée d’un gala de soutien aux Magav, la police israélienne des check points, nous donnera l’occasion d’exprimer notre condamnation du soutien financier et moral apporté à une armée d’occupation.
 
En attendant
 
  • Nous appelons toutes les personnes indignées à appeler la Maison du Barreau, qui accueillera ce colloque de la honte, pour demander son annulation : 01 44 32 48 05
 
  • De plus, nous invitons à interpeller la médiatrice et la direction de la rédaction du journal Le Monde, qui a accepté de faire la publicité à ce colloque, alors même que la demande de publication d’une annonce payante pour protester contre le gala de soutien au Magav avait été refusée en janvier dernier. Envoyez vos mails à :
Eric Fottorino, directeur de la rédaction : fottorino@lemonde.fr
Véronique Maurus, médiatrice : maurus@lemonde.fr
 
 PREMIERS SIGNATAIRES :
Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Génération Palestine
Union Générale des Etudiants Palestiniens (GUPS-France)

Extrait annonce du colloque, parue dans Le Monde et dans plusieurs sites de l’extrême droite sioniste.
 
Avocats sans frontières, France-Israël et la revue Controverse organisent un colloque international à la Maison du Barreau (Paris, Ier arrondissement) le 10 décembre (9 h-18 h), sur les lendemains de la conférence d’Annapolis. S’exprimeront l’ancien chef d’état-major d’Ariel Sharon, le général Yaalon, Shmuel Trigano, Michel Gurfinkiel, Gilles William Goldnadel. Benjamin Netanyahou, ancien Premier ministre, donnera son point de vue de chef de l’opposition avant de rencontrer le président Nicolas Sarkozy.
 
Lundi 10 décembre 2007 de 9h30 à 18h
Maison du Barreau, 11 place Dauphine, Paris 1er. (Métro: Pont-Neuf, Cité)
 
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /2008 20:33

www.info-palestine.net


Salon du Livre : une tranche de la vie culturelle à Paris

vendredi 28 mars 2008 - Benny Ziffer - Haaretz

 

 

 

Paris - Quarante personnes, toutes épanouies tels coqs en pâte, sont venus dans cette capitale. Des écrivains. Il s’agit des Quarante Héros sélectionnés dans la communauté des OS du stylo d’Israël (territoires occupés compris), afin de représenter ce pays au Salon du Livre, une foire internationale de l’édition qui se tient, chaque année, à Paris.

Ils avaient été écrémés de la quintessence de la littérature hébraïque. Il faut le comprendre : des gens aigris n’étaient pas particulièrement désirés, ici, en tant qu’ambassadeurs, ni non plus les affamés, les handicapés et les malades, ou encore les haineux et les frustrés. Non, ce qu’on voulait, c’était plutôt des gens à succès, sachant manier le couteau et la fourchette et s’essuyer la bouche avec une serviette. Bref : ceux qui connaissent les règles du jeu du monde littéraire international...

C’est important, vous savez ; en effet, cette année, Israël était l’invité d’honneur (sic) de cette foire du livre, qui s’est terminée mercredi, et les invités représentaient donc le pays qui va bientôt célébrer le soixantième anniversaire de son indépendance (re-sic). Et même si, entre nous soit dit, nous savons très bien ce que vaut notre pays, il n’est jamais agréable d’étendre notre linge sur le fil, alors qu’il est encore sale.

Enfin : à petites doses, ça passe encore, car il est important de montrer qu’en Israël, contrairement aux pays arabes voisins, les intellectuels n’ont pas peur de critiquer leur pays dans les termes les plus acérés qui soient. Et c’est important, aussi, de montrer que nous souffrons énormément, et pas seulement à cause de l’occupation, mais aussi à cause de cet Holocauste, mais oui, ce même Holocauste dont vous, vous, nos splendides amphitryons, êtes un petit peu responsables sur les bords et donc, fondamentalement, vous nous devez cette hospitalité, en compensation très partielle de ce que vous nous avez fait subir. Et, de toute façon, qu’avez-vous à y redire ? Si on vous offrait, à vous, bâtards envieux que vous êtes, plusieurs jours à l’œil dans un excellent hôtel parisien, avec petit-déjeuner somptueux, cocktails et dîners dans des salles de bal toutes de velours et de dorures, vous n’iriez pas ? Ne me faites pas rire...

L’événement, sur cinq jours, se tenait dans un vaste hangar du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris. Vendredi matin, trois personnes se tenaient au bord de l’allée conduisant à la foire, distribuant des tracts de l’Union Juive pour la Paix (The French Jewish Union for Peace, en English). Des adultes très mûrs - une dame et deux messieurs. Le sujet du tract qu’ils distribuaient était : « Se Souvenir et Oublier ». Voilà ce que ça disait : « Est-il acceptable, pour la France, de célébrer le soixantième anniversaire d’Israël, alors qu’une guerre impitoyable d’occupation et d’oppression fait rage, là-bas ? » [Retraduit de l’anglais, ndt]

Soudain, une bande de jeunes franco-juifs surgis du néant les entourèrent et se lancèrent avec eux dans une discussion pleine de passion et de fureur. Quand je suis arrivé près d’eux, le principal porte-parole des jeunes en question était déjà tout rouge de colère. J’ai essayé de le séparer du juif âgé qui lui faisait face, mais il arracha les tracts des mains de celui-ci et il les déchira en mille morceaux. Ce fut un signal : ses potes entrèrent dans la bataille, arrachèrent les tracts des mains des deux autres personnes et les éparpillèrent un peu partout.

La femme se mit à courir, appelant à l’aide. Ils se lancèrent à sa poursuite et lui donnèrent des coups dans les côtes. Elle se tordit de douleur, mais non sans avoir réussi à asséner une bonne torgnole à l’un des jeunes nervis. Le chef du gang la gifla en retour, puis se retira du champ de bataille, portant haut sa tête sur son cou raide et altier, irradiant son triomphe.

Ah, et puis voici une autre scène, que nos écrivains hébreux n’ont pas pu voir, car la réalité semble toujours un peu meilleure, quand on la voit à travers les vitres d’une limousine comme celle qui les véhiculait, faisant la navette entre l’Hôtel Bedford, à côté de l’église de La Madeleine et le Salon, et qui, de là, les emmenait vers leurs dîners de gala. Samedi après-midi, il y eut une manifestation de Palestiniens, sur le trottoir opposé à l’entrée du Parc des Expos. Oh, pas une grosse manif. Ils protestaient contre la famine imposée à Gaza. Quelques femmes portaient une grosse pancarte. Elles exhortaient les médias français à « montrer la réalité ». Elles criaient : « Les sionistes sont en train de perpétrer un nouvel Holocauste ! » et « Vive la Résistance palestinienne ! » Les gens qui se déversaient de la bouche de métro, et ceux qui sortaient du Salon se mélangeaient aux manifestants, et regardaient cette scène, médusées. Juste au même moment, les écrivains Amos Oz, Etgar Keret et Orly Castel-Bloom débattaient au sujet de la langue hébraïque, sur une tribune, au salon, dans un hall temporairement baptisé « Salle Eliezer Ben-Yehuda ».

Chacun d’entre eux jouait le rôle qu’on attendait de lui (ou d’elle) : Oz dans le rôle pontifiant de quelqu’un qui écrit pointu, mais admire grandement l’hébreu-de-tous-les-jours de ses jeunes collègues ; Keret dans celui du type confus, commençant une phrase sur deux avec des formules du genre : « Voyez-vous, je pense qu’il y a, là, quelque chose... », un genre de dépendeur d’andouilles à la Woody Allen, fils de rescapés de l’Holocauste, qui a appris de ses parents à être en permanence sur ses gardes ; et Castel-Bloom dans le rôle de celle qui se trouve là par le plus grand des hasards, et qui ne sait pas trop quoi dire ; dans le rôle de celle pour qui c’est tellement emmerdant, de devoir se montrer là, comme dans la vie, de manière générale - comme si elle n’avait pas décidé elle-même de venir ici et de s’éclater durant toute une semaine, entre petits-soins à la française, courbettes et tout le tralala...

Après qu’elle eut confié au public la manière dont elle venait de passer trois mois à Boston, et à quel point ce fut un calvaire, j’ai eu ma dose, et je suis parti. Les écrivains à succès savent qu’ils doivent distraire les gens. S’ils ont du succès, d’ailleurs, c’est parce qu’ils excellent dans l’art d’amuser la galerie. Le hall était bondé de monde. Mais quand on a l’estomac qui gargouille, on n’est pas très bon, dans l’animation. C’est pourquoi, généralement, les organisateurs veillent à ce que les écrivains sont complètement rassasiés, et qu’on les fait manger au bon moment.

« C’est pas gentil-gentil, tous ces bobards que vous diffusez sur notre compte », me siffle, le lendemain, courroucée, Anita Mazor, attachée culturelle de l’ambassade d’Israël à Paris, en me tendant un verre de Coca-Cola. Dans le stand israélien du Salon, il y avait une petite salle de repos pour les gens épuisés. « J’espère que vous aller faire ce qu’il faut pour corriger ces mensonges... » Elle appela Sylvia, du service Arts et Littérature, au ministère des Affaires étrangères, à la rescousse. L’une comme l’autre arboraient des bijoux en forme de colombe de la paix.

Voici ce que me dit la femme du « service littérature » : « Quand un pays arabe, comme l’Egypte, par exemple, sera l’hôte d’honneur du salon du livre, vous allez appeler à son boycott, aussi ? » Elle était furieuse contre moi, parce que, dans mon blog, j’ai appelé les écrivains hébraïques à ne pas devenir des propagandistes, et j’ai dit, sur une radio française, je cite de mémoire, qu’un écrivain ou un artiste dont le voyage est payé par le ministère des Affaires étrangères doit signer un engagement à ne pas critiquer l’Etat d’Israël ou la politique officielle du ministère. Ces dames ne voyaient pas à quoi j’avais fait allusion. Ensuite, elles dirent qu’en réalité, il avait bien existé un tel formulaire administratif, mais qu’il avait été supprimé, ou qu’il n’allait pas tarder à l’être, au cas où il aurait encore existé... Si tel est bien le cas, OK : je m’excuse. Après plusieurs jours consacrés à l’observation anthropologique de cette tribu de plumitifs, j’ai pris conscience qu’ils sont incapables d’être des agents de propagande car, comme je l’ai déjà relevé, ils sont principalement préoccupés de leur propre personne et, si ce n’était pas le cas, d’ailleurs, ce ne serait pas des écrivains. Ou bien, comme me l’a dit le poète Ronny Someck dans la salle des départs de l’aéroport international Ben-Gourion, citant la journaliste télé israélienne Ayala Hasson, qui avait fait la remarque suivante, après avoir appris que l’avion en partance pour Paris était totalement occupé par des écrivains en partance pour Paris : « C’est pas grave. D’ailleurs, cet avion a-t-il besoin d’un pilote ? Il décollera tout seul, sous l’action de tous ces egos surdimensionnés, dans la carlingue... »

Oh, le saint Ego. A cause de cette remarque, j’aurais pu avoir déjà écrit cet article, bien avant le voyage lui-même. J’aurais pu écrire quelque chose au sujet d’un jeune écrivain - appelons-le Yossi - qui m’a téléphoné pour me demander pourquoi, à mon avis, il n’avait pas été invité à Paris, et si c’était réellement en raison de ses opinions d’extrême-gauche. Je confirmai ses craintes, simplement afin qu’il n’ait pas l’impression que sa non-invitation n’avait pas une bonne raison. Et pourquoi Natan Zach, le roi universellement reconnu des poètes israélien, n’a-t-il pas été invité, lui non plus ? Et j’aurais pu écrire quelque chose sur Aharon Shabtai, un poète, et un Juste de la vérité. Lui, de fait, avait été invité au Salon du Livre de Paris, et il fut le seul à répondre à l’appel lancé aux écrivains de langue hébraïque à ne pas collaborer avec l’Etat, il avait donc exigé que les organisateurs du salon supprime son nom de la liste des invités, disant qu’il ne voulait pas que ses livres soient présentés lors de ce salon.

Les autres écrivains, eux, n’avaient rien vu, rien entendu. Enfin, ils avaient entendu dire que certains des ennemis d’Israël boycottaient le salon du livre, mais ils n’étaient pas du genre de balourds à s’écraser devant un boycott. Au contraire : cela ne fit qu’exciter leur fringale pour le dramatique. Ce fut le cas, notamment de cette poétesse - appelons-la Nurit - qui me coinça à l’entrée de la salle à manger de l’Hôtel Bedford, le dimanche matin, pour me dire qu’elle redoutait réellement que le salon ne se termine par une réédition des Jeux Olympiques de Munich. Et qu’elle était contre le boycott, et qu’un boycott, ça ne fait que punir celui qui l’organise, et patati et patata. Intelligemment, ou non, elle se faisait l’écho de ce qu’avait dit le président Shimon Peres à la télévision française deux jours auparavant, sur le même sujet. Aurait-elle adopté une position aussi éthique, s’il s’était agi d’un boycott contre l’Iran, ou contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, voici de cela quelques années ?

Nous sommes passés à la salle à manger, afin qu’Assaf Gruber, le célèbre photographe, puisse prendre quelques vues intéressantes des écrivains. Comme l’a dit à très juste titre le poète Agi Mishol, qui était sorti de cette salle à manger in extremis : « Vous êtes venus faire vos paparazzi ?... » Oui, nous sommes venus en tant que paparazzi, et nous avons vu se succéder des groupes d’écrivains, assis autour de nappes blanches, sirotant leur café dans des tasses en porcelaine fine, et buvant du jus de raisin rouge dans des verres en cristal taillé main. Regarde : c’est Eli Amir, et puis là, c’est Igal Sarna, qui me hèle, avec sa camaraderie de Sabra : « Ziffer, rapplique un peu par-là », et qui me serre chaleureusement la main.

Et puis il y a, aussi, les Gouri, ce couple qui ne souhaite pas être photographié tandis qu’ils sont en train de manger, parce que le mari a un pressentiment qu’il y a anguille sous roche. Quelqu’un de bien, ce Gouri. Quand nous nous sommes rencontrés, dans le magasin duty-free de l’aéroport Ben Gourion, il m’a dit, comme s’il s’agissait d’une question d’une extrême importance, qu’il y avait eu une coquille dans son nouveau recueil de poèmes (qui doit sortir incessamment sous peu) ; son poème sur Abu Dis avait vu disparaître la mention selon laquelle ce poème avait déjà été publié dans la section « Culture et Littérature » du journal Haaretz. Comme c’est loin de Paris, Abu Dis !...

M. et Mme Oz prenaient leur petit-déjeuner dans une salle séparée, loin de la foule exaspérante. Ils consentirent, de fait, à ce qu’on les photographiât. Un soir, durant un débat, au salon, le modérateur qualifia Oz de Louis XVI de la littérature hébraïque... Eh bien, je vais vous dire un truc : dans ce cadre-là, il ressemble tout-à-fait au Roi Soleil ! Etre un roi d’Israël, c’est apparemment un rôle que vous ne pouvez pas lâcher ne serait-ce qu’une minute ; même pas quand vous prenez vos repas !

Il n’y a que toi, A.B. Yehoshua, à ne jouer aucun rôle royal. Tu parles à tout le monde, tu t’intéresses à tout. Tu es ce qu’on appelle un type « authentique ». Tu gueules, tu fais des grands gestes, tu veux faire passer ta vérité chez ton interlocuteur, tu égratignes le français, mais tu fonce, telle une locomotive en surpression de vapeur. Je t’ai vu à la télévision, et je t’ai écouté, quand tu es passé chez Nicolas de Moran, sur France Inter. « Nous sommes partis de Gaza ; nous avons renoncé à des colonies », affirmais-tu, avec passion, répondant à la question d’un auditeur. « Qu’est-ce que vous voulez de plus ? ». Et puis, il y eut aussi : « La culture et la littérature israéliennes ont toujours été en faveur d’une solution à deux Etats, pour deux peuples » : hélas, toi aussi, tu étais en train de déclamer (bien qu’avec des mots un peu différents et sur un ton un tout petit peu plus convaincant) le manifeste du ministère des Affaires étrangères israélien... C’est triste, de voir que vous tous, tous autant que vous êtes, vous ne savez plus où vous vivez, et qu’il est plus que temps, pour vous, de parcourir les rues, mais : à pied. Sinon en Israël, au moins, à Paris...

Nous avons persisté dans notre embuscade, depuis la réception, protégés par notre barricade invisible - la barricade de l’anonymat - qui nous entourait. Pour les quarante écrivains invités en question, nous n’existions pas, dès lors que nous ne faisions pas partie de leur délégation officielle... Depuis notre perchoir anonyme, nous observâmes Meir Shalev, bavardant avec Etgar Keret. De quoi peuvent bien discuter ensemble deux écrivains de langue hébraïque, sinon de leurs voyages incessants ? Et dans un coin, là-bas, s’étaient rassemblés les souffreteux, les endoloris, les survivants, chacun se coltinant son propre baluchon de problèmes : Yuval Shimoni, Nurit Zarchi, Lizzie Doran. Et puis le poète Miron Izakson est venu vers nous, souriant. Il porte un sac de supermarché, contenant apparemment des aliments cachère et des couverts qu’il a pensé à apporter pour prendre son repas. Et il nous dit, avec un sourire, qu’il a passé le shabbat dans une famille juive mizrahie (séfarade), dans une ville de la banlieue parisienne. Comme ces gens étaient chaleureux et accueillants ! Quel judaïsme aimable, merveilleux, les gens ont, là-bas ! Et quel plaisir ce fut, pour lui, d’assister au culte, à leur modeste synagogue !

J’ouvre, au hasard, le livre d’Eric Hazan, « Notes sur l’Occupation ». Je tombe sur la page 46. Hazan est un éditeur et un écrivain français, juif, qui a visité les territoires occupés en mai et juin 2006, durant une période calme. Il a écrit un livre à ce sujet - que virtuellement personne ne remarqua, en Israël. A cette page 46, il raconte comment une famille palestinienne modeste, dans un faubourg de Naplouse, lui a offert l’hospitalité, un jour ordinaire, durant une période ordinaire. Son jeune amphitryon avait quinze ans, tout au plus. Sa mère, prisonnière en Israël, venait d’être rendue à la liberté. Son frère avait été condamné à 20 ans de prison et incarcéré à Tel Mond. Son père avait été tué. Bref : le portrait classique de la famille palestinienne ordinaire.

Mais qu’est-ce qu’Hazan ‘fabriquait’, là, à ce salon ? Il est le PDG des éditions La Fabrique, qui a, notamment, publié en français le livre de l’écrivain israélienne Amira Hass : « Boire la mer à Gaza ». Et aussi une anthologie d’essais écrits par Yitzhak Laor. Et d’autres livres écrits par des « ennemis d’Israël », comme (la regrettée) Tania Reinhart. Il avait un petit stand, à l’écart, dans le salon ; les livres qu’il publie brillent par leur absence dans le stand israélien officiel. Ce qui était en vente, dans le stand officiel, c’était des livres qui présentent un Israël merveilleux, un Israël qui, certes, peut être tourmenté par la situation, mais qui sait largement se pardonner. Ce pardon automatique n’est pas quelque chose que vous trouverez dans les livres que publie Hazan.

J’ai rencontré certains autres « lumignons », au salon. Vendredi après-midi, la Maison de la Culture Yiddish de Paris organisait un débat ouvert au sujet de la traduction du yiddish au français. Le yiddish est quelque chose de très sérieux, ici, à Paris. Batia Baum, Nadia Dehan-Rothschild, Rachel Ertel et Evelyne Grumberg débattirent des problèmes inhérents à la traduction à partir de cette langue. Le pavillon israélien était juste à l’angle, mais mentalement, il était extrêmement loin, si loin qu’il semblait vouloir souligner le fait que l’israélité est quelque chose de spécial. Mais qu’y a-t-il, exactement, de si spécial dans le fait d’être israélien - mis à part le désir de ne pas être un tas d’autres choses, dont notamment le yiddish ?

Et puis il y avait aussi mon adorable, mon aimable collègue, Sayed Kashua. Sayed est un Palestinien qui écrit en hébreu. Je ne voudrais pas être à sa place. Avant le voyage, il se tâtait : allait-il au salon, n’y allait-il pas ? Il me téléphona et me dit que s’il y allait effectivement, ce serait à ses frais, car il ne voulait pas être considéré comme un collaborateur avec le gouvernement occupant, etc. Mais il est venu, finalement, envers et contre tout, et dans les dépliants d’information, il est écrit explicitement que sa présence, sur le salon, était sponsorisée par le ministère israélien des Affaires étrangères. Dans une des allées, une charmante Parisienne se précipite vers lui, lui tendant son livre, pour qu’il le lui dédicace. « Vous méritez une fleur », lui dit Sayed en souriant. Et il lui dessine une fleur... J’ai assisté à un de ses conférences communes avec les écrivains Boris Zeidman et Naim Areidi. Le sujet était : « Je suis né dans une langue étrangère ». Mais le véritable sujet, comme toujours, c’était : « Je suis en train de jouer le rôle qu’on attend de moi ». Et le rôle de Sayed est semblable à celui du protagoniste du roman L’Amant d’Avraham B.Yehoshua : quelqu’un qui cherche à s’attirer la faveur des maîtres, qui apprend leur langue et y excelle - jusqu’à ce que ses maîtres en aient leur claque et le fichent dehors. C’était aussi le rôle classique du juif. Pourrions-nous résumer en disant que Sayed Kashua était le seul juif authentique parmi tous les hôtes hébreux du Salon du Livre ? Tandis que je quittais le pavillon, j’ai entendu quelque chose qui était peut-être une indication de ce que nous avons peut-être encore en rayon, que le Ciel nous vienne en aide, une chose qu’avait dite le journaliste de la Deuxième chaîne israélienne Gideon Kutz. Il avait déjà descendu les marches, mais il est revenu, préoccupé par l’idée que Kashua pourrait oser dire qu’il connaît l’hébreu. Il n’a pas pu s’empêcher de me dire que ce qu’écrit Kashua N’EST PAS de l’hébreu !

L’annonce du forum « Je suis né dans une langue étrangère » comportait le nom d’un autre participant : Sami Michael. Au cas où quelqu’un se serait demandé où avait disparu ce Michael ; il était retourné à Haïfa. Sa femme m’a dit qu’il préfère ne pas voyager à l’étranger au milieu d’un troupeau, et n’oublions pas non plus que, peu avant le voyage, il avait été stupéfait de constater qu’il avait été relégué dans les forums les plus obscurs, avec les jeunes agnelets. Parce que, bien sûr, il était hors de question qu’on l’autorisât à mettre les pieds là où les « Trois Ténors » de la littérature hébraïque - Oz, Yehoshua et Grossman - tenaient le haut du pavé. Les Trois Ténors voyagèrent en première classe sur un vol El Al, le reste du troupeau s’entassant en classe économique. Les Trois Ténors sont montés à la tribune d’honneur, durant la soirée de gala inaugurant le salon, en compagnie de Shimon Peres. Les Trois Ténors ne pouvaient tout simplement pas accepter un quatrième ténor : il y a une limite, en toute chose. Si le club grossissait exagérément, il risquerait d’y perdre en exclusivité.

Bon, revenons à nos moutons... Ah, où en étions-nous, déjà, dans notre histoire de la guerre des écrivains contre les non-écrivains ? Ah oui : j’ai failli oublier la grosse farce de la soirée d’ouverture... Une foule énorme s’entassait dans le stand israélien, puis Peres fit son entrée. Tout du moins, telle fut la rumeur qui courut, car les seules rares personnes à même de l’avoir aperçu ne pouvaient être que les membres de sa phalange de gardes-du-corps. Et puis, apparaissant et disparaissant au milieu de cercles concentriques de mecs à la tronche patibulaire, il y eut un crâne dégarni, pâlichon, appartenant à Peres Shimon... Dans toute cette presse, une plaque d’Isorel - surmontée d’une sorte de corniche portant une pancarte blanche où étaient écrits les noms de tous les écrivains participant au salon - s’effondra. Et failli aplatir notre président - cent kilos de décor !

Un type dont la tête saignait fut emmené et vite oublié, parce que l’important, c’était de conserver une ambiance festive, et de ne pas gâcher cette soirée grandiose. Et c’est ainsi que les noms des écrivains furent piétinés par les pieds desdits écrivains, ainsi que par ceux des invités qui se pressaient pour trouver leur place et se prélasser dans la gloire des hôtes honorés. Quiconque ne parvenait pas à jouer des coudes pour pénétrer à l’intérieur dut suivre la cérémonie sur les écrans géants installés à l’extérieur. Et de toute façon, tout le monde savait, à cette heure, que la réalité n’était pas à la hauteur de tout ce battage, et qu’elle était sans doute plus agréable à voir sur un écran. Là, sur l’écran, c’est toujours net et rangé ; là, c’est dramatique et solennel ; là, tu ne reçois pas les coudes des autres entre les côtes et tu vois ce qu’on ne peut pas voir, pour de vrai, en raison du cercle des sbires de la sécurité.

Les écrivains qui ne font pas parti des Trois Ténors, les éditeurs, les fanas de littérature et les juifs fidèles à Israël restaient à l’extérieur, et ils ne savaient pas quelle contenance se donner, se distrayant en se racontant à quel point l’organisation était pitoyable. Et puis Shimon Peres s’exprima. On pu attraper quelques bribes de son speach, à l’extérieur. Sa porte-parole m’avait donné le script du discours qu’il allait prononcer, et elle avait accompagné ce don d’une requête que je le publie dans la section « Culture et Littérature » du Haaretz, mais, malheureusement, en vain.

Il y a un consensus, chez les Français, autour de certains symboles israéliens. Peres en fait partie. Il incarne le fantasme de l’Israël européen, cultivé, éclairé et francophone. Ne laissons pas un simple mur écraser leurs rêves roses...

Le lendemain soir, j’étais invité à dîner chez Mario Bettati, conseiller spécial du ministre juif des Affaires étrangères de la France, Bernard Kouchner. L’invitation, calligraphiée avec grâce, comportait de brèves biographies de tous les invités, ainsi que d’une carte. M. Bettati vit dans une rue qui, avec ses vieilles maisons basses et sa verdure, dégage une atmosphère rurale, en plein centre de Paris. Bettati a été le conseiller de Kouchner tout au long de sa carrière, et il l’a également accompagné en Israël et dans les territoires occupés. Il a raconté comment, une fois, dans un hôpital, près de Naplouse, ils avaient été choqués de voir un groupe d’enfants et d’adolescents, ensanglantés et se tordant de douleur, qui avaient été blessés au cours d’une de ces opérations que le porte-parole des Forces Israéliennes de Défonce qualifie sèchement de « recherche d’hommes recherchés ».

Le chirurgien de cet hôpital était bien entendu débordé. Kouchner, qui est médecin, proposa immédiatement son aide. Bettati était à ses côtés quand celui-ci retira une balle de la jambe d’un jeune garçon. Il me montra cette balle, qu’il conserve sur son bureau. Ce même jour, dans la soirée, ils rencontraient Shimon Peres. Ils lui dirent ce qu’ils avaient vu et vécu. Mais Peres leur répondit que c’était impossible, car les soldats israéliens ne tiraient que des balles en caoutchouc sur les Palestiniens. Bettati lui montra la balle. Peres dit qu’il allait enquêter sur la question. Bettati attend toujours les résultats de cette investigation.

Il inaugura le dîner en récitant par cœur plusieurs vers de La Henriade, de Voltaire, au sujet du Massacre de la Saint Barthelemy, au cours duquel les catholiques massacrèrent les protestants, massacreurs et massacrés invoquant Dieu en choeur. La conversation tourna autour de Voltaire, et tous les participants au dîner avaient quelque chose à dire à propos de ce combattant de la liberté du XVIIIème siècle. Oui, Voltaire. Voltaire, lui qui ne fut l’écrivain-marionnette d’aucun régime.

Voltaire, lui qui était l’antithèse absolue de l’écrivain israélien abonné aux vols internationaux. Quand son pays perpétrait des injustices, Voltaire se battait contre lui, en face à face. Un buste de Voltaire, en marbre blanc, était installé sur une console. Et je me demandais : l’un quelconque des écrivains hébraïques invités au Salon français du livre serait-il capable d’avoir une conversation civilisée comme celle-ci, au sujet d’un écrivain que ne fût pas lui-même ? Et vise un peu : toute cette culture, ici, dans cette rencontre de hasard entre Parisiens !...

Bettati avait été le complice de Kouchner, dans l’écriture d’une tragicomédie en vers alexandrins classiques, une parodie du monde politique français qui eut un certain succès sur scène, et qui fut par la suite réédité à quatre reprises, sous forme de livre. Comme Bettati, Kouchner est un virtuose de l’alexandrin, ce vers de douze pieds, qui atteignit le sommet de la perfection sous la plume de Racine, de Corneille et de Molière, au XVIIème siècle.

Wouâ, la honte : où sont les ministres israéliens capables d’écrire de la poésie ? Certains sont même incapables de parler correctement l’hébreu. Quand vint mon tour de parler, je procédai à un passage en revue rapide des invités. Vous connaissez tous les grands noms de la littérature israélienne, dis-je. Mais qui, ici, parmi vous, a réellement lu un livre israélien ? Tous, absolument tous, sans exception, ils reconnurent qu’ils n’en avaient lu aucun. Ainsi, le mystère était résolu : ce qui était représenté, au stand d’honneur du Salon du Livre de Paris, ça n’était que la coquille extérieure de la littérature israélienne, et personne n’avait la moindre envie de pénétrer sous cette coquille, car ils savaient que ce qui s’y cache, c’est cette balle en plomb dont Peres continue à prétendre qu’elle est en caoutchouc.

Où étaient passés les acheteurs, alors ? Et il y en avait beaucoup, se pressant dans le stand israélien et achetant les livres d’écrivains hébraïques, tant en traduction qu’en version originale, en hébreu. Qui, parmi eux, avait acheté ces quatre exemplaires des poèmes en hébreu d’Israel Pinka (ce qui est encore plus curieux, quand on sait qu’il n’y eut absolument personne pour assister à son débat, dont l’animateur était Emanuel Halperin, débat qui dût être supprimé...) Les seuls qui achetaient des bouquins étaient des juifs. Les ex-Israéliens en achetaient. Et puis aussi quelques amoureux fidèles de la Terre Sainte, de divers pays. Mais le large public n’était pas intéressé, ni par Israël, ni par ses problèmes. Les enfants et les jeunes allaient tout droit dans les stands proposant des bandes dessinées. Et puis il y avait une très longue queue devant le stand où Charles Aznavour dédicaçait son dernier bouquin.

Chez Bettati, le clavier du piano était ouvert. Je demandai qui jouait du piano ? « J’en joue, ou, plutôt, j’en jouais », me dit-il. Puis, comme s’il parlait de quelque chose qui se fût passé la veille, il raconta comment cela s’était passé, quand trois officiers SS avaient fait irruption dans la maison familiale, pour emmener son grand-père : son grand-père - qui était juif, lui aussi, et membre de l’underground - s’était enfui par la fenêtre. Après quoi, afin de détendre l’atmosphère, la première chose que fit son grand-père, ce fut de demander au jeune Bettati de jouer. Il entama une sonate de Schubert. Un des SS était assis à côté de lui, et corrigeait son interprétation. Grâce à ce piano, là, devant moi, son grand-père avait été sauvé. Bettati est un quart-de-juif. Le nom de famille de son grand-père était Provençal ; c’est une famille qui a donné plusieurs grands noms dans les domaines de la finance et des sciences.

Là, pour le coup, j’ai senti que la coquille se fissurait, et qu’à l’intérieur, il y avait cette chose que, nous autres Israéliens, nous avons perdue - la chose qu’aucun stand d’honneur israélien, dans aucune foire du livre, ne nous rendra jamais. Et cette chose, c’est la richesse infinie qu’il y a à être à la foi un juif et un non-juif, d’appartenir à cette culture et à cette autre culture, de jouer Schubert et de réciter Voltaire, et aussi de combattre les nazis et d’opérer de jeunes Palestiniens blessés, à Naplouse.

Et dire qu’ils voyagent d’un pays à l’autre, les écrivains israéliens abonnés à El Al, et que dans chacun de tous ces pays, ils en font que répéter le même show que j’ai vu, ici, à Paris. Qu’ils répondent aux mêmes questions qu’on leur a posées, ici, et qu’ils expriment, avec la même passion qu’ils ont affichée ici, à Paris, leur engagement envers le pays qu’à la fois ils aiment et abhorrent. Et pourquoi ce pays ne serait-il pas aimé, ce pays, si, en en étant les écrivains représentatifs, ils peuvent s’éclater à l’infini ? S’éclater, et puis pleurer, of course...

Deux jours avant mon départ, tôt, le matin, j’ai reçu un appel téléphonique, à mon bureau au journal (Haaretz), d’une femme qui se plaignait ne pas avoir reçu son canard, ce matin-là. Je lui ai dit qu’elle n’était pas au service des abonnements, et avant de transférer son appel au bon numéro, elle m’a demandé mon nom, et je lui ai demandé le sien. Il s’avéra que c’était la veuve de l’écrivain Shlomo Nitzan, disparu voici deux ans dans une totale obscurité. L’homme avait arpenté les estrades de la littérature, il avait été le rédacteur en chef de la revue Mishmar Layeladim, et tout ce qui fut écrit sur lui, après sa mort, ce fut une brève, sur le Yediot Aharonot version internet, qui suscita une demi-douzaine de présentations de condoléances. « Je m’appelle Nehama », me dit-elle, d’une voix pleine de tristesse. Mais, hélas, je n’en ai pas, de ‘nehama’... » (ce mot signifie ‘consolation’, en hébreu) »

Ô, vous, vous tous, écrivains israéliens à succès, je vous en supplie : conservez cet exemple à l’esprit, lors de vos prochains déplacements au long cours ! Shlomo Nitzan était un écrivain très connu, de son temps, comme vous l’êtes, vous, aujourd’hui. Or, aujourd’hui, plus personne ne se souvient plus de lui. Parce que le pays que vous voulez si ardemment représenter vous oubliera dès l’instant où vous ne lui serez plus d’aucune utilité. D’autres viendront, qui prendront votre place, et aucun buste de vous n’ornera jamais le salon d’aucun diplomate d’aucun ministère des Affaires étrangères, et les vers de vos poèmes ne seront jamais récités lors de leurs dîners.

 


* Benny Ziffer est chroniqueur littéraire au journal Ha’aretz. Cet article n’est pas paru dans la version anglaise du journal.

Par François - Publié dans : Propagande israélienne en France
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 20:54

Libération 26 mai 2008
http://www.liberation.fr/actualite/societe/328166.FR.php
Autre position typiquement évangélique : «Il y a de grandes probabilités créationnistes», avance François Célier. En résumé, contrairement à ce qu’a montré Darwin, l’homme ne descendrait pas du singe.

Shofar. Ces militants affichent d’autres sympathies. Avant le départ de la manifestation, on avait aperçu dans la foule des petits drapeaux israéliens. Le départ du cortège a été donné au son du shofar, corne de bélier utilisée dans la tradition juive pour appeler les fidèles à des cérémonies ou au combat. Au passage du cortège apparaît soudain un petit groupe arborant des grands drapeaux hébreux. Ce sont les juifs messianiques. Pour eux, Jésus était le Messie attendu par le peuple juif. Officiellement toutefois, la Marche pour Jésus ne roule pas pour Israël. Si 54 % des protestants évangéliques américains soutiennent l’Etat hébreu, leurs homologues français sont plus pudiques. François Célier est pourtant vice-président de la très droitiste Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) et membre directeur de France-Israël. Fabienne Petit, co-organisatrice de la Marche pour Jésus, qui sonnait gaillardement du shofar, affiche aussi ses sympathies pour l’Etat d’Israël et était présente, hier, aux cérémonies du 60e anniversaire de l’Etat hébreu.

Par François - Publié dans : Propagande israélienne en France
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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 18:12
APPEL Pour Charles Enderlin
NOUVELOBS.COM | 10.06.2008 | 18:47
Sept ans. Voilà sept ans qu’une campagne obstinée et haineuse s’efforce de salir la dignité professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jerusalem. Voilà sept ans que les mêmes individus tentent de présenter comme une "supercherie" et une "série de scènes jouées" , son reportage montrant la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens. Le 19 octobre 2006, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé le principal animateur de cette campagne, Philippe Karsenty, coupable de diffamation. L’arrêt rendu le 21 mai par la cour d’appel de Paris, saisie par Philippe Karsenty reconnaît que les propos tenus par ce dernier portaient "incontestablement atteinte à l’honneur et à la réputation des professionnels de l’information" mais admet, curieusement, la "bonne foi" de Philippe Karsenty qui "a exercé son droit de libre critique" et "n’a pas dépassé les limites de la liberté d’expression". Cet arrêt qui relaxe Philippe Karsenty nous surprend et nous inquiète. Il nous surprend, car il accorde la même crédibilité à un journaliste connu pour le sérieux et la rigueur de son travail, qui fait son métier dans des conditions parfois difficiles et à ses détracteurs, engagés dans une campagne de négation et de discrédit, qui ignorent tout des réalités du terrain et n’ont aucune expérience du journalisme dans une zone de conflit. Il nous inquiète, car il laisse entendre qu’il existerait désormais à l’encontre des journalistes une "permission de diffamer" qui permettrait à chacun, au nom de la "bonne foi", du "droit de libre critique" et de la "liberté d’expression" de porter atteinte impunément "à l’honneur et à la réputation des professionnels de l’information". Au moment où la liberté d’action des journalistes est l’objet d’attaques répétées, nous rappelons notre attachement à ce principe fondamental, pilier de la démocratie et nous renouvelons à Charles Enderlin notre soutien et notre solidarité.

Paris, 27 mai 2008 Pour soutenir cet appel, envoyez vos coordonnées par mail en cliquant ici


Les premiers signataires Journalistes Christophe Airaud (France2), Claude Angeli (Le Canard Enchaîné), Farid Aïchoune (Le Nouvel Observateur), Gilles Anquetil (Le Nouvel Observateur), Hervé Algalarrondo (Le Nouvel Observateur), Guillaume Arvault (journaliste), Josette Alia (Le Nouvel Observateur), Jacqueline Ansart (Journaliste), Marie Andrieu (Le Courrier de l’Atlas), Max Armanet (Libération), Association du Prix Albert Londres, Claude Askolovitch (Le Nouvel Observateur), Florence Aubenas (Le Nouvel Observateur), Laurent Abadjian (Téléram), Nicolas Ancelin (GEO Magazine), Paul Aubriat (journaliste), Pierre Abramovici (journaliste), Alexandre Boussageon (Le Nouvel Observateur), Carole Barjon (Le Nouvel Observateur), Daniel Bouy (France 3), François Bazin (Le Nouvel Observateur), Fathi B’Chir (MedAfrique), Michel Berthelot (Journaliste), Pierre Barbancey (l’Humanité), René Backmann (Le Nouvel Observateur) Bruno Birolli (Le Nouvel Observateur), Corinne Bouchouchi (Le Nouvel Observateur), Jean-Baptiste Bussière (Canal Plus), Luc de Barochez (Le Figaro), Frédéric Barreyre (France Inter), Loïc Barrière (Radio Orient), Michel Bessaguet (GEO-Magazine), Renaud Bernard (France 2), Philippe Brassard (La Dépêche du Midi), Olivier Bonnard (Le Nouvel Observateur), Tristan Berteloot (Etudiant à l’ESJ), Michel Boulen (retraité SFP), Nébia Bendjebbour (Le Nouvel Observateur), Michel Bôle-Richard (Le Monde), Christophe Boltanski (Le Nouvel Observateur), Nicolas Brimo (Le Canard Enchaîné), Philippe Bidalon (l’Express), Gilles Cayatte (Documentaliste), Hervé Chabalier (Capa), Anthony Curnow (Journaliste-retraité), Alain de Chalvron (France 2), Richard Cannavo (Le Nouvel Observateur), Germain Dagognet (LCI), Jean-Claude Dassier (LCI), Alain Chollon (Journaliste), Catherine Ceylac (France2), Jean-Gérard Cailleux (Pigiste), Patrice Claude (Le Monde), Maureen Cofflard (AFP), Noëlle Coussinié (Ouest-France), Sylvain Cypel (Le Monde), Thomas Coex (AFP), Vincent Cotinat (Ouest-France), 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Par François - Publié dans : Propagande israélienne en France
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Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /2009 23:41

Il y a une semaine, la journaliste de l’Est Républicain ne comprenait pas pourquoi il y avait des photos de mosquées dans la manifestation du 3 janvier et elle écrivait : “pour d’autres, brandissant des posters de mosquées (?).”

N’importe lequel des organisateurs ou des manifestants aurait pu lui expliquer que ce poster représentait le Dôme du Rocher à Jérusalem,  et que cet endroit, l’Esplanade des mosquées, est le plus sensible et le plus emblématique des revendications israéliennes et palestiniennes sur cette ville.


Entre 1871 et 1918, puis dans les combats de la France Libre, c’est la cathédrale de Strasbourg qui jouait en France le même rôle de symbole des provinces perdues et revendiquées, par tous, et pas seulement les catholiques. Elle a joué le même rôle dans la propagande allemande de 1919-1939 !!


Rien donc de confessionnel dans ce poster !!

Plus grave est la manière dont certains cherchent à instrumentaliser le conflit à Nancy.

A la demande du Grand Rabbin de France,  des prières ont été dites dans toutes les synagogues de France pour la paix et Israël.


07/01/2009 12:46
PARIS, 7 jan 2009 (AFP) - Le Consistoire appelle à une soirée de prière pour Israël

Le Consistoire central de France a invité dans un communiqué publié mercredi à une soirée de “prière et de recueillement” jeudi soir en solidarité avec Israël.

Le président du Consistoire central de France, Joël Mergui, et le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, appellent à prier “pour la paix et pour soutenir les populations qui subissent la situation causée par la rupture de la trêve”.

“La prière est un moyen essentiel pour aider Israël dans l’épreuve, ajoutent-ils. Il est de notre devoir d’y participer et d’inviter toutes celles et ceux reconnaissant le droit d’Israël à se défendre, à y prendre part”.

A Paris, cette soirée de prière aura lieu jeudi 8 janvier à 19 heures à la synagogue de la rue Buffault dans le IXème arrondissement.

Il y a donc enrôlement d’une communauté religieuse au service d’un État !!


A Nancy,  le rabbin Daniel Dahan et le président du consistoire Heymann ont fait très fort, devant des élus nancéiens, et non des moindres. (Est Républicain du 9 janvier 2009):


Soirée de recueillement qui débutait par des discours. «Je rappelle qu’Israël a été créé par la volonté des Nations Unies après la Seconde Guerre mondiale … » Puis les propos du rabbin sont vite devenus moins complaisants. «Ceux-là mêmes qui avait collaboré ou laissé faire par lâcheté ou complaisance à l’extermination du peuple juif, sont les même qui aujourd’hui qualifient les soldats juifs de nazis, qui comparent Gaza au ghetto de Varsovie et disent qu’un génocide se produit aujourd’hui à Gaza. Ils sont les dignes descendants de la propagande nazie… Tsahal est engagé dans un combat terrible d’autant que la population civile est utilisée comme bouclier humain par des tyrans sanguinaires. Le Hamas a été élu démocratiquement en faisant porter la responsabilité des problèmes des Palestiniens aux juifs. Il finira comme Hitler en entraînant son peuple au désastre, Tsahal fait tout ce qu’il peut pour éviter les victimes civiles. Israël est vilipendé mais Israël debout. Qui n’a pas entre nous des familles qui sont en danger, Que le peuple palestinien ouvre les yeux et cesse de croire aux chimères et au mensonge de ses dirigeants. Israël veut un état palestinien pacifique et viable, Israël veut la paix mais si sa vie est en danger, elle doit se défendre ».

M. Heymann, président de la communauté juive de Nancy anticipait ses propos par une mise au point : « Pour faire la paix, il faut être deux, mais Israël se trouve en face d’une organisation qui s’appelle le Hamas. Israël n’est pas en guerre contre les Palestiniens, mais contre le Hamas, dont la charte mentionne expressément d’anéantir Israël et le peuple juif». Et d’insister sur les propos « honteux» te  nus par M. Warschawski, président du centre d’information alternative (ER du 811), qui proposait de revenir auxfrontières de 1967 ! Il y a trois ans Israël a rendu sans condition les territoires et ces territoires n’ont servi qu’à installer des lance-roquettes. Convaincre les irréductibles n’est plus possible, il faut anéantir l’ennemi et l’on sait malheureusement qu’il y aura des victimes innocentes et il y en a. L’objectif de cette cérémonie est de se recueillir en espérant qu’une paix juste c’est-à-dire acceptée par tous et durable arrivera bientôt au Proche-Orient». Après lecture de quelques psaumes les participants ont également récité une prière pour la France.


Je passe  sur l’analyse des causes du conflit, chacun ayant le droit de se tromper ou de tromper, de faire l’impasse sur la colonisation, les exécutions sommaires, les emprisonnements, etc..mais ce qui est plus grave, c’est que c’est un discours de “guerre totale” !!


J’ai souligné certains termes qui me paraissent importants.


Le lendemain, le même quotidien publiait le courrier suivant :


Un mail de Marc Gillant, demeurant à Nancy:. Je lis dans le journal de mercredi 7 janvier, édition de Nancy, une information sur une soirée de prière à la synagogue de Nancy pour les soldats de Tsahal engagés dans la bande de Gaza. Si je me rappelle bien mes cours de religion, les juifs, les chrétiens et les musulmans réfèrent au même Dieu unique., Convoquer Dieu au servi­ce de seulement une des deux parties d’un conflit politique et non religieux, c’est faire un pas vers la transformation de ce conflit régional en une guerre de religions au niveau mondial. Va-t-on lire demain dans L’Est Républicain des appels à la prière d’intégristes de tous bords pour tel ou tel camp ?


Je ne peux qu’approuver ces propos.


D’une toute autre qualité était l’appel de l’Association culturelle juive de Nancy , dans ce même journal du 9 janvier

.

L‘association culturelle juive de Nancy réclame un cessez-le-feu.

Gérald Tenenbaum, coprésident de l’ACJ, tient à « manifester son émoi devant les terribles souffrances des populations civiles ( .. ) ».”

Alors que la poursuite des tirs de roquettes sur le territoire israélien souverain nous apparaît intolérable, nous pensons que le temps de l’action militaire est révolu», poursuit-il. «L’heure est venue pour le gouvernement israélien et le Hamas de cesser le feu et laisser la place à la diplomatie. Maintenant ? Oui, précisément maintenant ! A l’instar de la très symbolique pétition commune des habitants de Gaza et Sderot, signée par plus de 1 800 Israéliens et Palestiniens ( ..)


Nous avons là des gens qui parlent des souffrances des populations civiles, sans distinction. Je ne partage pas leur analyse des causes de la guerre actuelle, mais on ne peut qu’approuver leur appel responsable à la négociation.

Par François - Publié dans : Propagande israélienne en France
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 00:48
Communiqué UJFP-ATMF - 8 janvier 2009

NE NOUS TROMPONS PAS D'ENNEMI:

QUI IMPORTE LE CONFLIT?
QUI VEUT COMMUNAUTARISER LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE?

"Ensemble, nous essayons de voir quelle est la meilleure stratégie, la meilleure tactique pour atteindre cet objectif, dans la compréhension qu'il ne s'agit pas d'un problème israélien, mais que d'une certaine manière Israël se trouve en première ligne du monde libre et est attaqué car nous représentons les valeurs du monde libre, dont la France".

Par cette déclaration, à la presse française, le 1er Janvier 2009, à Paris, Madame Livni ministre israélienne des Affaires Etrangères, a posé le cadre de l'exportation israélienne du «conflit du Proche Orient» en France et en Europe. Elle affirme que nous Européens et Français défendons les mêmes valeurs et avons les mêmes ennemis que son gouvernement, ouvrant ainsi la voie à tous les amalgames.

Non madame Livni, et non Monsieur Sarkozy, nous vous le déclarons avec force, nous n'avons pas les mêmes valeurs: nous ne défendons pas la discrimination des populations selon leur origine, ni l'idéologie sociale de la séparation ou l'apartheid, nos valeurs sont celles d'une société qui se fonde sur l'égalité de toutes ses composantes toutes origines confondues.

Nous n'avons pas pour valeur les attaques contre des populations civiles désarmées, l'interdiction de la presse, l'emprisonnement sans procès et la torture, l'occupation et la colonisation, le refus du droit international, nous ne soutenons pas les crimes de guerre!

C'est votre volonté et votre intérêt, et non les nôtres, Madame Livni, de scinder la société française, comme vous réussissez tous les jours à créer des citoyens de deux catégories en Israël, où vous avez emprisonné ces dernières semaines des dizaines de citoyens d'origine palestinienne parce qu'ils manifestaient leur fraternité avec les Gazaouis écrasés sous la bombes de votre armée.

QUI EST COMMUNAUTARISTE:

Le soutien inconditionnel d'une telle politique, par le CRIF, qui s'arroge encore aujourd'hui le droit de parler pour tous les juifs de France, est l'une des principales matrices du communautarisme en France. En proclamant l'identité des termes Juif, Sioniste et Israélien le CRIF prend une responsabilité terrible et provoque un amalgame qui ne peut qu'inciter à la haine. Le mobile est simple et résume toute la stratégie idéologique israélienne et sioniste depuis 2001: Favoriser le repli communautaire et confessionnel, pour dépolitiser le débat public a un intérêt évident: faire oublier les victimes de l'occupation et celles de Gaza, en faisant peser une accusation ou une suspicion généralisée d'antisémitisme sur tous ceux qui en France protestent contre cette politique.

Ainsi, après l'attaque inadmissible d'une synagogue à Toulouse, non revendiquée et à ce jour nul ne peut prétendre en connaître les auteurs, on entend s'élever des voix (les même curieusement que l'on n'a pas entendu contre les déclarations de Livni ou du CRIF) pour s'inquiéter du repli communautaire de la population d'origine arabo musulmane de ce pays, qu'il s'agirait d'éduquer aux valeurs (encore!) de la République.

Nos associations qui luttent ensemble contre le racisme ont condamné ensemble tous les attentats racistes en France contre des lieux de cultes et des cimetières juifs et musulmans, elles luttent contre les replis communautaires par l'exemple de positions claires et communes sur la justice, l'égalité des droits en France, les droits des «sans papiers», contre l'occupation et pour les droits des Palestiniens.

Nous considérons et affirmons ici avec force que ce qui fabrique le communautarisme c'est d'abord et avant tout la désignation d'une partie de la société française comme suspecte a priori de racisme et d'amalgame. Ainsi les populations qui subissent en France chômage, pauvreté, racisme, et exclusion sociale, seraient aussi coupables d'avance de leur fraternité avec les Palestiniens. Décidément la double peine fait école!

Ce qui fabrique aussi le communautarisme pour nous c'est la désertion sur le terrain politique de la défense des droits des Palestiniens.

Si les manifestations françaises pour Gaza sont clairement identifiées comme celles de tous les Français quelle que soit leur origine, il n'y aura pas de repli communautaire. Il y aura du sens au slogan: «tous ensemble» . Ce sont ceux qui s'abstiennent de prendre clairement position pour sauver Gaza, pour les droits des Palestiniens, pour imposer à Israël le respect du droit international, qui renvoient aux «communautés» juives et arabes le soin de régler entre elles un conflit «qui les regarderait». C'est ainsi qu'ils fabriquent le repli communautaire et la confessionnalisation éventuelle des rapports sociaux qu'ils prétendent redouter. Ils font le jeu de Tzipi Livni et de l'idéologie du choc des civilisations.

Ce conflit et sa résolution sont politiques, c'est une bataille internationale pour le droit, qui doit être menée partout et par tous, et concerne toutes les composantes de notre société .

PARLER POLITIQUE! LUTTER POUR LA LIBERATION DE GAZA, ET LES DROITS DU PEUPLE PALESTINIEN, C EST L'AFFAIRE DE TOUS !
Par François - Publié dans : Propagande israélienne en France
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 20:15

Madame,

Membre du collectif nancéien pour une paix juste et durable au Moyen Orient, le MRAP considère que la tenue d’un salon vantant les charmes du tourisme en Israël dans une ville à vocation européenne, après les événements dramatiques qui se sont déroulés à Gaza, représente une offense à la souffrance infligée aux Gazaouis, un mépris de la condamnation que demandent de nombreuses associations, partis politiques et même certains états vis-à-vis de l’état d’Israël, et une provocation inutile vis-à-vis des personnes solidaires des Gazaouis dont le sort est toujours plus qu’incertain.

En conséquence, je me joins à toutes les personnes ou associations qui vous demandent aujourd’hui d’avoir la décence d’annuler ce salon, comme cela a été fait au Grand Hôtel Intercontinental de Paris.

J'attire également votre attention sur le point suivant :
La page de présentation du salon sur ce site :
http://www.tourissimo-strasbourg.com/
contient un lien vers l'office du tourisme israélien :
http://otisrael.com/tourism_Fra
avec, sur la page d'accueil, une carte "d'Israël", incluant le Golan syrien annexé illégalement, et tous les territoires palestiniens. Comment, après cela, les dirigeants israéliens ont-ils le culot de reprocher aux Palestiniens de na pas reconnaître Israël, alors qu'ils l'ont fait à Oslo en 1993, et que eux, les Israéliens, ne reconnaissent pas l'État palestinien ? Les cartes et documents publicitaires qui seront affichés et distribués reproduiront-ils la même carte ?
Proposeront-ils, comme ce site, des séjours sur le Golan syrien ?

En maintenant ce salon, vous cautionnez la politique d'annexion israélienne !



Pour vous joindre à cet condamnation, écrivez à
VOICI LES COORDONNEES DE STRASBOURG EVENEMENT

STRASBOURG EVENEMENTS

Directeur de Salons - Pôle Culture & Tourisme
Philippe Meder

tél. 00 33 3 88 37 67 33

Fax. 00 33 3 88 35 38 17

Josy COUTRET

jcoutret@strasbourg-events.com

Responsable Marketing

Tél : 03 88 37 21 44 / Fax : 03 88 25 61 96
Par François - Publié dans : Propagande israélienne en France
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