Jeudi 25 juin 2009
Après la visite du premier ministre israélien : des complicités avérées et de regrettables silences

Le MRAP exprime son incompréhension devant l’absence de critiques formulées par le président Sarkozy à l’encontre de la politique israélienne lors de la visite du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et regrette que le président français n’ait pas conforté l’attitude de monsieur Mitchell, l’envoyé spécial de l’Administration Obama, qui n’a pas hésité à marquer sa réprobation envers les propositions israéliennes sur la Palestine allant jusqu’à remettre la réunion qu’il devait avoir ce mardi avec monsieur Netanyahou.

Venu rechercher auprès de la France de Sarkozy après l’Italie de Berlusconi les appuis nécessaires pour disposer d’une marge de manœuvre vis à vis des demandes formulées par le président Obama et tenter de crédibiliser au niveau international ses positions jusqu’auboutistes, monsieur Netanyahou peut être satisfait de sa visite en France.
De ce point de vue son voyage est un succès pour la diplomatie israélienne et une amère trahison par la France des principes les plus élémentaires pouvant amener un règlement de la question palestinienne.
Les exigences israéliennes : reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël, délimitation des frontières, refus du partage de Jérusalem, démilitarisation du futur Etat palestinien n’ayant fait du côté français l’objet d’aucune contestation, c’est en fait un blanc- seing que le président Sarkozy s’est permis, au nom de tous les Français de délivrer à son invité.

Si le président français peut se prévaloir d’avoir obtenu des assurances quant à l’arrêt de la construction de nouvelles colonies, c’est qu’il se prête consciemment à un véritable marché de dupes ; pseudo-concession, cette mesure ne signifie nullement l’arrêt de l’extension des colonies existantes …d’autant que c’est le démantèlement complet des colonies qu’il faut exiger pour remplir l’une des conditions préalables à une véritable négociation israélo-palestinienne.
En ce sens, monsieur Sarkozy prête son concours à une opération de mystification de l’opinion publique qui disqualifie la France sur la scène moyen-orientale.

La proposition d’organiser une réunion du Quartet sur la Palestine à Paris – la Russie de son côté fait la même proposition de réunion à Moscou- ne peut en l’occurrence apparaître que comme une initiative visant à restaurer le crédit diplomatique de la France et une opération médiatique dont le président français peut attendre avant tout des retombées en termes de prestige personnel.

Enfin le MRAP s’étonne que sur les problèmes d’ordre plus spécifiquement humanitaires, l’attention du président Sarkozy ne se soit focalisée que sur le sort du caporal Chalit, prisonnier du Hamas dont il demande la libération oubliant le sort de Salah Hammouri, jeune franco-palestinien solidaire de la lutte des Palestiniens, emprisonné en Israël depuis plus de 4 ans , dont le président français s’est abstenu d’évoquer le cas auprès de monsieur Netanyahou, preuve d’une partialité regrettable et fautive qui laisse entendre que le sort d’un franco-israélien, caporal dans l’armée israélienne, et capturé à ce titre, valait plus que celui d’un franco-palestinien et des quelque 11 000 hommes, femmes et enfants palestiniens prisonniers des geôles israéliennes pour avoir résisté à l’occupation de leur pays.

Paris, le 15 juin 2009.
Par François - Publié dans : La France complice
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Jeudi 25 juin 2009

IL FAUT DIRE STOP À ISRAEL !

 

Nous constatons que loin de chercher une solution juste et pacifique avec les Palestiniens, Israël, à travers ses gouvernements successifs, s'engage toujours plus avant dans la violence de l'occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et du droit international. Cette situation a atteint un point culminant en 2009 avec l'offensive criminelle sur Gaza dont le siège se poursuit. Le nouveau gouvernement israélien ne programme, pour seul horizon, que le transfert des Palestiniens, la poursuite de la colonisation et un régime légal discriminant envers les citoyens palestiniens d’Israël qui s'apparente de plus en plus à celui de l'ex-Apartheid sud africain.

 

Les droits des palestiniens sont bafoués depuis trop longtemps, nous devons agir !

 

Nous considérons que la politique destructrice d'Israël se poursuit parce que personne ne l'arrête. La communauté internationale ne joue pas son rôle, l'Union Européenne et le gouvernement français les premiers :

Qui refusent de sanctionner les violations des droits humains par la suspension des accords d'association conférant à cet Etat un statut de partenaire commercial et économique privilégié.

Qui veulent même aujourd'hui imposer le renforcement de ces privilèges.

Qui ne suivent pas non plus les avis de la cour internationale de Justice les incitant à prendre des mesures contre l'illégalité du Mur dit de Séparation et contre la colonisation en Cisjordanie, ni même sur la détention de milliers de prisonniers politiques.

Cette communauté internationale ne fait rien pour empêcher les assassinats ciblés, l'emprisonnement de députés élus démocratiquement, les châtiments collectifs, ni pour la levée du siège de Gaza.

 

Nous, société civile française, citoyens, associations, organisations syndicales et politiques, décidons de nous engager activement dans la Campagne Internationale de BDS appelée à l'unanimité de la société civile palestinienne en 2005 :

 

...«Nous, représentants de la société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les hommes et femmes de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d'investissements contre Israël tels que ceux appliqués à l'Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. (...)

Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos Etats respectifs afin qu'ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël.

Ces mesures de sanction non violentes devraient être maintenues jusqu'à ce qu'Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des palestiniens à l'autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international.»…

 

Cet appel palestinien a été adopté par des centaines de mouvements progressistes internationaux dont de nombreux militants, associations et intellectuels israéliens opposés à cette politique coloniale.

 

Nous nous engageons à agir dans un cadre politique, citoyen et éthique, sur la base de la charte des principes jointe, pour une véritable mise en œuvre de cette campagne, en créant des cadres unitaires de mobilisation, d'information, et/ou d'action, ou au sein de collectifs déjà existants.

 

 

Paris le 16 juin 2009

Charte des principes qui guident notre action pour le BDS

 

1 - Le boycott représente une prise de position, c'est un acte de dénonciation politique qui se poursuivra jusqu'à ce qu'Israël s'engage clairement dans le respect du droit international, la fin de l'occupation et de la colonisation.

 

2- Cette campagne de Boycott de l'Etat d'Israël en tant qu'occupant et colonisateur, comme celle du Boycott de l'Afrique du Sud de l'Apartheid, n'est pas une fin en soi, destinée à discriminer une population. Elle constitue un outil de pression sur nos gouvernements pour qu'ils appliquent des sanctions et un levier sur le gouvernement israélien, qui servira à imposer la seule issue pour cette région : l'application du droit international et le respect des droits des Palestiniens.

 

3- Notre action est éthique, citoyenne et politique.

Elle s'inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme.

Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits.

Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas.

Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d'occupation israélienne et ses partisans.

 

4 - Nous nous engageons

À refuser d'acheter ou de consommer les produits et les services de l'économie israélienne ;

À refuser de participer à toute action culturelle sportive... promue en France par des institutions officielles israéliennes ;

À informer les partenaires commerciaux ou institutionnels des raisons de notre boycott ;

À mener des campagnes d'information et de sensibilisation du public sur les raisons du boycott, et sur les entreprises françaises qui participent à l'occupation et à la colonisation israélienne ;

À mener des actions d'information auprès des entreprises et comités d'entreprise français sur les produits israéliens et les raisons de cesser leur distribution.

 

5 - Notre action est non violente et respecte les personnes et les biens.

 

C'est le nombre de citoyens, associations, organisations syndicales et politiques qui nous rejoindront dans cette campagne solidaire et déterminée qui permettra d'atteindre ce but.


 

Par François - Publié dans : Boycott, désinvestissement, sanctions
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Mardi 23 juin 2009

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou va être reçu ce mardi par le Président Nicolas Sarkozy .
Cette visite en France fait suite à celle de son ministre des Affaires étrangères connu pour ses propos racistes Avigdor Lieberman mais qui avait été néanmoins reçu par son homologue Bernard Kouchner sans que ce dernier n’exprime la moindre indignation pour ces propos.
Si la tournée de Lieberman effectuée en Europe, sa réception par des chefs de gouvernements, son entretien avec Bernard Kouchner avaient sans nul doute pour objectif tout autant de sonder les réactions européennes après la formation du gouvernement israélien que d’apporter la preuve aux yeux de l’opinion publique internationale que malgré la présence de l’extrême droite en son sein le gouvernement restait néanmoins fréquentable, la visite du Premier ministre Benyamin Netanyahou au Président Sarkozy entre dans un autre cadre.

Prenant place après le discours du Caire du Président Obama, l’inscription dans cette chronologie donne à cette visite tout son caractère et peut expliquer –hypothèse plausible - le report d’une visite de Benyamin Netanyahou en France initialement prévue le 3 juin.
Ainsi cette visite a-t-elle lieu- après celle –préséance oblige- effectuée par Benyamin Netanyahou le 18 mai aux Etats-Unis et après le cadrage opéré par le discours du Président Obama au Caire…Preuve que ce sont bien les Etats-Unis qui gardent le rôle déterminant et sont le point de passage obligé de toute solution et que malgré ses efforts, son amitié pour Israël, la remise en cause de la politique traditionnelle de la France, Nicolas Sarkozy ne peut espérer jouer sur la scène du Moyen-Orient qu’un rôle secondaire de commis.

Après la réponse totalement dilatoire qu’il a donnée, lors de sa conférence de presse de la semaine dernière, aux propositions des Etats-Unis, il est à craindre que Benyamin Netanyahou ne mette à profit sa visite en France pour obtenir de Paris le soutien dont il a besoin, desserrer l’étreinte que font peser les nouvelles propositions étatsuniennes et faire oublier l’inconsistance de ses réponses tout en laissant les choses traîner en longueur.
Les commentaires du gouvernement français laissent craindre une « compréhension » inadmissible pour les positions israéliennes alors même qu’elles représentent un recul absolument considérable.

Pour le MRAP, aucun renoncement au droit international ne peut être toléré et le gouvernement français se doit de condamner sans aucune réserve une politique israélienne définie par le discours de Netanyahou qui tourne délibérément le dos à toute possibilité de paix et qui rend quasiment impossible, par les conditions inacceptables posées, la création d’un Etat palestinien.
Le refus du gel des colonies, la non-délimitation des frontières, le refus du partage de Jérusalem, la création d’un Etat démilitarisé suffisent à expliquer le refus des Palestiniens
L’exigence de reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël est également inacceptable ; outre qu’elle évacue la question des réfugiés palestiniens, elle porte gravement atteinte à la présence de la minorité palestinienne qui représente 20% de la population en Israël.
En ce domaine, le MRAP exige que soient demandées des explications au gouvernement israélien et que de sérieuses garanties soient obtenues quant aux droits des Palestiniens d’Israël et contre toute tentative détournée ou délibérée d’opérer un transfert, c’est à dire une nouvelle expulsion des Palestiniens hors du territoire d’Israël qui représenterait l’ultime phase d’un nettoyage ethnique qui avait culminé en 1948.
Durant la dernière campagne électorale, Tzipi Livni, candidate du parti Kadima et alors ministre des Affaires étrangères d’Israël, avait déjà préconisé la création d’un Etat palestinien vers lequel seraient transférés les Palestiniens d’Israël manière détournée de les expulser et de transformer Israël en un Etat réservé aux seuls juifs.

Pour le MRAP, la visite du Premier ministre israélien devrait être également l’occasion pour le Président Sarkozy de demander des comptes sur les massacres perpétrés par l’armée israélienne lors de son agression contre Gaza, véritables crimes de guerre que le gouvernement israélien entend couvrir et qui déshonorent ceux qui les ont commis comme ceux qui les ont commandés ou ceux qui les couvrent et pour lesquels de nombreuses organisations au niveau international demandent l’ouverture d’une enquête et l’inculpation des responsables.

Pour le MRAP, la question de l’Iran présentée exagérément par Israël comme un problème de survie ne doit pas servir de prétexte à une occultation de la question palestinienne et à un soutien détourné apporté à Israël. L’Iran ne doit pas éviter au Président français d’aborder sans détours la question palestinienne.

Néanmoins le MRAP émet des doutes sérieux et sur les intentions et sur la volonté du Président Sarkozy de transmettre au Premier ministre israélien les protestations des citoyens de France, lassés des manoeuvres israéliennes pour éviter la reconnaissance des droits légitimes des Palestiniens à un Etat conforme aux résolutions internationales et qui, pour remédier à l’absence de mesures pour contraindre Israël à respecter le droit international, ont lancé une campagne de boycott pour laquelle le MRAP a développé un argumentaire disponible sur son site et dans lequel il demande également l’embargo des armes à destination d’Israël et la cessation de toute coopération militaire.

 

MRAP Commission Moyen-Orient

Par François - Publié dans : La France complice
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Samedi 13 juin 2009
Proche-Orient Moyen-Orient infos

La feuille du Collectif nancéien contre la guerre et pour une paix juste et durable au Proche et au Moyen-Orient.

N° 1 ~ Juin 2009 ~ Gratuit et essentiel.

Diplomatie
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Barack Obama au Proche et au Moyen-Orient
Lors de sa rencontre avec Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, début juin, le Président des États-Unis s’est prononcé pour :
— la résolution du conflit israélo-palestinien comme  priorité pour la paix au Proche et au Moyen-Orient ;    
— un État palestinien viable ;
— le gel des colonies.
Lors de sa visite en Égypte, il s’est adressé au monde arabo-musulman en proposant de tourner la page d’un cycle de méfiance et de discorde : « Tant que nos relations seront définies par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine plutôt que la paix. »
Il prône le dialogue avec l’Iran et une dénucléarisation progressive des armements. « Nous sommes désireux d’aller de l’avant sans conditions préalables et sur la base d’un respect mutuel », a-t-il lancé aux dirigeants iraniens.
Alors que la France et Israël réclament des sanctions. […]
[AFP, 4 juin 2009.]

Les mercenaires mettent le cap sur l’Afghanistan
Ils tentent d’être plus discrets et moins meurtriers qu’en Irak. À Kaboul, les mercenaires étrangers ne tirent pas de rafales aux carrefours et des lois tentent de les forcer à coopérer avec des sociétés afghanes. Mais, avec l’amélioration de la situation en Irak et depuis que Barack Obama a annoncé que l’Afghanistan et le Pakistan étaient le « front central » de la guerre contre Al-Qaida, ils arrivent. […]
[Rémy Ourdan,     
Le Monde, 11 juin 2009.]
Israël : Netanyahu pressé par sa droite
de dire non
à un État palestinien
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou était jeudi soumis à des pressions des durs de la droite, avant son discours très attendu dimanche, pour dire « non » à un État palestinien, au risque d’une crise ouverte avec le président américain Barack Obama.
Jusqu’à présent, M. Netanyahou a refusé de se prononcer en faveur d’un État palestinien et rejeté un gel de la construction dans les colonies de Cisjordanie où vivent quelque 300 000 Israéliens. […]
[AFP, 11 juin 2009.]

Ministres arabes des affaires étrangères :  réunion le 17 juin
Les ministres arabes des Affaires étrangères tiendront le 17 juin une réunion extraordinaire destinée à l’examen des efforts de relance du processus de paix au Moyen-Orient et les démarches à entreprendre après le discours du président américain Barack Obama, a annoncé hier une source responsable à la Ligue arabe. Le discours du président Obama adressé jeudi dernier depuis le Caire au monde arabo-musulman « reflète une nouvelle politique américaine à l’égard des questions du Moyen-Orient », a précisé la même source. […]
[El Moudjahid, 8 juin 2009.]

Au pied du mur
•••

Les « jeunes des collines » poussent les feux de la colonisation en Cisjordanie
À l’est de Ramallah, à un bon kilomètre d’une colonie, les « jeunes des collines », des fanatiques de l’occupation du terrain  rêvent de prendre pied dans toute la Cisjordanie, pour créer Eretz Israël : « Le véritable ennemi, ce n’est pas Obama, ce sont les Arabes, il faut les expulser d’ici. Ils n’auront pas un morceau de cette terre », dit  Emouna, 18 ans… fer de lance des colons. […]
[Michel Bôle-Richard,
Le Monde, 8 juin 2009.]

Cisjordanie : les colonies illégales mettent les Palestiniens à rude épreuve
La violence des colons et les importantes restrictions de mouvement pèsent lourdement sur la vie de tous les jours des Palestiniens du sud de la Cisjordanie occupée et des habitants de la vieille ville d’Hébron en particulier. Chef du bureau du CICR à Hébron depuis septembre 2007, Matteo Benatti fait le point sur la situation. [EXTRAIT.]
Quels sont les problèmes auxquels les Palestiniens doivent faire face ?
Matteo Benatti : « Pour s’approvisionner en nourriture, par exemple, des centaines de familles palestiniennes doivent franchir des points de contrôle, où elles subissent fréquemment des actes d’intimidation de la part des colons. Les femmes sont tout particulièrement vulnérables à cette forme de harcèlement, d’autant plus que les Palestiniens n’ont pas le droit d’utiliser leurs voitures sur beaucoup de ces parcours, ce qui oblige les femmes à passer les points de contrôle à pied. En raison des fermetures de routes, des personnes âgées se voient obligées de porter des sacs remplis de provisions sur de très longues distances.
Il arrive aussi que des ambulances emmenant en urgence des patients palestiniens vers des hôpitaux soient longuement retenues aux “checkpoints”. Les familles sont ainsi parfois obligées de transporter leurs proches malades sur des civières, ou d’avoir recours à des ânes, pour les amener jusqu’à un endroit où les attend une ambulance.
Les restrictions de mouvement et la violence des colons sont quasiment venues à bout de la vie économique de la vieille ville. Certains commerçants ont même reçu l’ordre de l’armée de fermer boutique. D’autres ont perdu leurs clients, car les Palestiniens redoutent de s’approcher de trop près des colonies juives. La pauvreté est galopante. Selon une étude menée par le CICR l’été dernier auprès des foyers habitant la zone soumise aux restrictions, 86 % des familles vivent dans des conditions de pauvreté relative, ne disposant que de 97 dollars US par personne et par mois pour se nourrir, s’habiller et subvenir à d’autres frais de subsistance.
La plupart des Palestiniens habitant la vieille ville ont dû installer des treillis de protection devant leurs fenêtres, qu’ils maintiennent fermées en permanence, pour éviter les jets de pierres, de légumes pourris ou encore d’urine. Pour les enfants, le seul fait de se rendre à l’école peut être une aventure traumatisante compte tenu des menaces que leur adressent les colons ou des pierres qu’ils leur jettent. Vivre dans cette atmosphère de tensions permanentes est une expérience épuisante pour les familles. » […]
[CICR.org, 10 juin 2009.]

Analyse
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Les Palestiniens d’Israël, otages de l’extrême droite
À la fin mars, le dirigeant d’extrême droite Avigdor Lieberman a accédé aux postes de vice-Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères d’Israël. Lorsque Jörg Haider et ses amis du Parti libéral (FPÖ) entrèrent, en 2000, dans le gouvernement autrichien, l’Europe protesta quasi unanimement. Ce que, curieusement, elle n’a pas fait cette fois. Pourtant, conformément à la ligne de son parti, Israël Beitenou (« Israël, notre maison »), le leader d’origine russe a multiplié, tout au long de la campagne électorale, les déclarations racistes envers les Palestiniens d’Israël. On aura surtout retenu, en Occident, les premières déclarations du nouveau chef de la diplomatie jetant aux orties tous les accords signés précédemment par son pays, y compris la conférence purement médiatique d’Annapolis. De fait, elles ont provoqué un premier clash avec l’administration de M. Barack Obama, en quête de détente au Proche-Orient. Mais, en matière de politique intérieure, la remise en cause par M. Lieberman de la citoyenneté des Palestiniens d’Israël et sa proposition de les « transférer » à terme risquent d’alimenter d’autres clashs, sanglants ceux-là, entre citoyens juifs et arabes. […]
[Joseph Algazy et Dominique Vidal,
Le Monde diplomatique, mai 2009.]

Conseils de lecture
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• L’intruse (tome 1)
• Les Palestiniens,
peuple invisible (tome 2)
Deux bandes dessinées créées par Roannie et Oko. La narratrice raconte sa découverte de la vie quotidienne des Palestiniens. (Vertige Graphic.)

• Ici à Jérusalem
De Guillaume Nicolas-Brion et Julien Boudisseau (journalistes). Des brèves qui peignent le quotidien à Jérusalem et Bethléem. (Alphée / Jean-Paul Bertrand.)

• Comment le peuple juif fut inventé
De Shlomo Sand, historien israélien (université de Tel-Aviv). Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du second Temple, en 70 de l’ère chrétienne, ou bien s’agit-il d’un mythe ? Que cache aujourd’hui le concept d’« État juif » ? Bonne question... À lire sans modération. (Fayard.)

Agir
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Que faire ?
• Participer à des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien.
• Signer des pétitions.
• Participer à des conférences débats.
• Interpeller les élus, par courrier, par Internet, à leur permanence...
• Faire des dons (par exemple à l’Association France Palestine Solidarité, qui dispose de relais sur place).
• Agir pour la libération de Salah Hamouri (Comité de soutien à Salah Hamouri, 33, rue Ludovic-Beauchet, 54000 Nancy) et des 11 000 autres prisonniers retenus arbitrairement.
• Partir en mission dans le cadre de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP).
Les missions organisées par la CCIPPP contribuent à briser l’isolement de la population palestinienne et permettent de témoigner de ses conditions de vie sous la colonisation israélienne. Depuis juin 2001, 141 missions ont été organisées. (www.protection-palestine.org)
• Participer au projet « Tous Témoins, Tous Acteurs », organisé par Génération Palestine. Il permet chaque été à plusieurs centaines de jeunes Français et Européens d’aller à la rencontre de la Palestine, pour découvrir, comprendre et agir... (www.generation-palestine.org)

Pour en savoir plus
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Quelques résolutions votées par les Nations-Unies. Sans effets.
• Résolution 1322 (7 octobre 2000) : condamne la violence israélienne et la provocation de Sharon.
• Résolution 3236 (22 novembre 1974) : demande le droit au retour pour les réfugiés, et affirme le droit des Palestiniens à l’autodétermination.
• Résolution 338 (22 octobre 1973) : appelle au cessez-le-feu et au respect de la résolution 242.
• Résolution 242 (22 novembre 1967) : demande le retrait d’Israël des territoires occupés.
• Résolution 194 (11 décembre 1948) : demande le droit au retour pour les réfugiés.
• Résolution 181 (29 novembre 1947) : demande le partage de la Palestine.


• Pour contacter le Collectif nancéien contre la guerre et pour une paix juste et durable
au Proche et au Moyen-Orient,
vous pouvez
— envoyer un mail à :
nonalaguerre@yahoogroupes.fr
— ou téléphoner
au 06 88 82 18 91.

• Pour consulter le blog
du Collectif, rendez-vous
au bout du lien suivant :
http://collectif54contrelaguerre.over-blog.com/
Par François - Publié dans : Collectif nancéien
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